Suidas, Aouxiavo; ô (i.âptvi
4. Biographie, en partie légendaire, par Grégoire de Nysse, Aligne, Patrol. Gr., XL VI, 893-957; Suidas, TpriyhpiOi 6 xat ec^a»poc.
Ire *. Le lexle en est venu jusqu'à nous -; et. oulre Tintérèt historique qu'il présente, il nous laisse voir, plus quauoune autre œuvre du temps, eonunenl rinihieuoo de la rhétorique grecque comnienijait à pénétrer dans certains milieux chrétiens. Elle s y trahit, chez hii, par Temphase. les hyperboles, les tours oratoires; mais il apparaît par ces défauts même qu'en certaines circonstances au moins, ces sévères exégètes n'étaient pas insensibles à l'élégance du discours; et nous voyons ainsi naître parmi eux un goût de l'art littéraire qui devait bientôt porter ses fruits.
Ce même goût se fait sentir plus fortement encore chez un autre écrivain contemporain, l'évèquo Métliodios, aussi décidé contre Origèno que Grégoire Tétait en sa faveur. Tout ce que nous savons de lui se réduit à peu près à ceci, qu'il fut évèque d'Olympos en Lycie à la lin du iii*^ siècle et mourut martyr, probablement en 311, pendant la persécution de Maximin Daïa ^ Mais il n'est pas douteux qu'il n'ait été instruit dans les h^ttres |)rofanes, car tout ce qu'il a écrit atteste rinlhiencedes modèles classiques, poètes et prosateurs, de Platon en particulier *.
N'insistons pas ici sur les fragments de sa Rvfutalhm de Porplujre, non plus que sur ceux du traité anti-origéniste Sur les choses créées (llepl tûv yevYiT(ôv), ni sur
1. Jôr., De vir. illuslr., ch. lxv : Convuratu grandi fr<j(iu<întia, il)So «luoque Origone priesento.
2. Lf»s œuvres subsistantes th'. On'îgoiro sont ilans la [Pntvol, grecque, «Je Mign»j, t. X.
3. JérûiMC, ïtc vir, illustr., cli. Lxxxiii. Suidas, MïO^i^to; *0).v{i.iiov. — Bardenhew.T, § 3i ; BatilTol, p. 140.
4. 8. Methodii opéra et S. Methodius Platoniinns, édit. A. lahn. Halle, lS6;j ; la première partie contient les œuvr»;8 et 1«îs fragments, la si.M-onde une étude sur le platonisme de Méthodios et des Pères gr»*cs. — Un*.' partie d**s érrits p'-rdus se trouv«5 traduite en vieux sluvon dans un Corpiu Meihodianutn qui a été publia par Bunwetclj, en 1891.
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d'autres criin caractèn» exégéliqueou doginatique. L'influence classique se manifeste surtout dans trois do ses œuvres, qui sont des dialogues de philosophie religieuse. Le plus connu est le Banquet des dix vierges (Suj^ttotu» ?ûv Sixa TrapOtvov), dont le texte entier nous a été conservé *. L'imitation de Platon y estsensihle : il y niet en scène dix vierges, qui, tour à tour, dissertent sur la charité, sans doute pour faire antithèse aux discours des personnages de Platon sur l'amour. Comme œuvre d'art, cela est médiocre. Ces vierges sont do vrais docteurs, qui n'ont rien d'aimable, malgré le sentiment poétique qu'on ne peut refuser à l'auteur; et, de plus, l'excellence de leurs intentions leur fait un peu trop oublier la réserve qui eut été séante à leur sexe. Du moins, elles s'expriment en assez bon langage, et elles savent raisonner sans diffusion et sans prolixité. Certes, nous sommes loin, de toute facjon, du dialogue platonicien ; mais enfin, il y a là vraiment un sentiment nouveau de ce que c'est qu'écrire et composer 2. Deux autres dialogues, Sur le libre arbitre (IUcItoO aûreÇouçiow), et Sur la Résurrection (llepi r/i; avaGTXccw;), tous deux dirigés contre les idées d'Origène, ne nous ont pas été conservés dans leur intégrité: mais nous en possédons d'importants fragments. On y retrouve les mêmes qualités littéraires, le même tour d'imagination poétique uni à une dialectique assez dégagée. Donc, chez Méthodios, l'enseignement chrétien, sans rien perdre de sa gravité, commence à se préoccuper de plaire et à se débarrasser du pédantisme de l'école. Il s'achemine ainsi tout droit vers des habitudes nouvelles qui le feront entrer dans la littérature proprement dite.
1. GarL'l, i>. Methodii Palarensis convivium dacem virginum^ thèse, Piiris. 1880.
2. A la fin du rupas, l'uno des viorgos, Thécla, chante un hymne iambi<iu«s dont ses coinj»ai,rnes répètent lo rofrain. Sur cot hymne» Toir E. Bouvy. Poètes et Mélodes, Ninies, 1886, p. 30-42, 124-126.
Deux noms seulement doivent encore être mentionnés dans ce chapitre ; ceux de Pamphile et de Jules Africain. — Pamphile, qui fut élève de Técole d'Alexandrie et mourut évèque de Césarée de Palestine en 309, n'intéresse guère l'histoire de la littérature qu'à titre de fondateur d'une célèbre bibliothèque chrétienne, qui servit aux travaux d'Eusèbe et de Jérôme. Il avait composé une Apologie dOrigène, qu'il laissa inachevée en cinq livres : Eusèbe y ajouta un sixième livre; l'ouvrage a disparu, sauf le premier livre, dont nous possédons encore la traduction latine par Rufin*. — Julius Sextus Africanus, qui vécut dans la première moitié du siècle et se fixa de bonne heure à Emmaiis en Palestine, est célèbre comme le père de la chronographie ecclésiastique -. Mais de sa Chronographie en cinq livres, qui s'étendait de l'an 5499 av. J. C. à Pan 221 de notre ère, il ne reste que des fragments: et ces fragments n'ont rien de littéraire ^
Le iii** siècle, malgré le grand nom d'Origène, n'a donc marqué dans la littérature chrétienne par aucune œuvre do premier ordre. Mais, s'il n'a rien achevé, on peut dire qu'il a tout préparé. Les genres futurs étaient en germe dans les œuvres qu'il avait produites. De ces germes allait sortir une riche et brillante végétation.
4. Sur Pamphile, les jirincipanx lénioiRnapos sont ceux d'Eusébe, Uiit. eccies.. VI, 32 et 34 ; VII, 32 ; VllI, 13. Eusébe avait écrit sa vie {Ibid); cet ouvrat,'e no nous est pas parvenu. — Bardenhewer, 33, 4 ; BatilTol, p. 183. — Fragments, Mifjno, Pair. Gr., XVII, 521-632.
2. Eusèbe, Hisl. eccL, VI, 31 ; Prcfiar, évang.,X, 10; Démonstr, é vang.,\}Il ; Suidas, 'Açpixav6;. — Baidenhewor, 22, 1 ; BatifToI, p. 185.
3. Photius. cod. 34. Jules Africain avait tVrit aussi, sous le litro de Keaxoî (Broderie), une sorte d'encyclopédie scientifique, dont il reste d'assez nombreux fragments. — Ce qui subsiste de J. Africain
se trouve dans Migne, Pair. Gr., X, 33-108,