‹ Histoire de la littérature grecque (volume 3)Chapitre 279 sur 467 · Cf. Bergk, Poet, lyr, graec, t. I, p · texte numérisé non relu

Cf. Bergk, Poet, lyr, graec, t. I, p

2. Suidas attribue on outre à Pindare dix.-sopt Spaf&aTa xpa^i%à et des Exhoi'tations en prose. Cette dernière indication n*a évidemment aucune valeur. Quant à la précédente, ou bi«'n les ôpàjiaxa rpaf*** sont la môme chose que les dithyrambes (Cf. plus haut p. 339, u. 2), ou bien iU ae sont rien du tout, que l'effet d'une confuidondo Suidas.

On peut dire que ce qui domine chez Pindare, de quelque côté qu'on l'envisage, c'est, dans une fldélité constante aux traditions lyriques et aux convenances do son rôle, la grandeur et l'élévation. Ce caractère est frappant d'abord dans ce qu'on pourrait appeler sa philosophie ; il ne Test pas moins dans son attitude à l'égard des personnes.

§ 1. Les idées de Pindare *.

Vers la fin du vi® siècle et le commencement du v®, deux courants d'idées très différents partageaient la pensée grecque. Le peuple croyait aux dieux d'Homère et d'Hésiode, admirait les victoires agonistiques, était fermement attaché à son culte traditionnel et à ses fêtes locales. Les philosophes, au contraire, parla bouche des Heraclite et des Xénophane, lançaient un éclatant défi à ces deux choses si admirées et si aimées, la religion populaire et le stade. Entre ces deux courants, le choix du poète lyrique no pouvait être douteux. Prophète de la Musc, il n'a pas le droit de;la renier. Il est la voix de ce passé, de ces traditions religieuses et morales que le philosophe désavoue. Il est le ministre obligé de ces fêtes que Xénophane déteste. Il n'a pas le droit d'être philoso-

1. Cf. Bippart» Pindars J^ben, We/tansrhauung und Kunst^ lena, 1848; Buchliolz, Die siltliche Weltanschauung des Pindaros vnd Alsc/jy/o5, Leipzig, 1869 (ouvrage meilleur que le précédent); Bœhme, Quid Pindarns tum de jure humano tum de jure divino senserit, Leipzig, 187^ (dissertât.); CipoUa, Délia religione di Eschilo e di Pindaro, dans la lUvisla di FUologia,y\ (1878). On peut lire aussi l'ouvrage de Villcmain, Essai sur le génie de Pindare, etc., Paris, 4859, où certains côtes de l'esprit pindariquo sont bien saisis, malgré plus d'une erreur grave.

phe, du moins dans ses vers. Par là, tous les poètes lyriques se ressemblent. Même ceux qui personnellement, comme le poète dithyrambique Diagoras de Mélos, sont des athées, font dos vers reh'gieux ^ Qu'on s'appelle Simonide ou Pindare, on est d'abord poète lyrique, et cola seul implique une foule de points communs. — Mais, à côté de cette obligation professionnelle, pour ainsi dire, il reste encore une largo place à la liberté de chaque esprit. L'un peut chercher dans la mythologie des tableaux brillants, l'autre, des leçons morales : l'un, prendre la vie comme un jeu, l'autre, comme une chose grave. Pindare est de ceux qui sont habituellement sérieux. C'est un Dorien, un haut et flor esprit, ami do Tordre et de la règle. Rien d'ascétique chez lui, bien entendu : il est trop poète et trop Grec pour cela : il sait se prêter à la diversité des circonstances; le lion sait sourire^; il aime l'éclat et la douceur des choses comme il en aime la conformité avec la loi. Mais il cherche surtout le noble et le sublime.

Ses dieux portent les mêmes noms que ceux d'Homère et sont les mêmes en apparence ; mais combien ils sont différents en réalité ! combien plus purs, plus parfaits, plus spirituels au sens théologique du mot! L'idée de la perfection divine éclate partout dans ses poèmes. La divinité est toute-puissante :

Dieu seul, dit Pindare, achève toute chose selon son espérance ; Dieu, qui atteint l'aigle à Paile rapide et qui devance le dauphin au fond des mers ; Dieu, qui abaisse Tesprit orgueilleux des mortels et transporte de l'un à l'autre la gloire qui préserve de vieillir 3.

Aucune merveille, venant de la divinité, ne lui paraît difflcile à croire, car il no peut assigner do limite à sa

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