llisl, des Ariens, 71, p
2. Voyez, sur ces deux œuvres, les chap. viii et ix de Fialon, ouv. cité.
924 CHAP. VII. — L'ORIENT GREC AU IV« SlÉCLîl
Allianasc, en somme/quelque grande place qu'il lieni dans rhisloirc littéraire du iv« siècle, est plus intérç*-] sant encore par son rôle actif que par son talent d'onteur ou d'écrivain. 11 incarne mieux que personne lesl idées et les passions de son temps. Et ce qu'il fau(lrai(| chercher surtout dans ses œuvres pour leur conserver tout leur intérêt, ce serait l'image des luttes et des intrigues au milieu desquelles il a vécu. A le considérer exclusivement au point de vue de la critique littéraiWi on se condanme à le diminuer, même en l'admirant.
A coté d'Athanase et de ses adversaires, le grand mouvement de controverses dogmatiques du iv* siècle a suscité bien d'autres écrivains, qui ne peuvent figurer ici qu'incidemment.
Apollinaire, évèque de Laodicée en Syrie ', mort ver* 390> un des écrivains ecclésiastiques les plus influents et les plus féconds de ce siècle, et lui aussi un des adversaires de Tarianisme, est surtout célèbre comme le chef de l'hérésie apoUinariste, qui fut condamnée par le Concile de Constantinople en 381. Plusieurs écrits théologiques, longiemps dissimulés sous de faux noms, lui ont été de nos jours restitués *. Son plus important ouvrage de polémique était une Réfutation de Porphyrt en trente livres, aujourd'hui perdus. En outre, il fut, avec son père, Apollinaire l'ancien, l'auteur d'une bien curieuse tentative de poésie chrétienne. Ce fut peut-être l'édit de Julien interdisant en 362 aux mai-
1. s. JcVuine, De viris illustr., 104, Bardenhewer, { 43. Art. Ap^ji' linarit^, dans Pauly-Wissowu.
± ApoUinarii Laodiccni qiia) supersunt dogmatica (dans les Texte und VntersHcIt, do O. v. Gel)liart ot A. Harnack, t. VII, 3, 4, IWi)-
"très chrétiens d'expliquer les auteurs profanes qui en fut l'occasion ^ En tout cas., elle se prolongea bien après la mort de Julien et la disparition de son édit ; et, en fait, il paraît plus naturel d*y voir un essai qui avait pour but de soustraire la jeunesse chrétienne à rinduence des auteurs païens. Apollinaire le père,
- ancien grammairien d'Alexandrie, devenu prêtre à * Laodicce, avait versifié, dans la forme classique, de
prétendus poèmes chrétiens, dont il ne subsiste rien. Son fils, non moins zélé, mit en vers Thisloire
- sainte jusqu'à Saul (xxiv chants), composa selon la formule d'Euripide et de Ménandre dos comédies et des tragédies, et ne craignit même jpas d'imiter Pindare. Nous possédons de lui une Paraphrase des psaumes, en hexamètres, où le caractère propre de la poésie bibliqire s'elface sous les réminiscences de l'ancienne épopée -.
Makédonios, père du macédonianisme, et Marci^llus d'Ancyre, représentant et réformateur du sabellianisme au IV® siècle, n'intéressent que l'histoire du dogme chrétien. — Il en est à peu près de même de Didyme l'aveugle (de 310 à 393 environ), malgré l'influence qu'il exerça comme^chef de l'école d'Alexandrie au iv* siècle, et malgré le mérite de ses écrits. Adversaire de l'arianisme dans son traité .Swr /a 7'rîAii7^'(nepl TpiàSo;), il s'était montré le disciple d'Origène dans ses nombreux ouvrages exégéti(|ues, et il fut condamné plus tard comme origéniste^ Mais s'il importe de le signaler ici, c'est surtout parce que nous voyons, grâce à lui, se perpétuer à travers tout le iv® siècle la méthode alexandrine de l'interprétation allégorique, si curieuse par la