Diog., L., IX, 64; 76; 105; etc
TIMON DE PHLIONTE 75
NaxuiXy semble-t-il^ où paraissaient leurs auteurs. Le poème se composait de trois livres. Le premier était sous forme de récit. Dans les deux autres^ Timon dialoguait avec Xénophane : il interrogeait le vieux philosophepoète, et celui-ci lui répondait *. Dans ce dialogue défilaient tour à tour tous les inventeurs de systèmes, depuis les plus anciens jusqu'aux plus nouveaux. Tous, bien entendu, étaient raillés, sauf Pyrrhon. Ces croquis de philosophes ont un double mérite : ils sont spirituels, et ils sont d'un homme qui sait les choses dont il parle. On s'explique sans peine qu'ils aient été souvent cités par les anciens : la plupart de ces petits médaillons satiri^ ques sont aussi amusants qu'instructifs. Son mot sur le Musée, qu'il appelle « la volière des Muses * », est célèbre. U disait de Platon, en un joli vers aux allittérations intraduisibles :
Ses portraits de Zenon et d'Arcésilas sont très fins et très précis*. Rien, du reste, n'est insignifiant dans cette suite de vives et brèves images.
Quelques historiens de lapliilosophie ancienne avaient essayé de renouer la chaîne entre lo pyrrhonisnie primitif et celui d'Énésidème \ Mais il semble bien que cette tentative fût purement artificielle. Après Timon, le pyrrhonisme'proprement dit cesse de former une école. C'est dans la moyenne et la nouvelle Académie que son influence se fait surtout sentir, et c'est par elles qu'il continue de vivre et d'agir jusqu'à Enésidème.
1. Xénophane semble avoir été choisi par lui pour interlocuteur à cause du demi-scepticisme des Ëléates sur les choses sensibh.^s.