‹ Histoire de la littérature grecque (volume 3)Chapitre 138 sur 467 · AoTOoiStxà iitlrpa (HéphesUon* p · texte numérisé non relu

AoTOoiStxà iitlrpa (HéphesUon* p

même durée : le dactyle, selon toute apparence» n'y comptait que pour trois temps, soit que les deux brèves n'y eussent que la valeur d'une brève ordinaire, soit par tout autre procédé ^

Le rythme logaédique donnait naissance à plusieurs sortes de mètres, selon le nombre et l'arrangement des dactyles et des trochées ainsi mis ensemble ^. Mais le mètre le plus ordinaire, celui qui» avec de légères modi- Gcations, forme le fond de la strophe alcaïque et de la 9trophe saphique, c'est un mètre logaédique où le dactyle est enclavé entre deux dipodies trochaïques.

Il serait fort intéressant de savoir ce que signifie au juste ce mot logaédique^ et quelle en est la date. Un scholiaste de basse époque l'explique en disant que le dactyle, dans ce genre de mètres, était plus chantant, et le trochée plus voisin de la prose (Xoyo;, «oiSy)) ^. L'explication n'est guère satisfaisante en soi et ne nous apprend pas grand'chose sur le caractère du rythme en question. Sur le sens exact du terme, il faut renoncer à toute certitude; mais, quel que soit le fait précis qui a donné naissance à cette appellation, il est aisé de voir que ce dactyle vif et rapide (un dactyle à trois temps sans doute), mêlé à des trochées, devait donner à tout le mètre beaucoup d'élan et de légèreté ^.

1. Déterminer la vraie mesure rythmique de ce dactyle estuu des nombreux problèmes insolubles de la métrique grecque. Toutes les hypothèses (et il y en a beaucoup) sont forcément arbitraires. La plupart sont en outre fort compliquées. On en trouvera le détail dans les ouvrages de métrique.

2. On peut croire que les vers dits asclépiades, dans lesquels un, deux ou trois choriambes apparents sont précédés d'un trochée et suivis d'une dipodie trochaïque, ne sont, au point de vue du rythme vrai, qu'une forme logaédique.

3. Schol. d'Héphestion, p. 163 (dans les Scriptores metrid de Wasiphal).

4. Un autre trait, assez singulier, des mètres logaédlques-est qae

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Ces mètres s'ordonnaient soit en systèmes, soit en strophes. On sait que, dans un système^ selon l'appellation technique des grammairiens» tous les vers sont semblables entre eux, tandis que la strophe réunit des mètres différents. Strophes et systèmes, dans l'ode légère, sont fort simples. Dans les groupes systématiques de Sappho, les vers vont très souvent deux par deux^ La strophe du lyrisme d'apparat, parfois fort longue et toujours assez complexe dans sa structure, change avec chaque poème ; Tode lesbienne, au contraire, se contente d'une strophe courte, élémentaire, et qui se ramène aisément à un petit nombre de types invariables.

Les deux principaux de ces types sont connus sous les noms de strophe alcaïque et de strophe saphique. Ces deux formes de strophes sont la création la plus frappante des Éoliens, et celle à laquelle les noms d'Âlcée et de Sappho méritaient le mieux de rester attachés ; le lyrisme de Lesbos y avait mis toutes ses grâces. Toutes deux sont formées de quatre vers. Sur ces quatre vers, trois, dans la strophe saphique, sont semblables : ils se composent d'un dactyle compris entre deux dipodies tro-

les trochées qui précédaient le dactyle central avaient une sorte d'instabilité surprenante : le premier pied pouvait y devenir presque arbitrairement un iambe, un spondée, ou deux brèves. Il est difficile de rendre raison de ce fait. Cependant, si l'on songe qu'en général, dans les mètres grecs, la forme métrique est d'autant plus pure et plus sévèrement normale qu'elle coïncide davantage avec une forte intonation, on peut en conclure que, dans le mètre logaédique, c'est le dactyle qui formait, pour ainsi dire, le point lumineux du vers, et que le début en était comme obscurci par un débit plus sourd et plus égal. Ne serait-ce pas cette alternative frappante d'un chant d'abord voisin de la simple récitation, puis rebondissant avec force sur le dactyle, qui aurait fait donner à ces mètres le nom de logaédique ? Quoi qu'il en soit» le fait même de ce contraste est très probable, et il devait bien convenir à l'expression des sentiments passionnés.

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