‹ Histoire de la littérature grecque (volume 3)Chapitre 237 sur 467 · Fragm. 65 (cf. Bergk sur ce passage · texte numérisé non relu

Fragm. 65 (cf. Bergk sur ce passage

Hi«t. de la Litt. gracqne. » T. II, 91

^23 GHAPIXaE yj.r- LYRISME CHORAL

passagQ, lu fjragincntdo \sl. Palinodie, nous f^U voir aussi que lé plus impersonnel des poètes lyriquea l'était moins qu'un poète épîque : il discute; il entre en lîce :

V Non, ca dUoours n'est pas vrai; non, tu n'es pas montée ipr les vaisseaux bien garnis de rames; ncOy ta n'es pas venaa vers. la ciladellede Troie.

Kojus Ybità bien loin du ton do l'épopée. Mais ce sont là de$ détails. II y avait certainement une difTérence continue et profonde dans le mouvement mémo du récit, dans le choix des tableaux,.dans la.couleur. Otfried MQller. justement pénétré de cette idée, a peut-être tort d'en chercher des preuves dans ce qui reste de Slésichore * : ce. reslç C3t trop peu. Mais le fait, en soi, ne saurait faire douté. Un récit lyrique ne peut offrir les tranquilles dé^ tours de Tépopée» sa fluidité transparente et toujours éofale. \\ y a du Pindare chez tout poète lyrique, c'est-àdire des élans rapides et hardis, un art nécessaire de négliger renchaînemcnt prosaïque et de voler d'un coup çl*aile.vcr8 l'idée brillante, pathétique, musicale» Qu'on diminue la dose de pindarîsme tant qu'on yoûdra, fl faut gu'il en, reste quelque chose. Nous/ pouvons affirmer à priori que Stésichore avait dû se soumettire à cette loi; nous ne pouvons plus en trouver la preuve.dans ses trop rares fragments.,

. Nous connaissons un peu mieux chez lui ce qui est à proprement parler le tissu même du style, c'est-îi-dire le détail du dialecte, le choix des mots et d(*s imâgesi le tour de. la phrase. — Stésichore écrit en doriçn> mais son dialecte est évidemment, quant aux formes grammaticales', beaucoup moins près du langage parlé que ne Tétait celui d'Alcman : ce n'est ni le langage d'Himète,

ni celui de Catane, ni celui d'aucune ville grecque; c'est

1. T. II, p. 155-158 dejalrad. française. Cf. Bergk, Gr. JUT., t.*. . p. 291-292. / : •

STÉsiCHORE 32B

f re&quo celui de l'épopée, avec quelques formes aoriDn>* nés qui s*y mèleoi pour donner au. poème l'accent moderne et lyrique. — Il en est du vocabulaire comme des formes grammaticales. A chaque instant, malgré la brièveté des fragments qui subsistent, une épithète, une lo^» cution consacrée, une alliance de mots font songer & Homère. -7 Le caractère général de son style était une ampleur noble et facile, non sans un peu de surabondance parfois. Son style' étuit riche en épîthètosf *; celd lui donnait de la douceur et de l'éclat, au défriment "peut^ être de la force. S'il avait su se borner, dit Quintiliën, il eût été l'égal d*Homère '. C'est toujours Homère qui se présente à la pensée des critiques anciens comme le terme de comparaison naturel quand il s*agit db juger Stésichorc. Oiéjà Simonide associait ces deux noms '.Il est le plus homérique des- poèleë, dit Tauteur du traité du Sublime *. L'âme d'Homère est venue habiter en luf: dit Antipater de Sidon dans une épigramme ^ Il a porté sur sa lyre, selon le mot célèbre de Quintiliën, le fardeàU do l'épopée ^. Il est à ia hauteur des plus grands sujets] il sait garder aux héros qu'il met en scène leur noblesse naturelle ^. En tout, c'est un Homère lyrique, brillant el magnifique, mais ihoins sobre parfois et moins fort que l'autour de VIliade et de V Odyssée. ' *

Le morceau le plus étendu qui ndiis reste des Bymnei de Stésichore comprend six vers; c'est le passage où il est question de la coupe d or dans laquelle le soleil navigue à travers l'Océan pendant la nuit, et à l'aide dé

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