‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 463 sur 605 · Voir G. Miillor, Fragm. Hisl. Gr., III, CùiQ · texte numérisé non relu

Voir G. Miillor, Fragm. Hisl. Gr., III, CùiQ

4. La trace de cette division primitive se trouve â la marge du ms. de Venise.

5. Manquent les deux premiers livres, le commencement du troisième, deux parties du onzième, et la fin de l'ouvrage.

ton K Le riche pontife romain Larentius donne un repas à des amis. A sa table s'assoient des savants de toute sorte (toÙ; xaTot xacav icaiSeiav £[i.TC6ipoTàTOu;^ 1, 1) ^ toutes les connaissances humaines sont représentées là, grammaire, poésie, rhétorique, musique, philosophie, jurisprudence, médecine; académie pédante s'il on fût, chargée de débiter en conversations Tencyclopédie qui sera la matière du livre. Quelques-uns des convives portent des noms illustres, Plutarque, Arrien, Galien, Masurius, Ulpien. Suivant la tradition du genre, ces personnages historiques sont traités plus ou moins en êtres de fantaisie, sans scrupule ni de chronologie ni d'exactitude morale ; ils sont là pour embellir la scène, pour donner au lecteur le plaisir de se figurer quÂil entend les propos d'hommes éminents, même quand ils débitent des inepties. A côté d'eux, d'autres convives, dont les noms, aujourd'hui inconnus, ne l'étaient peut-être pas au commencement du m* siècle; et, dans cette société mêlée, le Cynique indispensable, satirique attitré, bouffon au besoin. L'hote est magnifique, savant, homme d'esprit, ami des doctes entretiens et habile à les provoquer. Grâce à lui, les propos appellent les propos, les sujets s'enchaînent ; chacun des convives à son tour paie son tribut; à la fin, on a parlé de tout.

Ce qu'était cette mise en scène dans le texte primitif, nous ne pouvons plus en juger qu'imparfaitement : car elle a été altérée et restreinte par los abréviatours. 11 se peut donc qu'il y ait eu à l'origine plus d'incidents, plus de variété, plus d'invention dramatique. En mettant les choses au mieux, tout cela ne pouvait faire eu définitive qu'un bien médiocre dialogue ; car c'était la nature même du sujet qui l'empêchait d'être bon. Des personnages qui dissertent au lieu de causer, qui

i. I« 3. ApapiaToupY^^ ^^ ^ov SiàXo^ov à 'AOi^vaioc C^Xa> nXateavtxû, dit Tabréviateur.

780GIIAP.VI.— DESEPTIME-SÉVÈRE A DIOGLÉTJEN

débitent des articles de dictionnaire en guise de propos de table, qui prouvent leurs dires par des enfilades île citations, qui épuisent les énumérations par souci d'èlre complets, ne sont ni des gens du monde ni des êtres vivants. Ce sont des cbapitres de traités, habillés en hommes. Le drame n*est ici qu'un prétexte, et rencyclopédie, dissimulée, reparaît partout.

L'érudition de l'auteur, il est vrai, mérite d'être admirée. Hien que l'étude des sources du Banquet soit encore loin d'avoir donné des résultats définitifs, on peut constater qu'Athénée avait lu par lui-même un grand nombre des auteurs qu'il cite *. Et ces citations accumulées prêtent aujourd'hui un grand prix à son œuvre. C'est à lui que nous devons la meilleure partie de ce qui nous reste de la comédie moyenne et nouvelle. En outre, il n'y a pas dans toute l'antiquité de recueil d'informations sur les sujets les plus divers qui soit comparable en richesse à celui-là *. Indépendamment des trop longues et fastidieuses notices sur les diverses façons de banqueter, sur les aliments, les boissons, le luxe, la cuisine et ses grands hommes, on y trouve de curieux chapitres sur les instruments de musique (fin du 1. IV et livre XIV), sur quelques banquets célèbres (1. Vu sur les devinettes (lin du 1. X), sur l'amour ('Efwr.xô^Xop;, 1. XIII), avec mainte anecdote relative aux courtisanes célèbres. A chaque page, sous le fatras et le bavardage, les faits intéressants abondent. Bref, c'est un ouvrage qu'il faut dépouiller pour connaître l'antiquité, mais qu'il est impossible de lire.

1. Discussions à c«» sujet : Hutiolph, Lt^ipz'ujer Stud,, VII ; P/ii/olog., suppL, VI ; Bapp, Leipzhfcv Siud.» VIII. et en général l'art, cité de Wenzel dans Pauly-Wissowa, I, p. 5032.

2. Voir, dans lo même article, l'oxposé de ce que contient Touvragc, livre par livre.

LA RHÉTORIQUE : APSINÈS 781

ni

Nous avons laissé la rhétorique, au chapitre précédent, dans l'état où Hermogène l'avait constituée. Comme nous l'avons remarqué alors, elle avait pris entre ses uïains une forme h peu près définitive. On ne pouvait plus la modifier qu*à la condition d'en reftouveler les fondements mêmes. Aussi l'd^uvre des rhéteurs du m* siècle est -elle en somme fort médiocre. Celle de la critique, qui s'y rattache, semhle avoir été plus importante ; niais elle nous est fort peu connue.

Un des maîtres les plus renommés dans la première moitié de ce siècle fut Apsinès, de tiadara (de 190 à 230, environ) ^ Il enseignait à Athènes, d'après Suidas, sous le règne de Maximin (233-238): disciple de Basilicos, et ami des Philostrate, il fut. sous Philippe l'Arabe, • 2i4-249), le rival des plus brillants sophistes du temps. Major, Xicagoras, Fronton d'Kmèse -. De ses discours, il ne nous est rien resté. Mais son enseignement nous est encore en partie présent dans sa Rhétorique ^. L'auteur n'y apporte rien d'essentiellement nouveau, même quand il se sépare d'IIermogène ; il accepte d'une manière générale la classification et la nomenclature traditionnelles; il ne remonte pas plus que ses devanciers aux principes philosophiques: son dessein est avant tout

1. Suidas, 'A'j/îvr.; FaSapey;. Pliilostr. )'. des Soph., II, 33, fin. — Art. do Brzoska dans Pauly-Wissowa, Apsines.

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