Fragm
Hist. de la Litt. grocqoe. — T. II. 25
seulement qu'on en use avec modération K II reste Grec et poète avant tout, prompt à admirer toutes les belles et agréables choses ; mais au premier rang parmi les plus belles, il met la vertu, et son âme se tourne naturellement vers les hauts sommets.
§ 2. Attitude de Pindare envers les personnes.
Avec l'élévation des idées, Pindare a la flerté du caractère et la franchise du langage.
Il a pleinement conscience de son génie, et no s'en cache pas. On ferait une longue liste de tous les passages où il a exprimé sous vingt formes différentes ce que Malherbe a dit en termes magnifiques :
Et trois ou quatre seulement, Au nombre desquels on me range, Savent donner une louange Qui demeure éternellement.
Pour rendre la beauté de ses propres chants, il a une foule d'images brillantes et nouvelles. Il se compare dans une ode à un sculpteur dont les créations, ailées et vivantes, ne seraient ni clouées sur un piédestal ni retenues par la mer blanchissante ou par les montagnes, mais porteraient jusqu'aux extrémités du monde la gloire de la vertu *. Il tient son génie non do l'étude, mais d'Apollon et de la Muse. Ceux qui ne savent que ce qu'ils ont appris 5 grand'pcine font entendre, tout près du sol, des cris assourdissants et un vain babil, commodes corbeaux et des geais; pour lui, pareil h Taigle de Zcus, il franchit