Id., f6ûf
Histoire de U Litt. grecque. — T. V. 8
Tiinoléon, il en fait un dieu*. S'il attaque Aristole, Dr- Hiocharès ou Agathocle, c'est avec une violence de termes qui est indécente et ridicule*. On croirait entendre un poète satirique ou un orateur de panégyrique. Les discours qu'il prête à ses personnages n'ont rien de vrai. Il ne s'inquiète pas de savoir ce qu'ils ont dit réellement et de cliercher dans leurs paroles l'explication profonde de leurs actes : il ne s'occupe qu'à leur prêter des phrases qu'il croit éloquentes et qui ne sont que ridiculement prétentieuses; par exemple, ce sot discours qu'il met dans la bouche du Syracusainllermocrate, et qui est plus digne d'un élève des rhéteurs que d'un homme d'état^. Polyhc y voit un mensonge intentionnel; disons plutôt que c'est un manque de goût lamentahle.
Tout le style de Timée est gâté par cette affectation. Ce n'est pas qu'il fût sans talent : l.ongin lui reconnaît parfois de la grandeur *. Cicéron loue son habileté à faire la phrase '. Il le déclare un des plus admirables parmi les Asiatiques*. Mais c'est un Asiatique, en somme, un Asiatique à lafa^'on d'il égésias, c'est-à-dire un de ces rhéteurs prétentieux et puérils dont tout l'effort n'aboutit qu'à donner une impression générale <le froideur et d'ennui ^.
Timée avait assez généralement, au temps de Polybe, la réputation d'être le premier des historiens'. Rien ne montre mieux que ce fait la décadence profonde de
i. Id., ihid., 23, 4.
2. Id., ibid.. M, 3-4; 13; 15. Cornélius Xepos range Timéo (Alcib. 24) parmi les maledicentissimi scriplores.
3. Polybe, XII, 26; cf. 25, k; 25 a, 3-5; 23 b, 4; 26 b; 26 d, 6; etc.