Pyth. IV
Les amis sont utiles en bien des manières; ils le sont surtout dans la peine; mais la joie aussi cherche le regard fidèle d'un ami ^
Puis celte grande loi qui retentit à travers l'antiquité grecque comme le résumé de toute sagesse, et que Pindarc répète (il le dit lui-même) après bien d'autres : My)$&v oyav, « il faut fuir toute extrémité ^ » . Sous plusieurs formes, il y revient et il y insiste.
Est-ce à dire que Pindare ne descende jamais de ces hauteurs? Ce serait une erreur do le prétendre. Les fragments de ses scolies, en particulier, nous le montrent parfois sous un jour un peu différent . Xénophon de Corinthe, vainqueur à Olympie, avait imaginé de faire figurer dans son triomphe de nombreuses hétaïres. Pindare fut chargé de faire d*abord en son honneur un épinîcie (c'est la xiii® Olympique), puis un scolie, dont il nous reste quelques fragments. Dans ce scolie, Pindare chantait précisément les hétaïres de Xénophon, et, quelques vers plus bas, il s'arrêtait pour exprimer sa surprise de ce rôle, si différent de sa gravité accoutumée :
Que vont dire de moi les dieux de l'Isthme, quand j'imagine un tel début à un agréable scolie, associant à mes vers des femmes publiques s ?
Quoi qu'on puisse alléguer à ce sujet, la liberté du scolie avait de quoi surprendre, puisque c'est Pindare lui-même qui se demande ce que Zeus et Poséidon vont penser de lui. D'autres exemples du même genre pourraient encore être cités. C'est que Pindare, encore une fois, n'est pas un ascète. Il vante le plaisir, demandant