‹ Histoire de la littérature grecque (volume 2)Chapitre 84 sur 605 · LES GÉOGRAPHES · texte numérisé non relu

LES GÉOGRAPHES

l'histoire au m* siècle et rimportance de la révolution tentée par Polybe lui-même au siècle suivant.

Si la « connaissance des lieux », selon le mot de Po- Ivbe. est indispensable à l'historien, la géographie est comiiie une annexe de Thistoire, et il convient d'étudier les géographes à coté des historiens.

La période qui nous occupe en ce moment a été pour la géographie grecque un âge de développement et de progrès. Les conquêtes d'Alexandre ouvraient à la Grt*ce dos horizons inconnus. Le commerce prit une #»xteiision considérable. Une vive curiosité s'empara des esprits. On décrivit ces pays nouveaux; on relit l'élude méthodique de l'ancienne Grèce. En même temps, les progrès des sciences exactes conduisaient certaines intelligences à se former une idée plus juste de la Terre prise dans son ensemble. L'étude delà Terre sousses deux formes essentielles — géographie descriptive et géographie mathématique, — produit alors toute une bibliothèque. Mais la plupart des écrits de cette sorte ne nous sont aujouprhui connus qu'indirectement, par les témoignages des écrivains postérieurs, et les plus importants d'ai 11 eurs devaient leur intérêt moins à l'art qu'au fond des choses. Double raison de ne pas nous arrêter à d'inutiles catalogues et de signaler seulement quel(|ues noms célèbres *.

1- La plupart des textes géographiques grecs de cette période doivent être cherchés dans les Geographi graeci niinorps de C. Millier (Didot). Quelques-uns des plus importants cependant figurent daoïâ d'autres volumes de la méine collection : nous les indiquerons à mesure. — Consulter, pour l'histoire de la géographie grecque, outre les travaux anciens de Letronne et de Gossellin (Re-

IIG CHAPITRE III. — RHÉTORIQUE, HISTOIRE, ETG^

Le premier est Ncarque, raniiral d'Alexandre, chargé par lui d'explorer le cours del'Indus, et qui, ayant descendu ce fleuve jusqu'à la nier, ramena sa flotte le long des côtes de l'océan Indien jusqu'à rEuphrat(^ ^ Il avait raconté son voyage d'exploration (son « périple »), dans un ouvrage spécial qui n'était pas seulement un journal de roule, mais qui contenait aussi de nombreuses informations sur les choses de l'Inde. Il y rapportait avec sincérité et non sans critique, semble-t-il, à la fois ce qu'il avait vu lui-même et ce qu'il avait appris par ouï-dire. Il paraît avoir vu des Brahmanes 2 : mais il se bornait à répéter ce que les Indiens lui avaient dit sur leurs tigres^ et leurs serpents *: en revan<lie, il avait rencontré des baleines et décrivait leurs jeux terrifiants ^ Au point de vue géographique, il est certain que son livn*- apportait aux Grecs des renseignements d'une grande nouveauté et d'une grande valeur sur les pays dont il avait longé les côtes et sur l'océan qu'il avait parcouru. Les fragments qui nous en restent ne nous permettent pas d'en juger le mérite littéraire ^

Au même groupe appartient Mégasthène, qu'on range souvent parmi les historiens d'Alexandre, mais qui a plus de titre, semble-t-il, à être compté parmi les représentants delà géographie descriptive ". Mégasthène étaif

cherches sur la géographie systématique et positive des anciens), l'ouvrage capital de Hugo Berger, Geschichte der wissenschaftliche Erdkunde der Griechen, Leipzig, 1887. Pour la période étudiée ici, voir Susomihl. i, 649-701, où l'on trouvera tous les noms. Cf. aussi M. Dubois, Examen de la géographie de Strabon, Paris, 1891, p. 231-285. i, C Millier. Script, rerum Alex, (à la suite de l'Arrien), p. 651.

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