‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 483 sur 605 · HÉRODIEN · texte numérisé non relu

HÉRODIEN

sans Joute, puisqu'il exclut beaucoup de choses des plus intéressantes, mais qui semble avoir été voulu par Tauleur. Quant à la sincérité dont il fait profession avec (|uelque emphase dans sa préface^ elle parait réelle *. lïérodien a eu sans doute ses préjugés,, il a pu se tromper dans certaines appréciations, mais il send)le avoir recherché lovalement la vérilé. Il mentionne souvent ceux qui ont écrit sur les choses de son temps, quoique, en général, sans les nommer. 11 a dû les lire; mais son information, ordinairement, parait reposer plutôt sur des souvenirs, sur des notes prises au jour le jour, sur ce qu'il a vu ou entendu dire. Elle est intéressante, sans être ni très curieuse des détails, ni même toujours assez précise. Peu de chronologie, sauf les grandes indications, peu de géographie, aucune connaissance des choses militaires, (le qui parait l'attirer le plus et ce qu'il note le mieux, bien (ju'à grands traits encore, c'est le coté moral de l'histoire, le caractère des empereurs et de leurs conseillers, les influences qu'ils ont subies, les mouvements de l'opinion. Imitateur de Thucydide, de même que Dion, mais avec une méthode plus consciente, il a emprunté à son modèle cette conception psychologique (le son rùle. Son plus grand tort est de ne pas savoir se défendre assez de la rhétorique. Bien qu'il ait de la réflexion, ses trop nombreuses harangues sont fâcheuses par l'abus des souvenirs classiques: elles le seraient bien pUis encore, s'il n'avait heureusement visé à la concision. Ses récits ont beaucoup plus de mérite, lïérodien ne man(|ue ni d'imagination ni d'art; et c'est par là qu'il l'emporte sur Dion : il sait composer une scène, détacher un personnage, donner aux moments dramatiijues leur valeur et leur efl'et. Si sa langue n'est

1. Capitol. Clod. AUAn., 12, 14 : Quœ qui diligontius scirc velit, li'gal Marium Maxiniuiu do latinis scriptoribus, de graicis Herodiaiiuiu, qui ad fidcni plt^raquo dixerunt.

816 CUAP.VI.— DE SEPTIME-SÉVÈRE A DIOGLÉTIEN

pas très pure, si la phrase est parfois d'une forme étudiée qui sent Tiinitalion et l'artifice, le style a pourtant de la tenue, et même, (;à el là, un certain éclat *. On sait gré à Tauleur de n'être ni sottement alfecté ni insipide, comme l'étaient les purs rhéteurs du temps.

lïérodienest resté poumons le principal témoin d'une période agitée ; et ce sont en partie ses récils que nous retrouvons dans ceux des historiens latins du temps de Dioctétien et de Constantin, tels que Spartien, Lampride et Capitolin, qui ont raconté les mêmes événements.

.\ous n'avons pas à nous arrêter ici sur d'autres historiens tout il fait secondaires du même siècle, dont il ne nous reste que les noms ou de courts fragments. Il suffit de nommer : Asinius (Juadratus, qui écrivit en ionien V Histoire de Rome depuis sa fondation jusqu'à la mort d'Alexandre Sévère, et une Histoire des guerres des Part/tes assez souvent citée : ^ — Callinicos surnomme SuctorioSjdG Petra, en Palestine, qui enseignait la rhétorique à Athènes vers la fin du ni*^ siècle et composa un recueil curieux de Récits Alejandrins, en dix livres (lUfi Tûv /.ar' 'AXeÇxvSpsixv («TTop'.djv |ii6Xia Ssxx) ' : — Xicomaque et Callistrate de ïyr, historiens d'Aurélien*. — Seul, entre ces écrivains disparus, Dexippos mérite d'être signalé ^. PuhliusIIerennius Dexippos, d'Athènes, appartenait à la famille sacerdotale des Kéryces ; il vécut dans la seconde moitié du m" siècle. Orateur et historien, ce fut aussi un homme puhlic et un général éner-

1. Pholiiis, cotl. 99, lo loue avec excès, mais son jugement repose sur dos impressions justes.

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