‹ Histoire de la littérature grecque (volume 3)Chapitre 232 sur 467 · Thucydide. VI · texte numérisé non relu

Thucydide. VI

..5. Cf.. Suidas, loc, ciU

STÉSIGHORE «tî

en Arcadie, et l'on racontait diversement les motrfs qui l'avaient forcé de s'expatrier pour venir, selon les unW, ^ Himère, selon les autres, à Catano. Il y avait à Catarie une porte qu'on appelait la « Porte de Slésichore », el on y montrait son tombeau. Mais les gens d'Himère prétendaient aussi posséder ses restes. Il serait parfaitement oiseux de chercher aujourd'hui à expliquer ouà concilier ces diverses traditions. La seule chose certaine, c'est que les anciens rattachaient de préférence Stésichore à Hi* mère.

c Mêmes divergences sur le nom de son père, qu'on appelait Euphémos, Euphorbes, Ëuclide, Hyétès, etc. Ne parlons pas de certains récits qui faisaient de lui un (ils ou un neveu d'Hésiode *. — Stésichore, d'ailleurs, n'étaït pas non plus, dit-on, le véritable nom du poète. Il s'iap^ pelait proprement Tisias (un nom sicilien, soit dît en passant), et reçut celui de Stésichore à cause de son art ^ Stésichore en effet, sîgniBe « maître de chiœur *. i) On sait que ces changements de noms ne sont pas rares dans l'histoire littéraire de la Grèce : Platon et Théophraste en sont les exemples les plus illustres, et il est permis de se demander si Terpandre aussi ne doit pas être joint à la liste. . '

La vie de Stésichore n'est guère mieux connue que sa fa<

1. Cette dernière opinion avait été rapportée, selon Tzelzès {Proies gomenes du Comment, sur Hésiode, et scholie sur le vers 269 des Travaux), par Proclus d'après Aristote et Philochoros. Il s'agissait évidemment là d'une légende locale reproduite par eux à titre de curiosité. Quant à savoir quels en étaient au juste le sens et la valeur, c'est ce que Welcker, Otfr. Mûller et d'autres ont cherché ingénieusement, mais sans grand profit. — Ajoutons, pour ue rien omettre, que Suidas mentionne aussi deux frères de Stésichore.

2, 'ExXt^Ot) lï STT)<jîxopoc ÔTi izptùXQÇ xi0ap(i>8:ac ^opbv JfoTTjffiv, dit Suidas. 'IffVavat -/op6v est une locution fréquente. L'explication de Suidas est d'ailleurs, comme d'habitude, un singulier mélange de ckosop vraies et de choses absurdes.

mille. Ouclque$ aoccdoles, quelques apophibegmeis, voilà U>w le3 souvenirs qui en restent. On citait de lui un mot adressé aux Locrjcns S un récit fait aux habitants d'Âgrijgpente pour les mettre en garde cootre lo tyran Phalaris : il leur avait raconta la fablo du cheval qui veut se venger du cerj ^. Ce qui ressort le plus clairement de ces traditions, c*est qu'il avait laissé la réputation d'un personnage fort célèbre et fort écouté dans toutes les villes du monde grec occidental. Simomde, un demi-siècle après sa mort, parlait de lui comme d*un classique et l'associait dans ses vers avec ilomère '. — Une légende bizarre, déjà rapportée par Platon ^, disait qu'ayant raconté dans un de ses poèmes la conduite d'Hélène et l'ayant blâmée, il avait été puni de son langage par la perte de la vue, mats qu'il avait alors chanté la palinodie^ et qu'il avait retrouvé Tusage de ses yeux. Cette légende a-t-elle son origine dans quelque récit allégorique de Stésicliore luimême? On ne peut faire à ce sujet que des conjectures plus ou moins vaines. — Il mourut vieux ^ sans qu'on puisse dire au juste en quel lieu et à quelle date. Peu importe, d'ailleurs; au sujel d'un Stésichore, la seule chose essentielle est de comprendre la nature de son rôle et la nouveauté de son œuvre.

Ses poèmes formaient viogt-six livres» c*csUà^diro lin ensemble trois ou quatre fois plus considérable que celui des poèmes d'Alcman. Ces œuvres appartenaient à différents genres. On citait do lui des péans, des chants d'amour, des poèmes « bucoliques »; nous verrons plus

i. Aristote, Rhét,, II, 21 (p. 1395, A, i. Bekker). 2, Aristole, Hhét., II, 20 (p. 1393, B, 10-23, Bekker). 8. Simonide, fragm. 53.

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