A:opO(ôTai
que nous en pouvons juger aujourd'liui à travers les citations des critiques, il semble que son défaut principal fût d'avoir trop souvent prononcé des jugeinenls arbitraires, fondés sur son goût personnel plus que sur une intelligence assez historique et assez profonde de cette poés^ie déjà si lointaine *. Mais c'était là un inconvénient inévitable à cette date, et même., s'il faut l'avouer, un défaut auquel ses plus célèbres successeurs «ont loin d'avoir toujours échappé. D'ailleurs le problème que se posèrent les éditeurs alexandrins était probablement insoluble. Leur prétention était de retrouver le texte authentique d'Homère. Le problème serait difficile, mais non insoluble, s'il était vrai qu'il eut jamais existé un texte authentique d'Homère. Mais si ce texte n'a pas existé, à quoi pouvaient aboutir les eH'orts des chercheurs les plus savants? Le malicieux ïiinon, l'auteur des Silles, un jour qu'on lui demandait quelle édition d'Homère il fallait lire, répondit que le mieux était de tâcher de trouver un vieux texte qui n'eût pas encore subi les retouches des « diorthotes » ^. Il avait peut-être raison.
Callimaque d'Ephèse, qui parait avoir été le successeur de Zéuodote, est surtout célèbre comme poète. Nous le retrouverons à ce titre au chapitre suivant. Bornons-nous à dire ici que son rôle, comme bibliothécaire, fut considérable '. Il avait rédigé (ou fait rédiger sous ses yeux par des collaborateurs) une immense publication en 120 livres, intitulée : Tableaux des écrivains illustres et de leurs œuvres (ritvaxeçTàîv ev ttocoyi
1. Cf. Rômer, Ueber die Homerrecension des Zenodol, Munich, 1885 (dans les Abhandlungen do l'Âcad. bavaroise, t. XVII, p. 639-722).