Môme rtîcueil, p. 53;$. Photius, cod
2. Il est remar«jualilê,en particulier, que ses nombreuses lettres à sos frér«*s, Philippe. Zacharie, Victor, x\^ nous perinettj;nt qu'à peine de reconstituer à prands traits l'histoire de sa fauiille. Zacharie et Pliilippe seniI)lHnt avoir occupé do grandes charges à Constantinopie.
3. Suidas (Ms>.£<7r,p(io;) cit»* un sophiste Mélésernios, d'cpociue inconnue, auteur de Lettres de courtisanes, de paysans, de cuisiniers, de t/énéraux, etc.
4. Sur Aristcnète, voir lJoissona<le, préface de son édition ; F. Passow, art. Aristœnefos dans l'Encycl. d'Ersch et Gruber ; W. Schniid, art. Arislxaftos, n» S, «lans l'encyclop. de Pauly-Wis- 80 wa.
5. Ed. princeps de Sanibucus, 1506, d'après le nis. unique [Vin* doti'jnensis, 310; voir llercher, Hermès, V, 281). Nombreuses édi-
Ce recueil, aujourd'hui inconn[»let, comprend cinquante lettres, réparties en deux livres *. Ces cinquante morceaux n'ont guère, de la lettre propreineiit dite, que la suscription. Kn réalitr. résout ou des descriptions, ou, le plus souvent, de courts récits : descriptions galantes, parmi lesquelles figure celle de la |)€a*sonne de Laïs (1, 1); récits d'aventures amoureuses, quelquefois assez piquantes, souvent vulgaires. On ne peut refuser à l'auteur, malgré sou élégance maniérée., de la finesst» et un certain savoir-faire. Mais il ne vaut Alciphron ni connue <d)servateur. ni comme fantaisiste, ni comme écrivain. Eclectique dans le choix de ses sujets, il les tire, soit de la poésie alexandrine, particulièrement Je l'élégie erotique, soit de la comédie attique du iv** siècle, soit de contes et d'anecdotes empruntés à des recueils aujourd'hui perdus. H a plus de métier que d'imagination. Sa langue est loin d'être pure, bien qu'il se pique d'atticisme. 11 imite à la fois les prosateurs et les poètes, Philémon, Ménandre, les anciens et les modernes, d'une part Platon, Xénophon, et de l'autre Lucien. Alciphron, les romanciers, Musée. L'œuvre, au total, ne vaut pas la réputation dont elle a joui auprès des amateurs de littérature galante.
A|»rès Aristénète, la fortune de ce genre est loin d'être épuisée. Nous le retrouvons, très goûté encore, an vu' siècle, où le futur historien, Théophylactos Siiiiocattès, publie un recueil comprenant 93 lettres morales, lettres de paysans^ lettres de courtisanes ( 'EiricroXat rOi- •/tai, ctypoTuat, âTXiptxx-) ; ceuvre de médiocre habileté
tiens françaises au xvii« siècle. Éditions récentes ; Boissonade. Paris, i822; Ilercher, Epistol. f/rœci, de Didot, p. 133-171,
1 I^a lettre I, 2G, mentionne le même Karamallos, dont SoIpiCf Apollinaire parle comme d'un contemporain. Emprunts d'Arislénète à Achille Tatios (Rohde, Griech. Roman» 19, 473, note 1) et à Musée (C. Dilthey, De Callimachi Cydippa, p. 31),
scolaire, sans vérité ni intérêt moral *. Et, au delà, le même ijoût persiste et s'affirme en des productions analog^utîs, jusqu'aux derniers jours'de Tempire byzantin, Kniin, h côté des lettres fictives et des lettres réelles, il faut mentionner ici éji^alement, comme une autre production des écoles de rhétorique,, une énorme quantité do lettres apocryphes-. Ces lettres attribuées à des personnages illustres, rois, tyrans, hommes d'Ktat, philosophes, orateurs, poètes, etc., sont loin d'appartenir toutes à un même temps. Il en existait dès la période alexan-» tlrine, et l'industrie des rhéteurs n'a cessé d'en produire pendant toute la période impériale. Elles ont été tenues lon{»:temps pour authentiques. La critique moderne, depuis Bentley, a eu le mérite d'en découvrir la fausseté: mais il lui est impossible le plus souvent d'en déterminer avec précision ni l'origine ni la date \ Rassemblées de nos jours, ces lettres n'ont pas paru tout à fait à dédaigner, car elles ont été composées par des hommes instruits du passé, ipii disposaient de moyens d'information aujourd'hui perdus. La difficulté est d'en séparer ce qui est réel de ce qui est inventé, et on comprend avec quelle réserve de tels documents doivent être employés.
1. Epistol. f/)\rci do. IIorclif.T, p. 703-780. Kruiuhachcr, Gesch. d. hyzant. LUfer., % xv, 2.
2. Cî. ci-il»^ssus. p. 1,50. EU»?s forment la plus grande partie du recueil ih'S Eplstoloffrap/ii gr:prii\(i ll»îrchi;r «lans la collection Didot. Citons notammont los lettres da Phalaris, d'Anarharsis, de Solon, de Théinistoclo, doSocrato, etc., jusqu'à cellosd'Apollonios do Tyano,
3. La publication do la dissertation de Richard Bentley (De epis' tolis VhalaridiSt Themisfoclis, etc., 1697) a fait époque, comme on sait, dans riiistoirc do la critique. Cette dissertation, traduite en latin parLennop (Groningue, 1774, et lientlen opnsrula philolotj , ,lA\i' sise, i^iW), et rôimpriméo aussi en anglais (Biblioth. philolog. do Calvary ; R. BeiUloy, Dissertation irpon the tetters of Phalaris and other rritical wotks, wlth introduction and notes by W. Wagner, 1874). ouvrait en «'ITi't la voie ù de« recherches analogues. Voir West''ruiann, De epistolarum scviptorihus ffvsecis, Leipzig, 1851-58.
ilist. de la Litt. grecque. — T. V. 63
91)4 GHAP. VLII. — LA FIN DE L'HELLÉNISME
Malgré les quelques inventeurs de fictions qui vien nent crùlre noniniés, on a une certaine peine à iniasriner qu'une société qui a compté tant de compilateurs ait pu produire aussi que^iues poètes. Ce fait invraisemblable est pourtant vrai. Le v^ siècle a ou ses poètes; il a vu môme une sorte de rénovation de la poésie.
Passons sans insister sur les versificateurs de cour qui charmèrent Arcadius, Théodose II, ou leurs successeurs: sur Eusébios et Ammonios, dont il ne subsiste que les noms ^ : sur Christodoros, dont il nous reste f»eu de chose-; sur .lean de (iaza, dont il vaudrait mieux qu'il ne restât rien^ La vraie poésie du temps est Tépopée mythologique, reconstituée par Nonnos, et c'est à elle qu'il faut aller tout droit.
1. Sur leurs poèmes relatifs à la rôvolto du Gotli Gainas, tt sur 11* succès qu'ils ol)tinrent, voir Socrato, Ilist. ceci., VI, 6 et Etymol. 7ii(iff/i., MipiaXûvec.
2. Suidas, XpKTToîwpo; Ilaviexxov. Ghristodoros. de Coptos en Egypte, fut uno manière de grand homme au tenij^s de Teuipereur Anastaso (IDi-iilS). 11 cél«';bra la soumission de l'Isaurie révoltée dans une épopée en six livres ('laa-jpixa). Sa spécialité était de chanter les souvenirs glorieux des villes, de celles sans doute ipii le payaient bien. Épopée en douze chants sur Gonstantinople. éiK)pé«> en vingt-cinq chants sur Thossalonique, autres épopées sur Naclé de Syrie, sur Tralles, sur Ai>hrodisias, sur Milet, sur la Lydie, etc. Nous n'avons plus de lui que doux épitaplies emphatiques à la mémoire de son bienfaiteur Jean d'Épidamne (Anth. Pal,, VU, 697 et G98) et un poème, en 41G hexamètres, intitulé Description det statues destinées au Zeu.rippe, gymnase de Constantinople (Antttoi Pal., 1. JI). Au point de vue littéraire, c'est peu de chose, niîùs c'est assHZ.
3. Jean de Gaza, qui vivait vers 530, appartient à l'école de Gaza mentionnée plus haut. Il nous a laissé une description boursouflée d'une carte du monde ("Exçpaai; tov xoapiixoCiijvaxo;), conservée <lans le ms. palatin de l'Anthologie, éditée par Fr. Graefe, Leipzig. 1822, et plus récemment par Abel, Berlin, i882.
Il faudrait être mieux renseignés que nous ne le sommes sur l'état Je la culture hellénique dans les diverses régions de l'Egypte au iv® siècle, pour déterminer ce qui a pu susciter cette renaissance poétique en pleine Tliébaïde, à Panopolis.. l'ancienne Chemnis des Pharaons. Quelle qu'ait pu y être la part personnelle de iSonnos, on doit admettre, en tout cas, qu'il y avait là en ce temps un foyer d'hellénisme encore subsistant. Nonnos, sur (|ui nous ne savons à peu près rien, dut grandir dans un milieu païen, où il prit le goût des vieilles légendes, l'admiration de la poésie homérique, et reçut en même temps l'empreinte profonde du goût alors régnant. Sorti de Panopolis, il semble avoir surtout habité Alexandrie ^ Eunape, jugeant les Égyptiens du iv*^ siècle, disait darrs son langage prétentieux, qu'ils étaient « fous de poésie », mais que « l'Hermès sérieux », c'est-à-dire sans doute le dieu de l'argumentation et des raisonnements oratoires, se tenait éloigné d'eux 2. Cela ne veut pas dire qu'ils cultivaient moins que d'autres la rhétorique, mais simplement qu'ils y portaient trop de fantaisie poétique. Cette sorte de folie dont parle Eunape, exubérance d'imagination, mobilité d'esprit, goût de léclat, nul plus que Nonnos n'en fut possédé. Aucun témoignage ne nous permet d^assigner une date précise à la composition de son épopée. Mais comme les poètes de son école, particulièrement Kyros de Panopolis, appartiennent au milieu du v* siècle, c'est sans doute dans les premières années de ce siècle que dut paraître Pœuvre dont ils ont subi l'influence'.