Diogéne Laerce, I
9. Strabon, X, 482; cf. Aristote, Polit. II, 12 (p. 1274, A, 28, Bekk.).
un certain nombre des plus vieux chants Iraditionnels de la Crète et de Sparte, et qu'on en reculait l'origine le plus loin possible. Glaucos, au contraire, le plaçait à la (in du VII® siècle*. Mais si cette date était exacte, l'autre tradition serait inexplicable^ et elle est d'ailleurs inconciliable avec Tensemble des faits connus. Il faut donc adopter une date intermédiaire et placer Tépoquo de Thalétas vers le début du vil® siècle, comme le fait l'auteur du De Musica. C'est le temps où vient de se terminer la première guerre de Messénie; Sparte est la première puissance du Péloponnèse; elle attire à elle de plus en plus les musiciens-poètes qui peuvent donner du lustre à ses fêtes religieuses et civiques. Les Gymnopédies^ où la jeunesse lacédémonienne exécute des danses en chantant, se fondent avec éclat. L*Arcadie et l'Argolide, avec leurs 'A-o- Sei^si; et leurs 'EvSuadcTia, suivent l'exemple de Sparte '. C'est pour ces fêtes que Thalétas et ses disciples composent leurs œuvres. Pralinas paraît avoir dit que Thalétas avait été appelé de Gortyne à Sparte sur Tordre d'un oracle, pour organiser des fêtes destinées à mettre fin à une peste *. On racontait quelque chose d'analogue au sujet de Terpandre, et ce récit, assez naturel en soi, n'a peut-être d'invraisemblable que sa banalité même.
Les poèmes composés par Thalétas étaient surtout des péans °. Mais il est aussi question de ses hyporchèmes *, et quelques-uns, comme nous le voyons dans le De Musica, disputaient s'il fallait appeler ses œuvres des hyporchèmes ou des péans ^ — On lui attribuait l'invention
1. Plut., De Mus., c. 10. Cf. Volkmann, sur ce passage, p. 92.