‹ Histoire de la littérature grecque (volume 3)Chapitre 251 sur 467 · Fragm · texte numérisé non relu

Fragm

Solon et des Théognis, des élég^ies d'un caractère plus général, d'une inspiration purement morale et philosophique ^ Ce goùl de Simonide pourla forme élégiaque ne fut certainement pas sans influence, nous le verrons, sur la manière dont il écrivit ses odes. — Celles-ci appartenaient à presque tous les genres du lyrisme d^apparat, et, dans tous, Simonide avait marqué sa place au premier rang. C'étaient des dithyrambes ^, des péans, des hyporchèmes, des hymnes, surtout des éloges ou encomia^ avec les deux variétés naturelles de Téloge, à savoir les épi- 7iicies^ ou chants de victoire, et les thrènes, ou chants funèbres. De ses dithyrambes, il ne nous reste que deux titres, Memnon et Europe : on voit par ces noms mêmes que c'étaient des dithyrambes héroïques où Dionysos avait peu de place. Ses péans nous sont presque inconnus. Do ses hyporchèmes, il nous reste une douzaine de jolis vers ; Plutarque les vantait fort ^ Ses hymnes n'ont pas été moins maltraités par le temps : on entrevoit cependant encore la place qu'y tenaient les récits mythiques ; il ne s'ensuit pas que ce fussent des hymnes épiques à la façon de ceux de Stésichore : ils étaient certainement plus courts que ceux-ci, plus semblables à des prières (quelques-uns mémo portaient ce nom ^); niais dans tous, sans en excepter ces derniers, on trouve des allusions mythiques qui impliquent des récits. La partie

1. Fragm. 85 (où Bergk incline à voir Tœuvre de Simonide d'Amorgos, sans bonnes raisons, semble-t-il), 86, 87, 88,

2. TpaycoSiai, dit Suidas. Quelques savants veulent que Simonide ait composé de véritables tragédies (6. Hermann, Opuscula, t. Vil, p. 214), ou tout au moins de ces tragédies lyriques qui, suivant Bœckh {Staatsh. d. Alhen., t. II, p. 362), tenaient à la fois du lyrisme et du drame. Mais la tragédie lyrique de Bœckh n'a jamais existé (cf. Foucart, De Collegiis scenicorum arlificum, p. 11-73), et le Memnon de Simonide, dont Hermann faisait une tragédie véritable, est appelé dithyrambe par Strabon, XV, p, 728.

Page 1