‹ Histoire de la littérature grecque (volume 3)Chapitre 301 sur 467 · Par exemple, Isthm. III · texte numérisé non relu

Par exemple, Isthm. III

vive, brillante, ou sentencieuse et gravej ou interrogative, ou exclamative. Rien dans tout cela de particulièrement notable ^ Mais souvent aussi elle est fort longue, et alors la structure en est curieuse à étudier. Il y a telle de ces phrases qui dépasse l'étendue d'une strophe entière et qui arrive, par une série de liaisons et de conjonctions, à dérouler d'un seul mouvement huit, dix, douze vers lyriques, ou môme davantage. Chez les orateurs, chez Isocrate par exemple, on trouve des périodes qui remplissent près d'une page entière. Mais ces phra- •ses oratoires ont une unité logique rigoureuse : ce sont des périodes dans le sens technique du mot. Les grandes phrases de Pindare n'ont rien de périodique. Ce qui mène son inspiration d'un bout à l'autre de ces longues suites de mots, ce n'est pas la contention d'un esprit appliqué à son raisonnement : c'est un flot toujours renaissant d'images, d'idées, d'émotions qui sortent les unes des autres par de soudaines associations et qui se rattachent entre elles, au point de vue grammatical, par les liaisons les plus simples et les moins logiques. On dirait des souvenirs qui se réveillent l'un l'autre dans la mémoire du poète à mesure que ses chants se déroulent ; un nom prononcé en évoque un autre ; un fait mentionné amène une explication, et ainsi, de proche en proche, la phrase s'étend à l'infini sans que sa structure même oblige jamais à la terminer ici plutôt que là. Ce qui détermine Pindare à finir sa phrase ou à la prolonger, c'est l'élan plus ou moins fort de son imagination, c'est une sorte d'instinct rythmique qui lui fait trouver dans la succession des phrases courtes et des phrases longues le balancement le plus harmonieux; mais, au point de vue logique, on peut dire que presque toujours une longue

1. Sauf peut-ôtro lo caractère épique et archaïque de 8a syntaxe. Cf. Gilderslceve, Sludies on Pindaric sijntax, dans l'Ametican [Journal of Phihlogy, t. III et IV.

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