Fragm
4. Fragm. 37, A (dans Âristotc, loc. ciL) ; il y a quelque iacortitude sur le sens précis de deux ou trois détails.
3a« CHAPITRE V, — LA CHANSON
La grande salle resplendît des luears de l'airain, toute parée pour Ares : voici les casques brillants, du haut desquels ondulent les blanches crinières chevalines, ornement delà tête des guerriers; aux crochets des murs pendent tout à Tentour les brillantes cnémides d'airain, rempart contre les traits robustes, et les cuirasses de lin toutes neuves ; les creux boucliers jonchent lo sol ; voici des épées de Chalcis, voici des ceintures et des baudriers. Ne les oublions pas, puisque nous avons entrepris cette œuvre i.
D'autres poètes grecs ont vécu au milieu des discordes et s'y sont mêlés : Archiloque, Solon, Théognis. Mais Solon est un sage, et Théognis, malgré la vigueur de ses haines, n*a pas chanté la guerre civile sur ce ton. Pour Archiloque, cest surtout à ses ennemis privés, semble-t-il, qu'il réservait ses iambes les plus amers. Le poète de Lesbos a porté dans la vie publique des colères analogues à celles qu 'Archiloque nourrissait contre Lycambès : sa politique fut une politique de passion ardente et naïve, une politique d'amoureux éconduit.
Quant au style, on voit dans ce morceau la vigueur éloquente dont parle Denys. On y trouve aussi la vivacité des images, les belles épithètes pittoresques relevant la précision des termes techniques, et dans Tensemble une clarté limpide. Un autre fragment, des plus poétiques, est celui où il compare les discordes civiles à une tempête. La comparaison n'a par elle-même rien de rare, mais ce qui est la marque d'Alcéc, c'est le mélange de simplicité dans l'expression et de force pittoresque :
Je ne comprends rien à la lutte des vents : de ci, de là, le flot roule ; et nous, au milieu, ballottés dans notre noir navire, nous souffrons durement de la grande tempête; le pied du mâtest dans l'eau; la voile, toute à jour, pend en lambeaux, et les haubans sont détendus •.