Photius. cod
4. Choricii Gazaei orationes, declamaliones , fragmenta éd. Boissonade, Paris, 1846. Compléments : Graux, Rev. de Philol., 1877; Rich. Fœrster, Mél, Graux, p. 639, et Choricii orationes nuptiales duo éd. R. Fœrster, Vratisl., 1891.
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secondaires (juclle continue à susciter, et panni lesquels il faut distinguer le roman et le genre épistolaire.
Le déclin du roman sophistique est représenté par deux écrivains, dont les dates ne peuvent plus être déterminées que d'une manière très approximative, Achille Tatios et Cliariton. Le premier est le plus intéressant, surtout parce qu'on voit chez lui plus nettement les effets d'une imitation servile, qui stérilise rinvenliou'.
Achille Tatios, d'Alexandrie, a composé, sous le titre d* Aventures de Leucippe et de Clitophon {Tx xxtx Ar> xîTriwjv X3cl KXctTOçtoVTa), un roman en huit livres, ijui procède, aussi manifestement que possihle, des Éthiopiques d'IIéliodore. Il date donc, au plus tôt, du iv* siècle. Mais certaines ressemblances frappantes avec des passages du poème de Musée donnent à penser que l'auteur a du être en relation avec l'école de Nonnus, à la fin du v® siècle ou même au vi« siècle. Dans ce roman, le jeune Clitophon raconte lui-même son amour pour Leucippe et les épreuves qu'ils ont subies avant d'être mariés. Avec eux, nous allons de Syrie en Egypte, d'Egypte en Asie Mineure, ^'aufrages, enlèvements, combats avec les brigands-bouviers du Delta, nous retrouvons là tout le fonds romanesque des Éthiopiques. Comme le Théagène d'Héliodore, Clitophun est aimé passionnément d'une femme riche et ardeute, qui ne jieut le rendre infidèle à celle qu'il a choisie; comme la Chariclée du même lléliodore, Leucippe, devenue esclave, voit son honneur mis en danger par son maître, mais, connue elle aussi, elle est sauvée par la protection divine. Si l'invention des faits se réduit à peu de chose, l'auteur se rattrape sur les détails. So-
1. Suidas. 'AyiUe'j; Tario;. Photias, cod. 87. E. Rohde, Dtr Grierk Roman, p. 412. W. Schinid, art. AchiUeus Tatios, n« I, dans Pauly- Wissowa. Selon Suidas, Achille Tatios serait devenu chrétien, puisôvéque.
LE ROMAN : ACHILLE TATIOS, GHARITON 987
phiste de profession, il ne cherche que l'occasion de nous montrer son savoir-faire; il abonde en descriptions, eu discours, en lettres, en plaidoyers, en lieux communs; morceaux de rhétorique qu'il soigne avec prédilection. Il a dû à cela d'être considéré dans les siècles suivants comme un écrivain; on le citait à Byzance parmi les modèles du style à la fois élégant et simple *, malgré des fautes de langue qui avaient cessé d'être remarquées; et ces qualités faisaient passer sur la liberté de ses peintures et de son langage ^.
Chariton, auteur des Aventures de Chœréas et de Callirfhoc (Ti 7:efi Xxtpéov xal Ka>.Xtsp6iav) se donne luimême, au début de son récit, pour originaire d'Aphrodisias en Carie et pour secrétaire du rhéteur Athénagoras'. Personne autre ne nous renseigne ni sur sa personne ni sur son temps. Lui aussi imite Iléliodore et, de plus, Xénophon d'Éphèse *. Bien qu'il vise à l'élégance et à l'atticisme, la médiocrité de son style, pourtant soigné, semble autoriser à le considérer comme le dernier des romanciers de la période sophistique. Son roman touche à l'histoire par certains détails : Callirrhoé est fille du syracusain Ilermocrate, qui combattit les Athéniens en 413; Cha3réas est fils d'Ariston, d'abord antagoniste d'IIermocrate, puis réconcilié avec lui par le mariage de leurs enfants. Le drame est censé se passer après la guerre du Péloponnèse, au commencement du iv® siècle. Une
1. Photius, cod. 87 : Kal \i\t\. xa\ <jvv6r,xTj îoxeî Staicpéneiv,.. àçopto*- Tixat te xal aaçtî; xal rb rfi'j çépouvat aX TiXelaxai TieptoSoi xat r^v
2. Ibid. : xb Xtav ûiccpai(j;(pov xa\ âxd(6apxov tùv yvcopLûv.
3. Sur Chariton, voir surtout E. Rohde, Der Gnech. lioman, p. 408 et suiv. ; il considère celte indication comme allégorique, sans raisons bien solides, à mon avis.
4. E. Rohde, p. 489, note Set p. 492. Certaines ressemblances avec Achille Tatios ne permettent pas de déterminer lequel a imité l'autre.
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partit» (les évéueinenls a lieu en Asie dans Tenipire J Ar taxercèsi. Mais si l'autour a tenu un certain compte «le l'histoire pour constituer son cadre, il n'en a plus W nioindn; souci dans l'invention des péripéties. Cellos-ri sont de pure fantaisie et ressemblent à celles des romans antérieurs, (lallirrlioé, mariée dés le début à Cha'réas, est crue morte, enterrée vivante, enlevée par «l«*s pirates, vendue en Asie, où elle épouse Dionysios. riche citoyen de Milel : elle passe de là dans le liarf*ni d*Artaxercès : puis, par suiti^ de la révolte de rEgrypte, ê^4 transportée à Arados. (llia»réas, de son cùlé. ayant appris (|ue sa fenmie était vivante, part à sa reclierclie: il est pris |)ar des barbares, vendu au satrape de Carie. Mitbridate, so rend avec lui à la cour du grand rui, devient un des chefs des révoltés égyptiens, s'empare d'Arados à la tète de la Hotte cpfon lui a conliée. v retrouve sa femme, et la ramène à Syracuse. Au fond. Taction, malgré les invraisenddances essentielles, est moins chargée d'incidents bizarres, (pie dans les précédents romans. Elle marche assez droit à son but. Eii outre, le roman a un certain charme de douceur et d'humanité, dans la représentation des mœurs. Mais les ligures y sont [uiles et comme eiïacées, souvent même inconsistantes, les foules y agissent automatiquement, à la fantaisi(» de l'auteur, qui lasse le lecteur par remploi monotone de certaines conventions puériles -. Enfin, la rhétorique et le bel esprit y défigurent trop souvent la vérité.
Apres Achille ïatios et (ihariton, le roman disparait
1. Kn réalité, Ilcrinocrate était mort en 408, avant la fin tlo la guernj du Péloponnèse, et la révolte tle l'Egypte n'eut lieu que sous le rèj^ncMrOohus.
2. Par L'xeniplc, la l)oauté do Gallirrhoé, que personne ne peut voir sans être frappé de stup»»ur, ou encore la Renommée (*T,jtT,i, dont (Ihariton se sort pour faire porter au loin les nouvelles, quand cela lui est commode.
pour nous. Mais nous voyons, par les témoignages de Photius et par d^autres, que ces productions fastidieuses furent beaucoup lues et très admirées dans les siècles du nioyen-àge byzantin; et, à partir du xi* siècle, quand une certaine renaissance d'art littéraire se produit à Byzance sous les Comnène, le roman reparaît ^ Héliodore et Acbille ïatios, considérés comme les maîtres du genre, trouvent alors des imitateurs dans Eustatbios Macrembolitès, dans Constantin Manassès, dans Tliéoilore Prodrome, qui est lui-même imité par Nikétas Eugénianos. Ce nouveau roman est Timage ou la caricature de l'ancien, défiguré par un mélange de raffinement puéril et de grossièreté barbare.
Outre ces romans, les sopbistes des derniers siècles nous ont laissé aussi un assez grand nombre de lettres, qu'il est impossible de passer complètement sous silence. Elles se répartissent en trois classes : lettres réelles, lettres fictives, lettres apocrypbes. Cbacun de ces groupes a ses caractères propres; mais tous ont en commun le manque de vérité, l'affectation et la recberclie, qui caractérisent la rhétorique d'alors. En cela^ ce sont les mœurs qui font sentir leur influence, non les préceptes. Car la théorie scolaire fait de la simplicité la loi même du genre ; et cette théorie s'affirme alors plus que jamais dans les écoles. Démétrius de Phalère, autrefois, était censé avoir composé un opuscule conservé sur les diverses sortes de lettres (TuTrot i7:t<jToXi>toi). I/auteur de même nom, qui a composé le traité De l'élocution (Oêpt ipjiTove'a;), a, lui aussi, un chapitre sur le même sujet; et, au v« siècle, le platonicien Proclos le traitait encore dans des pages que nous pouvons lire*. Tous re-
4. E. Rolide, Der Griech. Roman, p. 521 et suiv. Krumbîicher,
Gesch. d, byzant, LUI., % 156.
2. Cos dififéronts opuscules ou chapitres détachés se trouvent en
été des Epislolographi grseci de llercher, Bibl. Didot« Paris, 1871. t
commandent d'éviter renflurc. Proclos en particulier ^ Celui-ci demande avant tout la clarté, la brièveté, avec un certain « archaïsme », c'est-à-dire un choix de mots classiques qui s'éloigne un peu de l'usage courant. Mais, en réalité, on aimait trop le bel esprit alors pour n'en pas mettre dans ces courtes compositions dont il semblait faire le principal mérite. Nous l'y trouvons à satiété.
Comme lettres réelles, nous devons citer celles des sophistes Denys d'Antioche, Énée et Procope de (îaza. qui appartiennent à la fin du iv« sièch» ou au commencement du V®.'
Denys d'Antioche nous a laissé quatre-vingt-cinq lettres, toutes fort courtes -. I/auteur vise à la concision élégante. Sur chaque sujet, une ou deux phrases, ciselées avec coquetterie. La lettre ainsi conçue ressemble à une épigramme. Un tel recueil pouvait faire apprécier l'art de Tauteur dans le milieu contemporain, mais ces jolies phrases ne nous apprennent rien, ni sur les personnes, ni sur les choses.
Le recueil d'Knée de Gaza comprend en tout vingtcinq lettres, un peu plus développées que celles de Denys ^ Ce sont d'ailleurs d(»s morceaux travaillés avec le même soin et tout aussi futiles. Parmi ses correspondants figurent les sophistes Soj^alros, Zosime, Denys, Théodore, Kpiphanios, des prêtres et des évêques, quantité de gens (ju'on aimerait à connaître : aucun d'eux n'est vraiment caractérisé dans ces lettres.
Le [)lus étendu de ces recueils est celui de Procope
1. Di lot, p. 7 : Ml yàp -jrsp to cIov «j^/riYopta xaî to rîj; çpâvcu; vrépoyxov xai tb uTCEpaTTtxilJeiv àXÀirpiov toO toiv èttiotoXcôv -/apaxTfjpo; xaOéaTr,x£v, o);'nivT£; o\ TcaXatoi iiapTvpoOai. Kt il rappeUe le précepte do Pliilostrato : ôiî tt.v ty,; èïitaTo/.f,; çpa<Tiv... |i.i^T8 Xav (►•I/TiItiv sîvai (ir,Tg TazîtvfjV àyav. à).).àt (istt.v tcvx.