Dans Athénée, ibid., D
9. Anacréou parle de sa magadis (fragm. 18) et de sa pectis (fragm. 17) ; Sappho parle de sa chelys (tortue) : c'est l'expression la plus générale.
Le caractère général de ces instruments, quelles qu'aient pu en être les différences secondaires, est frappant : ce sont des instruments qui ont beaucoup de cordes, qui peuvent par conséquent monter très haut et descendre très bas. La magadis d'Anacréon a vingt cordes K Le barbitos en a « beaucoup », suivant Théocrite ^ Tantôt il est question de leurs sons aigus, tantôt de leurs sons pareils à ceux d'une corne ^ Avec ces instruments, on pouvait accompagner la voix des chanteurs à un intervalle d'une octave, d'où résultait, suivant Âristote ^, un effet d'antiphonie très puissant et très expressif. Ces instruments à cordes nombreuses étaient, comme on voit, assez différents de la cithare, et bien plus émouvants. Quelques érudits de l'antiquité s'étonnaient devoir des instruments pareils usités à Lesbos à une date si ancienne; cela dérangeait évidemment les théories courantes de leur temps sur la simplicité de la musique primitive; mais d'autres, mieux avisés, répondaient que l'emploi de ces instruments remontait à la plus haute antiquité ^ — Si les instruments à cordes avaient fait à Lesbos beaucoup do progrès, la flûte au contraire semble n'y avoir tenu qu'un rôle secondaire et exceptionnel. Cela vient certainement de ce que la poésie lesbienne était avant tout monodique, c'est-à-dire chantée par une seule voix, celle du poète lui-même, qui s'accompagnait avec lebarbitoset n'aurait pu le faire avec la flûte. La flûte est plutôt l'instrument de la poésie cho*
i. Fragm. 18. Un passage de Télestes (dans Athénée, XIV, p. 637, A) semble donnera la magadis cinq cordes seulement; mais le passage est obscur.