Euscbe, Uist . écriés., VI
3. L'importance «le l'ouvrage est attestée aussi par ce fait, qu'au siècle suivant Apollinaire île Laodicée en composa une réfutation en trente livres, aujourd'hui perdue.
4. Cité de Dieu, X, 29. 32. On voit assez par toute la discussion de S. Augustin, que, pour lui. Porphyre est le grand écrivain religieux du paganisme.
Ces citations même montrent en effet qu'il y développait toute une méthode de vie religieuse, tendant à purifier Tàme et à l'unir à Dieu dans un bonheur éternel K II paraît bien que ces livres religieux de Porphyre ont été beaucoup lus, puisqu'ils furent si ardemment combattus. Xous en retrouverons l'influence vivace chez Tempereur Julien, au siècle suivant. Jusqu'à un certain point donc, le néoplatonisme, avec Porphyre, a commencé à sortir de l'école; mais jusqu'à un certain point seulement. Car Porphyre lui-même, quelque supérieur qu'il fût à Plotin comme écrivain, ne semble pas avoir su parler au grand public. Sa philosophie était trop subtile, trop chargée d'érudition, et son génie surtout n'était pas assez original, pour créer une de ces œuvres supérieures dans lesquelles tout un siècle reconnaît lexpression de ses idées latentes et de ses sentiments intimes.
Après avoir ainsi indiqué son rôle philosophique et religieux, nous pouvons passer plus vite sur les parties secondaires de son œuvre. — Son Histoire de la philosophie (^iXodO'poç l<5Top(a), en quatre livres, n'était guère en réalité qu'une histoire des origines do la doctrine de Platon. Ce philosophe occupait à lui seul tout le quatrième livre, qui était aussi le dernier. Pour Porphyre, la philosophie s'arrêtait là, Platon ayant définitivement fixé les formules de la vérité*. Outre quelques fragments, nous possédons encore un morceau important de cet ouvrage, la Vie de Pythagore, malheureusement mutilée, qui faisait partie du premier livre. En érudit
1. M. ouv., XIII, cil. XIX : Itaque, ne a Ghristo vinci videretur vitani sanctis pollicente perpetuam, etiam ipse purgatas animas sine ullo ad miserias pristinas reditu in aetorna felicilate consti» tuit.
2. Il ost possible cependant qu'il eut indiqué brièvement, en forme do conclusion, les destinées ultérieures de la doctrine platonicienne, «ar nous voyons qu'il parlait de Plutarque (fr. 19, Nauck).
840 CHAI'. VI.— DE Slil'TIME-SKVÉRE A DIOCLÉTIEN
iurnsdUtiicicux qu'il était, l*aiit#Mir parait avoir donné ufi« attf;ntion sériiMi.sc à la chronologie K L'ouvrage atKHidail aussi en détails biographiques., empruntés à divfïrscH sources, sans lioaucoup de critique. Mais la biograpliie n'y était pas tout : et nous voyons encore as- Hcz liien (|uel soin l'orphyro avait pris de faire con* naiiro le» doctrines : on voudrait savoir s'il s'était montré capahie d'en établir la filiation et les rapports. Sa fa(;on d'inter[»réter l*laton prouve en tout cas qu'il mettait trop volontiers les idées <le son temps sous les formubss anciennes; et cela donne à penser qu'il était peu on élat d(î suivre le développement des conceptions philosophi<pies dans ces âges lointains. — La Vie de Plotiii, composée par l^orphyre dans son extrême vieillesse, est tout à fait distincte du précédent ouvrage. Nous y retrouvons sa sincérité, son exactitude un peu lourde, son goût des détails, même encombrants^ son intelligence, plus juste que profonde, avec une certaine gaucherie de mise en nMivre où se trahit le manque de Hcns littéraire. — A cette liste d'a)uvres historiques, ajoutons la Chronologie, mentionnée plus haut -.
Porphyre s'occupa aussi de philologie. Suidas lui attribue un ouvragt» intitulé Uvcherches philologiques («KXôXoYo; i«7Topia), eu cinq livres, dont nous ne savons d'ailleurs rien. Il cite également de lui un commentaire Sur le drhut de Thutydide, un autre Sur foraieur .(•Uius Arisfid(\ en sept livres, un autre encore Sur la rhrinriifue de Mipiucitiuus. — L interprétation d*IIomère paraît TaNoir intéresse tout spécialement, 11 avait écrit Sur Itt philtisophir d'/fof/irre ci Sur le profit que les rois peuvmt tirer d'Homère. Il ne nous reste, on ce genre, que l'opuscule précédemment cité Sur t antre des num-
I. .1. \l.r..4"..i>, t'".- t ■•■., :. r.. îî, .ijit '.*.•: se a ouvraiçe sùl^tcm; >.'!."»xcN .vti'.A. Vv^w: ;i;;*^; '..< :r. l. i, ^. du Nàuck. i, \ usol\. r.îiro:;.. i . lî^i. Voir /' . H.*:, c-jp.-,, u III, p, 6S^
porphyre; IIEUMÈS TRISMÉGISTE 841
phes dans i Odyssée, et les fragincnls de ses Recherches homériques ( *0[Jt.Tipi*^à Ç7iTy;;i.aTx) * ; la méthode de Tinterprétation allégorique y est poussée jusqu'à ses conséquences les plus arbitraires.
Une activité littéraire si constante et si variée peut inspirer quelque admiration ; mais elle révèle le défaut essentiel de Tesprit de Porphyre, autant que ses remarquables qualités. C'était un homme doué pour apprendre et pour retenir, un génie infatigable, qui remuait sans cesse des faits et des idées, — surtout, il est vrai, les idées des autres, — mais en somme, c'était un médiocre artiste, qui ne savait pas amener une œuvre au point de perfection où elle prend une valeur durable.
Nous retrouverons plus loin l'école néoplatonicienne et nous continuerons à en tracer Thistoire. Mais avant de quitter la littérature païenne du m® siècle, nous devons signaler encore, sans nous y arrêter, toute une classe d'écrits voisins du néoplatonisme. Il s'agit de ceux qu'on appelle hermétiqueSy parce qu'ils portent le nom d'Hermès trismégiste ^.
Dès le second siècle, nous trouvons chez Plutarque, chez Philon de Byblos, chez Clément d'Alexandrie, chez Terlullion, ^liverses allusions à des livres attribués à Hermès. Pour quelques évhéméristes, tels que Philon de Byblos, cet Hermès « trois fois grand » était un très ancien sage égyptien '. Sage ou dieu, il passait pour avoir donné autrefois en Egypte des révélations de diverses sortes *. De là vint qu'on mit sous son nom certains enseignements qu'on voulait rendre très vénéra-
1. PorpJn/rii qu,rstionum homericarum ad lUadem perlinentium reli' quias, éd. Horni. Schrader, Leipzig, 1880.
2. Zoll^r, PhiL d. Griech,, t. V, p. 224 et suiv. Voir aussi l'essai de L. Ménard, joint à la traduction signalée plus bas.