‹ Histoire de la littérature grecque (volume 3)Chapitre 270 sur 467 · PINDARE · texte numérisé non relu

PINDARE

BIBLIOORAPHIE

Manuscrits. — Les mss. de Pindare conservés dans les bibliothèques de l'Europe sont extrêmement nombreux (plus de cent) ; mais beaucoup sont sans valeur. Les éditeurs ne tiennent plus compte aujourd'hui de ceux qui se rattachent aux recensions de Thomas Magister et de Moschopoulos. Les seuls qui méritent d*ôtre étudiés sont ceux qu'on appelle les mss. anciens, divisés eux-mêmes en plusieurs familles, dont les principaux représentants sont : un ms. de Milan (Ambrosianus, xii® siècle; C, 122), un ms. . du Vatican {Vaticanus, xii« siècle; 1312), un ms. de Paris {Parisinus, xii« siècle; Bibl. nat.y fonds grec, 2774) et un ms. de Florence (LaureniianuSy xin-xiv« siècle; 32, 52), désignés respectivement," depuis rédition de Tycho Mommsen, par les lettres A, B, G, D, Tous ces manuscrits dérivent d'ailleurs, suivant M. Christ {Préface de son édition, p. iv), d'un archétype unique, postérieur à Hérodien, et dont la un manquait.

Éditions. — L'édition princeps de Pindare fut publiée par Aide Manuce en 4513, à Venise. Galliergi donna la seconde à Rome en 1515. C'est l'édition de Galliergi qui a formé la vulgate des trois siècles suivants. Jusqu'à la fin du xviii« siècle, il n'y a guère à mentionner que les éditions d'Henri Estienne (1560 et 1566), avec une traduction latine et des conjectures parfois heureuses ; puis celles d'Erasme Schmid (Wittemberg, 1616) et de Benoit de Saumur (Saumur, 1620), avec d'utiles commentaires. On ne sait sur quels manuscrits avaient travaillé les premiers éditeurs. Henri-Estienne semble avoir fait souvent de la critique conjecturale. Erasme

364 CHAPITRE VII. — PINDABE

Schmid au contraire étudia desmss. nouveaux» mais médiocres. Les grands travaux sur le texte de Pindare commencent seulement avec l'édition de Heyne (Gœttingen, 1773), revue par l'auteur et fort augmentée en 1798-1799; elle renferme, sous cette nouvelle forme, d'intéressants opuscules de G. Hermann sur les métrés de Pindare et sur son dialecte; elle est accompagnée des scholies et d'une traduction latine.

Auxix'» siècle, les éditions notables se multiplient. C*est d'abord celle de Bœckh, 2 tomes grand in-8,en quatre parties (Leipzig, 1811-1821), véritable monument, comprenant, outre les scholies et une traduction latine, l'importante dissertation De metris Pindari, qui a fait époque dans les études de métrique ancienne; le commentaire explicatif, très étendu, était dû pour moitié à Bœckh lui-môme et pour le reste à Dissen. Celui-ci, à son tour, publia en 1830 une édition explicative. Après sa mort, Schneidewin publia de nouveau son édition (1843-1847), en y ajoutant ses propres observations : Tédition Dissen« Schneidewin est utile par Tabondance du commentaire.

Les dernières éditions sont surtout critiques : les plus importantes sont : 1° celle de Tycho Mommsen (1864), résultat d'un travail immense de dépouillement des mss. ;2o celle de Bergk, dans le premier volume de ses Poetx lyrici grxci (4« édition, 1884), œuvre de critique pénétrante, mais souvent conjecturale ; 3<> celle de Christ, dans la petite Bibliothèque-Teubner (1873), tentative heureuse pour tenir un juste milieu entre Texcôs des conjectures et Texcès de la fidélité aux manuscrits. Ajoutons enfin l'édition anglaise des Olympiques et desPythiques donnée par M. Gildersleeve (Londres, 1885).

Scholies. — Les odes de Pindare avaient été dans l'antiquité l'objet de nombreux travaux, dus notamment aux éditeurs et aux grammairiens d'Alexandrie, Aristarque, Aristodème, Artémon, Chrysippe, Didyme. Leurs noms se lisent encore dans nos scholies. Celles-ci, considérables et importantes (surtout pour les Olympiques et les Pythiques) sont de deux sortes : les unes récentes, remontant au moyen-âge byzantin, sont surtout l'œuvre de Thomas magister, de Moschopoulosetde Triclinios; les autres, plus anciennes et beaucoup plus précieuses, sont en grande partie extraites des commentaires de Didyme et nous apportent un écho intéressant des commentaires antérieurs (cf. Lehrs, Die Pindarscholien^ Leipzig, 1873).

Les scholies de Pindare ont été publiées par Heyne et

Bœckh dans leurs éditions. Depuis, la découverte de quelques scbolies nouvelles (en dernier lieu les 2;^6>ia naTfxiàcxa, publiées par M. Lambros, Athènes, 1875) ont rendu nécessaire une nouvelle édition générale de ces commentaires. Elle a été entreprise par M. Abel (Scholia in Pindari Epinicia ad Ubrorum mss, fidem edidity etc., Berlin, 1884), qui n'en a encore publié que le second volume, contenant les scbolies anciennes sur les Néméennes et les Isthmiques,

Traductions. — Pindare a été souvent traduit, malgré la difficulté de la tâche.

Les principales traductions (sans parler des traductions latines précédemment citées) sont : — en allemand, celle de Tbierscb (1820), avec le texte grec et une remarquable Introduction; Donner (1860); — en anglais, celle de Ernest Myers (1874) ; — en f rançais^celles de Boissonade, publiée par M. Eg. ger seulement en 1867 (Hachette), et de M. Poyard (1853).

Lexiques. — Lexicon Homerico-Pindaricum^ de Damm (1755), revu et corrigé par Duncan (Londres 1827); nouv. édition par Rost, Leipzig, 1831-1833. — Rumpel, Lexicon Pindaricumj Leipzig, 1883.

SOlfUAlRB

I. Biographie do Pindare; ses œavres. — II. L'esprit de Pindare : S 1. Ses idées; S 2. Son atUUide envers les personnes. —III. L*art do l'expression chez Pindare : 5 !• I«o talent de l'écrivain; caractère général do son style ; étude particulière des divers éléments do l'expression (dialecte; vocabulaire; phrase); divers emplois (descriptions, discours, récits); { 2. La versiQcation. — IV. L'art de la composition chez Pindare : { l.Dans l'épinicie : théorie et exemples; | 2. Dans les autres genres.— V. Gonclusion sur Pindare.

tt PindarCf disait Quintilien, est le premier de beaucoup

366 CHAPITRE VIL — MNDARE

d^s neof lyriques, » Naoem, lyricorum Pindarûs Umge princeps ^ Il n'a pas été plus que Simonide un novateur à proprement parler : point de genre nouveau ; p<ûnt de révolution rythmique ou musicale ; point de réforme essentielle en ce qui touche le fond des choses. Mais il a porté dans le lyrisme l'imagination la plus hardie, l'accent le plus fler qu'on eût entendu jusque-là ; et, pour traduire au dehors cette inspiration, il a constamment trouvé, en fait do rythmes et de paroles, les formes les plus expressives et l'art le plus savant. Pindare est un de ces artistes puissants et déGnitifs en qui se résument, à la fin d'une longue période de progrès, tout Teffort des générations antérieures et toute la beauté d'un genre littéraire. Par une circonstance heureuse, au lieu d'en être réduit à Téludier, comme ses devanciers, sur des fragments, nous pouvons encore le lire, et plus de quarante poèmes intacts nous conservent l'image fidèle de son génie *.

Pindare était né à Gynoscéphales S village ou bourg

Page 1