Eunape, pass. cité
2. Augustin. Cité de Dieu, XIX, 22 : doctissimus philosophorum. Eunape, p. cité : rpa[i[ia;ixf); ts ôî; axpov àwaiif^;... à9tx6[ievo; xa\ pr)Toptxf,;... ç'.XoTo^ta; t£ tSv eî8o; èxpiaTTopLEvo;.
3. Outre ceux dont nous allons parler, mentionnons, à cause de leur notoriété et sans y insister autrement, le Traité sur l'dme (Ilspl '{/y/^jO, dédié à Boéthos, et la Lelli^ à Anéhon, qui traitait de la divination. Des fragments assez importants de l'un et de l'autre subsistent dans la Préparation évangélique d'Ëusébo. Pour la Lettre à Anéhon, voir aussi Augustin, Cité de Dieu, X, ch. xi. — Il nous reste des fragments d'un traité Sur les forces de l*dme (IlEpl tûv tî\ç 'Z^u*/^; û-jvajiewv) et Vlnltvduction du commentaire sur les catégorie9 (J'Aristote.
Hist. de la Litt. grecque. — T. V, 53
Quelques-unes des vues de Porphyre sur le monde et sur Dieu doivent être plutôt cherchées dans l'opuscule Sur t antre des Nymphes de t Odyssée (Ilept to3 ev *OSutctix Twv Nu[i.ço>v àvTpou). Cet antre, décrit dans VOdyssée. n'est aux yeux du philosophe qu'une allégorie ; IlonitTc, pour lui, a voulu représenter l'univers ;de telle sorte qu'en interprétant ses prétendues conceptions, i^orphyre expose les siennes, et celles de heaucoup d'autres par occasion. On apprend ainsi que l'antre d'Ithaque est à la fois la figure du monde sensible et celle du monde intelligible; mais, en même temps, on s'instruit, comme toujours, à l'abondante érudition de l'auteur et à ses multiples citations.
La Lettre à Marcella est tout intime par le sujet et par l'intention; nous y cherclions l'homme dans l'écrivain et nous l'y trouvons quelquefois, moins pourtant que nous ne le voudrions. Séparé de sa femme après quelques mois de mariage, Porphyre lui adresse une véritable instruction morale. La noblesse de Tinspiration générale, la gravité affectueuse, le rêve de haute et pure spiritualité sont hien de lui; mais il entoure sa doctrine personnelle de tant de maximes prises un peu partout que sa lettre peu à peu tourne au recueil de sentences '.
Profondément religieux. Porphyre devait être plus porté encore que son maître à transformer la philosophie en une science de Dieu (Oeoco^ia). Cette science, nul n'eut plus à cœur que lui de la rattacher aux vieux cultes helléniques, à la religion établie, qui lui paraissait en être la forme nécessaire, seule accessible à la majorité des esprits. Pour cela, il entreprit d'en montrer le ^sens profond et l'accord avec les vues de la raison.
i. Sur ces emprunts, voir Nauck, Porphyr, opusc. selecta, Praef., 1»,XVII. Porphyres sN'St parUculièrement servi des Sentences do iî>cxtus et des écrits d'Épicure.
836 CHAPVI.— DE SEPTIME-SÉVÈRE A DIOCLÉTIEX
De celte intention procé<lait Touvrage perdu Sur (a Philosophie des nrnclcs (Ileci tt; Exloy^MV çiAocoofs^^ ; véritable livre iré<lilîcatiun et d'enseignement Ihêolotirique *. 11 Pavait composé, non pour le vulsraire ni pour les indifférents, mais pour ceux qui € avaient pris le parti d»* vivre en vue du j^alul de leur ànie -. » La di* vination étant leoa^nr mèmede l'ancienne religion hellénique, c'est il'elle qu'il entreprenait de tirer toute d»>:triae relative à Dieu. 11 la considérait comme une révélation permanente, dont il s»^ faisait l'interprète. Les oracles, qu'il avait réunis on mettant à profit d'autres recueils antérieurs', étaient traités par lui comme autant de textes sacrés, qui appariaient une \éritable exégèse. Il s'appliquait à en dé^rajer les n««li'>ns qu^^ le^dieux avaient voulu donner sur eux-niéi!ies. lours instructions sur la piété, sur la manière .le !t s honorer * En réalité, c'était lui qui lninsform:iît ainsi X*- néoplatonisme en un doirnie et incorporait ce ilo^me ^i une relic^it'U qui en avait toujours manqué.
Même dessein dans I é-Tit N^r ■>< images dif-s dieui
nKtrpi\ixtiw . Tes imi^'^s .waient. elles aussi. p«ir
un cn^yant. une valeur tr.viitioiineîîe : représentaî>>Qs
symK^liquesdes dit ux. elles r>:véîaient t,*e ':ju"ils élaî*?^nt-
Ce symU^Iisme. p!e:n de sens. le phiî'.vsophe avait à
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POUPHYKE 837
rinlerpréler; et plus d'un l'avait fait avaul Porphyre. Son objet propre, à lui, semble avoir étéj de réunir ces interprétations allégoriques en un corps, sauf à y ajouter les siennes quand il y avait lieu, et à les accommoder spécialement à la doctrine néoplatonicienne. En définitive, il s'agissait de donner aux anciens cultes une signification conforme aux besoins de la conscience contemporaine, et d'assurer à cette signification une autorité durable.
Ces ouvrages, et d'autres semblables, caractérisent le rôle de Porphyre dans l'évolution des croyances grecques et en montrent l'importance ^ Son maître, Plotin, penseur vigoureux et mystique profond, avait réellement créé une religion au sein de la philosophie grec que. Cette religion, dans sa pensée, était en accord avec toute la tradition hellénique, avec les mythes, avec les cultes, dont elle énonçait la sagesse cachée. Mais lui* même s'était peu soucié de faire voir cet accord, et peut-être n'avait-il pas l'érudition nécessaire pour une telle œuvre. Le savant Porphyre était au contraire l'homme de cette tache. lit si l'hellénisme n'avait été déjà poussé à sa perte par un [mouvement irrésistible, son entreprise aurait eu sans doute un bien autre succès. Quoi qu'il en soit, c'est lui qui nous apparaît comme le principal représentant d'une très remarquable tentative de rénovation dans la religion traditionnelle ^. Ce rôle, en ce temps, 'devait nécossairemont le mettre en
1. Si nous ûtuiliions ici Porphyre comme philosophe, il y aurait lieu d'insister sur la part de la thôurgio dans son enseignement. Voir, sur sa dômonologie et sur ses pratiques thôurgiques, les témoignages de S. Augustin dans sa Cité de Dieu, particulièrement 1. X, ch. Il et suiv. Mais cette partie de sa doctrine n'est plus représentée par aucune œuvre qui intéresse la littérature.
2. Eusébe, Prépar. évangél , IV. 6: MaXiTra y*? ?iXo<jô?«v oyro; tôv xa8* rjfià; ôoxsl xai ôaijjLOTi xai oî; çtitI Oîot; (i);xiXTix£va'. inûp tï xavtwv içp2<To:y<Tat, xaÎTto/.Xw (xi/.Xov xà icsp'i aÙTûv àxpiôîTTîpov ôiripsuvrjxévai.
conflit avec l'enseignement chrétien. Et Porphyre, en effet, est bien le plus redoutable adversaire que la foi nouvelle ait rencontré, dans l'ordre de la pensée, avant sa victoire définitive. Aussi le voyons-nous figurer chez les écrivains chrétiens comme « l'ennemi r> par excellence *.
r/ouvrage qui lui a valu surtout cette animadversion nous est fort peu connu. Les écrivains chrétiens en parlent, mais n'en donnent guère d'extraits; après l'extinction du paganisme, il a diï disparaître promptement. II comprenait quinze livres (Kari Xpicriavùv 'kiyoKxé). Le plan en était à la fois historique et philosophique. Porphyre étudiait le christianisme dans ses antécédents judaïques, dans ses relations avec les autres traditions religieuses, et sans doute aussi dans sa doctrine. C'était tout autre chose par conséquent que le pamphlet acerbe de Celse, ou que les railleries isolées de Lucien. Il critiquait les textes de TEcriture, discutait les commentaires autorisés, en particulier ceux d^Origène-. Mais ce qui le rendait surtout dangereux, c'est que sans doute il ne se contentait pas de critiquer, mais opposait doctrine à doctrine, tradition à tradition et presque église à église. Voilà du moins ce que nous pouvons soupçonner'. Et, s'il ne l'avait pas fait dans cet ouvrage, il l'avait en tout cas tenté dans d'autres, notamment dans celui que S.Augustin cite fré(iuemment sous le titre de De regressu animœ^,
1. Suidas, IIop^ûsio; o twv ;(j)toTiavà)V ico)i|iio;. — Outo; èiTiv à Ilopfvpto; 6 TYjv xatà Xpt<TTiavàiv èçuêptdTov Y>.âi<i(jav xivr,a(xc. — CyrUle. C. JulicD. I, p. 28 '. Ilopçvpto; 6 iiixpo'j; r.aûiv xaTa^éa; Xi^ovc xal tr.ç XpKTTiavûv dpTjTXEtac [i6vovoC«^\ xaTOp'/oOpLEvo;.