Fragm
ARGHILOQUE 179
à ce passage d'Archiloque, dit que le poète vivait en même temps que Gygès K A en juger par la manière même dont Archiioque, dans ce passage, parie de la richesse de Gygès, devenue déjà proverbiale en Grèce, on serait presque disposé à le croire plus récent. D'autre part, on ne peut trop le rajeunir, car les dates de Simonide d'Amorgos s'y opposent. En somme, on ne risque pas de se tromper beaucoup en le faisant vivre dans la première moitié du vu^ siècle, très peu après Gallinos.
Les principales circonstances de sa vie étaient rappe* lées dans ses iambes : c'est là que les anciens ont puisé les informations biographiques qu'ils nous ont transmises sur Archiioque. Critias en particulier, reprochant au poète d'avoir lui-même révélé à la postérité ses propres fautes et ses misères, les rappelait à son tour d'après lui, et un résumé du morceau de Crilias forme un chapitre de V Histoire variée d'Élien ^. D'autres citations ou indications, éparses çà et là, nous donnent quelque idée de cette vie aventureuse, inquiète, remplie de luttes et de misères. « Le mordant Archiioque, dit Pindare, presque toujours misérable, ne s'engraissait que de haines amères ^ » Des circonstances que nous ignorons le ruinèrent *. On le voit alors forcé par la pauvreté do quitter Paros sa patrie, et d'aller chercher fortune à Thasos. Là, nouvelles difficultés : il se fait des ennemis et se
1. Hérodote, I, 12 : ToO (rôyeci)) xa\ 'Ap^iXo^oç ô Ilapio;, xatot xbv avrbv ;(p6vov Yev6(xevoc, èv {à(xpa) Tpt(i.étpb> i7CE(xvr,a6Y). Cette phrase est considérée en général comme n'étant pas d*lIôrodote ; on y voit l'addition d'un grammairien (cf. la note de Stein sur ce passage) ; la chose, à vrai dire, n*est pas démontrée.