C. MOller, Fragm, Hist. gr., II, p
LES PÉRIÉGÈTES; POLÉMON 119
composition, dont Pholius vanlole stylo original, soigné sans [iédantisnic et sans afFectation^
Voici maintenant le groupe Aqs périégètes, c'est-à-dire des guides, des oxplicateurs, qui s'attachent à faciliter la connaissance des pays helléniques aux voyageurs de plus en plus nomhreux attirés dans les villes célèhres par leurs alTaires ou par la curiosité*. Ces périégetc^s furent nomhreux et de valeur inégale. Aux descriptions topographi(pies ou archéologiques, ils joignaient des légendes locales, des anecdotes, des détails de niouirs ; ils ra<*onlaient l'origine des monuments et des san(!tuaires : ils savaient le nom des artistes qui avaient hati les temples ou enrichi les villes de statues et de tahleaux. Toute cette science était souvent de très médiocre aloi: la frivolité de leur havardage est tournée en ridicule y»ar Lucien, littérairement, ils ne valaient guère mieux. Dans la foule de ces cr)mpilateurs sans criti^pie et sans talent, (pjelques-uns cependant ont eu du mérite et sont devenus justement célèbres. L'un des principaux fut FNdémon, né vers la (in du ni® siècle dans un l)ourg de la nouvelle Ilion. et qui fit de nondireux voyages dans tiMjt le monde grec'. 11 reçut le droit de cité ou la proxénie dans un certain nombre de villes dont il avait décrit les merveilles. Ses ouvrages étaient fort nombreux. Les uns étaient proprement descriptifs : par exemple .^es livres Sur CA cropole (T Athènes, Sur la ^ 'oie sacrée, Sur le Portique de Sicyone, Sur les trésors de Delphes. Sur les
l. C. MûUer, Fragm. HisL gr,, III, 190-197. - Cf. Photius. cod.
i. On les appelait aussi exégètes, ou, s'ils s'occupaient sp«*rialement «ies sanctuaires, my$tagogues.
3. Notice «i»' Suidas. Notice et fragments dans C Mnll'T, Fragm. Hist. fjr., III, p. 108-148. Cf. Ej^ger, Polémon le toi/ageur archéologue 4,dai:3 ItS Mêm. d'Bist. anc. et de Philol).,p. 15-57. Cf. aussi Foucart, Rfcue de FhiL, 1878, p. 215-216, et Susemihl. I. p. 603-C76.
Péplos de CarthagCy et sa Périégèse cTIlion. D'autres racontaient les origines (Kriaeiç) des villes de la Phocide, des villes du Pont, des villes siciliennes et italiennes. D'autres encore étaient des écrits de polémique où il relevait des erreurs réelles ou prétendues d'Ératosthène, de ïirnéo, de Néanthès, etc. D'autres enfin, fort nombreux encore, étaient des mémoires archéologiques, critiques, littéraires, sur une foule de points de détail : il avait étudié notamment les poètes comiques et les auteurs de parodies. Strabon et Plutarque, qui se sont beaucoup servis de ses ouvrages, vantent sa curiosité infatigable *. Athénée le cite sans cesse. En somme, Polémon semble ^avoir eu quelques-unes des qualités essentielles de l'érudit.
A coté de Polémon, il faut encore mentionner Skymnos de Chios, qui vivait au commencement du second siècle, et dont la nspir^ynaiç parait avoir été une description de tout le monde connu des anciens *.
Le plus grand de tous les géographes de ce temps est à coup sur Eratosthène, le véritable fondateur et le maître de la géographie scientifique dans l'antiquité ^