Pollux, Ofiom. IX
2. Voir, sur toutes ces questions, la note de Bergk en tête des Fragments de Sappho dans son édition des Lyriques (p. 874 des premières éditions ; t. III, p. 82, de la 4«).
3. M. Luniak conteste Texistence des élégies de Sappho parce qu'Ovide lui fait dire (v. 5-6) :
Forsitan et quare mea sint alterna requiris Garmina. eu m lyricis aim magis apta modis.
Mais o'est trop presser les paroles d'an poète bel-esprit.
plus généraux, tantôt joyeux et tantôt tristes ; de là ces changements de rythmes qui dénotent un art savant et délicat. Mais la matière, en somme, est toujours semblable : même dans ses hymnes, il est probable qu'elle chantait Aphrodite plus souvent que Zeus ^ : le maitre de sa pensée, c'est Eros, qui sans cesse agite son cœur et éveille son imagination; c*est par lui que son souvenir est resté vivant dans la postérité; c'est toujours lui qu'elle chante, avec un mélange original et exquis de grâce, de passion et de naïveté.
La beauté qu'elle célèbre est surtout riante et gracieuse: c'est celle de l'aimable Aphrodite plutôt que de la majestueuse Athéné. « 0 pures Charités aux bras de roses, filles de Zeus, » disait-elle dans une de ses odes ' . Et Philostrate, à ce propos, note que Sappho a pour la rose une prédilection déclarée, qu'elle la vante sans cesse et qu'elle aime à comparer avec elle les plus belles de ses compagnes '. Pour exprimer la gloire poétique, elle dit « les roses de la Piérie ^ ». Dans la Cowonne de Méléagre, la rose est attribuée à Sappho ^ Elle loue quelque part Gléis « semblable aux fleurs d'or*». Elle parle plusieurs fois de l'hyacinthe. Ses vers, dit Démétrius, sont pleins d'amour, d*alcyons, de printemps '. Elle veut que la belle jeunesse se pare de couronnes de fleurs :
Enlace de tes mains délicates, 6 Diké, les guirlandes autour de ta chevelure ; de belles fleurs ajoutent à la grâce ; on se détourne d'un front sans couronne s,
1 . Les fragm. 62 et 63, oCi il est question d'Adonis, peuvent avoir appartenu à des hymnes.