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médiaif 6 : entre le dilhyrambe informe des origines et le drame commençant, il n'y aurait plus aucune place pour le dithyrambe simplement lyrique. On ne peut guère s'empêcher de croire que la grande réforme d'Arion a surtout consisté dans l'éclat incomparable jeté sur le di* thyrambe à la fois par le cadre magnifique des fêtes du tyran de Corinthe, Périandre, et par le génie poétique et musical avec lequel Arion» sans toucher à l'essence même du genre, a su remplir ce cadre. En d'autres termes, il a fait non pas tout autromentr mais à coup sûr infiniment mieux que ses devanciers obscurs et anonymes K
L'histoire de la transformation du dithyrambe en drame n'appartient pas à cette partie de nos recherches. Celle même de ses modifications ultérieures dans le domaine lyrique proprement dit viendra plus à propos dans la suite, car ces modifications ou bien se rattachent A l'histoire du drame, ou du moins appartiennent à une épo« que sensiblement plus récente, celle de Simonide et de Pindare *.
S i. StÉSIGHORE; l'hymne HâROÎQUE.
Les poètes dont nous avons parlé jusqu'ici appartiens
1. Arion a-t-il aussi inauguré Thabitude, devenue générale un peu plus tard, de célébrer dans le dithyrambe non seulement la légende de Bacchufl, mais tous les mythes douloureux et pathétiques indistinctement? On ne saurait l'affirmer. Il semble, en tout cas, que les hyporchémes de Xénocrite de Locres (Plut., De Mus,, c 10) lui en eussent déjà donné l'exemple. — On lit dans Suidas qu* Arion a été l'inventeur du Tpaytxo; Tp6icoc. On a beaucoup discuté sur ces mots, qui sont cependant fort clairs. Le TpxYixô; tpAiroc, c'est le lyrisme pathétique» par opposition au votitxoc rpoTco;, le lyrisme calme et serein des genres antérieurs à Arion. Celui-ci a sinon inventé au sens propre du mot, du moins mis en lumière et en honneur les chants pathétiques ou passionnés, d'où la tragédie devait ^rtir.
2. Pour les réformes dithyrambiques de Lasos-d'Hermioné» voir plus bas, même chapitre, p. 357.
&XQ CHAPITRE VI. t- JUYBISME CHORAL
jotept à la période de foifmâlion et de début du lyrisme •choral. La strophe, chez eux, est très simple; le rythme «st court; l'inspiration (là oiXTon peut en saisir quelques ;yestige3 suivis, par exemple chez Alcman) a parfois de réclat, et plus souvent une naïveté gracieuse. Avec Stésicboro, une période nouvelle commence: la structure musicale de l'ode se complète; l'inspiration poétique s'élève; le domaine du lyrisme .^'étcnd el. s'enrichit; à l'adolescence de Tart lyrique succède une forte et déjà virile jeunesse *.
► Stésichore naquit, dit-on -, dans la . 37®^ Olympiade el mourut dans la 56®; en d'autres termes, il vécuL environ quatre-vingts ans, entre les années 640 et 550 (en chiffres ronds). On remarquera que ces dates, très vraiscmr blablcs en elles-mêmes, sont beaucoup plus précises que celles qui sont assignées aux poètes antérieurs ; nous 4îQmmos plus près du plein jour de l'histoire.
Qn l'appelle ordinairement Stésichore « d'Himère ^. » La :cité d'Himère, comme nous l'apprend Thucydide S avait été fondée en Sicile dans l'année 648 par. des ChaLcidiens de Zanclé associés à des Doricns de Syracuse. C'est là que naquit Stésichore, suivant la tradition la plus répandue. D'autres ^ cependant, le faisaient naître ^oit à Mataure dans la Grande- Grèce, soit à Pallantion
1. Sur Stésichore, cf. Kleine, De vita et poesi Stesichori, lôna, 1825; Welcker, Slesichorus, dans ses Kleine Schriften, l. I, p. 148-219; Sueemihl, Hesiodos und Slesichovos, dans les Jahrb.f. Class. PhiloL, 1874, t, 109, p. 658; Bernage, De Stesichoro poeta (thèse), Paris, 1878.
2. Suidas, v. STTjdixopoc. — La Chronique de Paros (1. 65-66) commet une erreur évidente en plaçant « l'arrivée de Stésichore en Grèce » dans la 3« année de la 73* Olympiade (486) ; il n'y a pas lieu de s'y arrêter, non plus qu'à la mention ultérieure, dans la même chrooique, d*un second Stésichore, vainqueur à Athènes en 369 (ligne 85).