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Poésie de Pindare, p. H04-31o

2. Pour l'histoire et la critique des systèmes, cf. Poésie de Pindare, p. 315-328. Les idées qui suivent sont celles que j*ai exposées dans mon livre. Principaux systèmes sur la question : Dissen, dans les Ej-cursiis de son édition, 1830 : Bœckh, article sur Dissen, recueilli dans ses Opuscules, t. VII, p. 3G9-404; G. Hormann, Opuscules, t. VI, p. 1-70 ; Welcker, dans le Rheinisches Muséum, 1833 et 1834 ; Olfr. MûUer, préface pour les Opuscules do Dissen, 1842 ; Bauchenstein, Zur Einleitung in Pindavs Siegeslieder, Aarau, 1843 ; Tycho Mommscn. Pindaros, 18^5; L. Schmidt, Pindars Leben, etc.; Mozger, Pindars Sier/cs/ieder, 1830 ; L. Gcrralo, La lecniça composizione délie Odi Pinda-

Toute œuvre d'art, quelle qu'elle soit, renferme une certaine idée fondamentale qu'elle a pour objet d'exprimer et qui en relie toutes les parties par sa propre force. Mais on comprend que cette idée peut varier beaucoup soit quant à sa nature, soit quant à son mode d'action, selon les conditions propres à chaque art; et, par conséquent, Tunité qui en résulte dans chaque circonstance doit être loin de présenter toujours les mêmes caractères. Il y a des idées oratoires, des idées épiques, des idées dramatiques, des idées lyriques; et chaque sorte d'idée engendre une sorte d'unité particulière. Une idée oratoire est une idée capable de donner naissance h une suite de déductions et de raisonnements animés par là passion. Une idée épique ou dramatique consiste essentiellement dans l'invention d'une action qui, avec plus ou moins de rapidité, par des récits ou par des scènes, avec ou sans épisodes, se prépare, se noue et se dénoue. La question est donc de savoir ce que c'est qu'une idée lyrique, quelle mesure de logique, d'abstraction, de rigueur elle comporte, et ce qui la distingue d'une idée oratoire ou simplement poétique.

Rien de plus souple qu'une idée lyrique. Étant discours, le lyrisme est capable d'exprimer des idées abstraites et de les lier logiquement ensemble ; mais, étant une musique, il est capable aussi de se passer de liaison logique et d'abstraction pour s'adresser à l'imagination d'une manière toute sensible. 11 en résulte qu'une idée lyrique tantôt se rapprochera davantage d'un jugement de la raison et tantôt sera plus semblable à une idée musicale. Or, qu'est-ce qu'une idée musicale? C'est une certaine forme mélodique qui est excitée dans l'imagination du musicien par une disposition particulière de son âme. Ou

riche, Gênes, 1888 (bon résumé des théories antérieures et conclusions judicieuses).

n'ira pas y chercher une proposition proprement dite, avec un sujet, un verbe et un attribut. Il en est quelquefois de même de l'idée lyrique. Un certain entrelacement d'images et de pensées, fournies sans doute par les circonstances extérieures, mais colorées par Timagination du poète et qui s'appellent les unes les autres comme les notes d^un chant, peut laisser dans Tâme de l'auditeur ou du lecteur une impression difûcile peut-être à formuler avec précision par les procédés logiques et abstraits de la prose, mais cependant nette et profonde.

Dans la xiv® Olympique, d'une brièveté si gracieuse, ridée lyrique est de ce genre. L'ode est adressée à un enfant, Asopichos d'Orchomène. Le poète effleure rapidement tous les groupes d'idées que les lois de son art lui offraient : louange directe du vainqueur, mention de son père, prière aux divinités d'Orchomène, etc. Au milieu de cette variété, Téloge des Grâces, dans son aimable éclat, domine évidemment. C'est cet éloge qui donne au poème sacouleur générale. Deux nuances s'y ajoutent: l'une, doucement mélancolique, ramène le souvenir des auditeurs vers ceux qui ne sont plus ; l'autre, de nouveau gracieuse et riante, associe ensemble dans les derniers vers de charmantes images d'enfance et de gloire. Toute l'ode est si courte que l'esprit l'embrasse aisément tout entière et ne songe pas à la trouver obscure. On ne saurait pourtant résumer la pensée fondamentale de ce délicieux poème en une maxime abstraite.

II en est de même de la i""^ Pylhique, si pleine de traits admirables, si claire en apparence dans la plupart de ses allusions historiques, et dont l'idée générale, Tunité intime, a provoqué tant de discussions. Cette pensée n'est nulle part et elle est partout ; elle n'est nulle part formulée d'une manière abstraite et ne pouvait guère l'être; mais elle inspire tout le poème. Car elle consiste essentiellement dans ce parallélisme, si profondément senti

et si fortement rendu, entre l'harmonie sensible de la musique et Tharmonie supérieure de la vie morale; ou plutôt, elle est dans la superposition de celle-ci à celle* là, et dans l'intention par laquelle Pindare passe de l'éclat de la fête visible à la beauté invisible de la vertu, déjà grande dans Tâme deHiéron, mais que ce prince doit accroître en lui chaque jour davantage.

D'autres fois, au contraire, cet enchaînement d'images et de pensées est la traduction d'une idée abstraite précise. Par exemple, plusieurs odes de Pindare, sept ou huit environ, aboutissent à cette idée que l'homme doit savoir se modérer. D'autres sont inspirées dans leur ensemble par l'idée que l'homme ignore ses véritables intérêts, ou que l'avenir est incertain, ou que les œuvres humaines sont nécessairement imparfaites, ou que le mal se mêle au bien dans la destinée de tous les mortels. Dans ce cas, l'idée lyrique ressemble, quant au fond des choses, à une idée oratoire ou philosophique. Mais elle en diffère absolument par la manière dont elle s'exprime et dont elle agit sur l'ensemble de l'œuvre d'art. Il n'est pas rare, par exemple, que cette idée centrale du poème, cette idée génératrice d'où tout le reste sort, ne soit nulle part exprimée dans l'ode on termes explicites; ou, si elle l'est, c'est comme par hasard et en passant. Le poète insinue son idée plus qu'il ne l'explique ; il se garde de prêcher et de démontrer. On la sent au fond de son esprit ; elle est comme le pôle invisible vers lequel son inspiration se tourne sans cesse; mais elle ne s'offre pas aux regards avec la clarté que préférerait la prose. Elle ne se traduit môme pas dans tous les détails du poème sans exception. Cette idée domine, cela suffit. Toutes sortes d'idées accessoires, d'images brillantes, peuvent se grouper autour d'elle et lui faire cortège. Il faut seulement que ces idées accessoires ne détruisent pas l'impression générale que le poète a voulu faire prévaloir. Il en est à

cet égard d'une ode de Pindare comme d'une comparaison homérique ou d'une fable de La Fontaine. Otez des comparaisons homériques les « longues queues » odieuses à Perrault : la logique y gagnera, mais non la poésie. Chaque fable de La Fontaine porte en elle-même sa conclusion et sa morale ; mais qui prétendra que le poète songe sans cesse à sa conclusion, que toutes ses paroles y tendent, qu'il ne s'attarde jamais, chemin faisant, à cueillir quelque brin d'herbe ou quelque fleur dont la grâce l'aura charmé ? Une fable méthodiquement construite ne serait plus une fable de La Fontaine : ce serait une fable de Lessing; mais du même coup ce serait de la prose.

La i""® Olympique adressée à Hiéron, la iv® Olympique, adressée à Arcésilas, sont d'admirables exemples de ce développement poétique et libre d une idée abstraite exprimée plus ou moins vaguement dans Tode elle-même, mais qui en est, pour ainsi dire, la moralité nécessaire, et qui se dégage de la diversité des détails comme, dans Le Chêne et le Roseau ou dans Les Animaux malades de lapeste^ la conclusion, exprimée ou non par le fabuliste, sort naturellement du récit.

Voilà donc ce qu'est l'idée lyrique et comment elle agit sur l'ensemble du poème. Peut-on maintenant discerner comment, dans l'unité supérieure de cette idée fondamentale, les différents groupes s'ordonnent et se distribuent?

Un premier fait à considérer, c'est la concordance qui existe dans la poésie de Pindare entre les divisions naturelles de la pensée et les groupes rythmiques appelés strophes et triades. La triade surtout, ce groupe rythmique et mélodique dont l'indépendance est si fortement marquée, est en même temps pour Pindare une véritable unité poétique : par un effet très naturel, le mouvement de la pensée s'est adapté aux cadres du rythme et de la mélodie. Les exceptions à cette loi sont peu importantes. — Il faut seulement ajouter, pour éviter toute oxa-

gératioo, que» même à la limite de deux triades consécutives, la séparation entre les deux groupes poétiques correspondants n'est pas toujours absolument nette et tranchée; il peut arriver qu'une ou plusieurs des phrases qui commencent la seconde triade se rapportent au même groupe d*idées qui est développé dans la première. On sait qûe^ dans la versiGcation antique, le vers et la phrase ne concordent pas toujours dans leur développement : celle-ci enjambe souvent d'un vers sur Tautre. Il se produit aussi, dans la succession des triades, une sorte d'enjambement non plus de la phrase, mais de la pensée, d'où résulte qu'il y a entre deux triades consécutives, au lieu d'une coupure, une véritable soudure poétique. Il n'en est pas moins vrai que, pour comprendre Pindare, il faut tenir le plus grand compte des triades et de la manière dont les idées s'y distribuent : c'est là un système de divisions peu nombreuses, très claires, très simples, nullement arbitraires, qui aide l'esprit à se guider au milieu des difficultés du texte et des détours de la pensée. Elles partagent naturellement une ode de Pindare en quatre ou cinq parties, rarement plus et rarement moins. Quelles pensées le poète met-il dans chacune de ces parties ? Suivant quel dessin se succèdent-elles ? C'est ce que nous avons maintenant à examiner.

Disons d'abord que, parmi les odes de Pindare, il y en a dont le dessin est plus simple, et d'autres au contraire qui sont construites sur un plan plus compliqué. Nous commencerons naturellement par les premières.

Le dessin de ces odes simples peut se ramener à un type ainsi construit : au début, la mention de la victoire remportée et l'indication plus ou moins rapide du sujet de l'ode, c'est-à-dire de l'aspect particulier sous lequel le poète envisage la gloire de son héros ; — ensuite, dans une partie centrale, le développement presque toujoura mythique de ce sujet ; — enfin, dans une dernière partie»,

HUt. de la Litt. grecque. — T. II. 27

do nouveaux éloges du vainqueur, accompagnés souvent de vœux et de conseils. Ce n'est là d'ailleurs qu'une esquisse : on sait que les convenances lyriques imposent souvent au poète l'obligation d'effleurer d'autres idées que nous n'avons pas mentionnées dans les lignes précédentes ; il va de soi que tous ces détails ont leur place ordinaire soit dans la première, soit dans la dernière partie, où Thabileté du poète n'a pas de peine à les grouper autour des idées que nous venons de donner comme essentielles.

Quant au rapport de ces trois parties avec les triades, il est très clair ; chacune d'elles en remplit une ou (plusieurs suivant son importance relative et suivant la longueur totale de l'ode. Habituellement c'est la partie mythi(]ue qui est la plus étendue. Quelquefois, très rarement, il arrive que l'une ou l'autre de ces trois parties (surtout la dernière) se réduit à quelques vers, et se confond presque avec une des deux autres. Mais dans le plus grand nombre des odes le début comprend une triade, la partie centrale deux ou trois, et la conclusion une. La xi* Olympique, à AgésidamosdeLocres *, offre un exemple de ce dessin. Un poème ainsi composé, avec ce retour final du poète vers son point de départ, est comme un cercle fermé de toutes parts. Ce contour net et symétrique donne le sentiment de quelque chose d'achevé. Les idées ainsi disposées tiennent mieux ensemble. Elles forment un faisceau que l'art du poète a noué solidement, et que nulle digression, nul écart d'inspiration ne peut rompre tout à faits.

Le plan que nous venons d'étudier se retrouve, à peu d'exceptions près, dans toutes les odes de Pindare. Il

1. La XI* des éditions récentes» c'est-à-dire la x* des manuscrits,

2. C'est ce que nos Académiciens du xviii« siècle, les Fraguier et les Ghabanon, avaient parfaitement compris et signalé. Cf. Poésie de Pindare^ p. 364.

subit, il est vrai, certaines altérations ; il n'est pas toujours aussi simple que dans la onzième Olympique ; des variations enrichissent parfois le thème élémentaire ; il se complique un peu davantage. Mais toujours il garde ce double caractère distinctif, de commencer et do finir par des éloges (ou, pour employer un terme plus compréhensif, par des actualités) et de réserver une place centrale aux récits mythiques. Deux points fixes, seloa la remarque de Chabanon, demeurent immobiles au début et à la fin de chaque poème, et marquent, comme deux colonnes, les extrémités de la route à parcourir*

Sur les quarante-quatre odes complètes qui nous restent de Pindare S je n*en vois que quatre qui fassent plus ou moins exception à cet égard ; trois d'une manière partielle, une seule plus complètement, mais avec une grâce singulièrement originale. La neuvième Pythique, adressée à Télésicrate de Cyrène, et la première Néméenne, adressée à Chromios d*Etna, finissent par des récits mythiques ; la sixième Isthmique, au contraire ^, adressée à Strepsiade de Thèbes, s'ouvre par une énu* mération mythologique qui est la seule part faite au mythe dans tout le poème. Encore faut-il ajouter que ces exceptions s'expliquent aisément : dans les deux premières de ces odes, les mythes ont un sens en partie allégorique ^ si bien que Pindare, à la fin de son poème, est plus près de son héros qu*on ne serait tenté de le croire à première vue. La symétrie ordinaire n'est donc pas tout à fait détruite. II en est à peu près de même de l'ode à Strepsiade, où les mythes du début ont si peu

: i. En 7 comprenant la y* Olympique, dont l'authenticité, nous l'a* yons vu» est douteuse.

2. C'est la yii« des manuscrits, qui font à tort de la iii« Isthmique deux odes différentes.

3. Welcker Ta nié pour la xx* Pythique, mais sans réussir à con< vaincre personne.

d'ampleur qu'ils ^peuvent passer pour une simple introduction à la mention des victoires du héros. La dixième Némécnno, adressée à TÂrgien Thcaeos, constitue, au contraire, une exception manifeste. Mais il n'en est que plus curieux de remarquer que le dessin de cette ode est néanmoins symétrique, grâce à une double innovation du poète : elle commence, en effet, et finit par des mythes, et les éloges sont au milieu ; c'est exactement le contraire de ce qui arrive habituellement; nous voyons là, pour ainsi dire, la symétrie ordinaire retournée ^

Quant aux complications du dessin primitif, elles sont dans Pindare nombreuses et variées. Il serait fastidieux d'en faire un relevé complet, mais le principe peut en être énoncé très simplement.

Les points extrêmes de l'ode, nous l'avons dit, restent fixes ; mais la route qui mène de l'un à l'autre présente diverses sinuosités; elle a des retours et des enlacements* Il y a déjà quelque chose de ce genre dans le plan des odesles plus simples, puisqueles actualités et les mythes, ces deux éléments nécessaires de toute ode triomphale, s'y divisent en trois groupes, et que deux d'entre eux encadrent, pour ainsi dire, le troisième. C'est le même principe qui préside aux combinaisons plus compliquées : cette sorte d'enlacement s'y répète et s'y multiplie au gré du poète. Que les actualités, par exemple, au lieu de

1. Voici le plan de ce poème : — au début, gloire mythique d*Ar- Ros, patrie de Theaîos (i'« triade): — au milieu, victoires de Theseos (2« triade), et victoires de sa famille, constamment heureuse sous la protection fidèle des Dioscures (3* triade); — à la fin, histoire mythique du dévouement de Castor à son frère Pollux, le récit du danger de Pollux occupant la 4' triade, et celui du dévouement de Castor la 5*. — (L. Schmidt a très bien montré le sens de ce récit mythique : la fidélité de Castor envers Pollux justifie la confiance de Thesos «t des siens en la protection de ces divinités). •» Ainsi, la seule ode de Pindare qui soit construite sur un plan tout à fait différent de ooloi qu*il a ordinai rendent suivi coafirine du. moins la ftécessUé 4*uim disposition symétrique.

G0MP.08ITI0N 4di

former deux groupes, eu forment trois : voila le mythe central qui devra s'ouvrir, en quelque sorlOt pour rcco* voir entre ses deux parties le groupe nouveau. Ou bien encore c'est le premier groupe d'éloges et d'aclualités qui se divisera de la même manière pour laisser place à un mythe secondaire, indépendant de ceux qui constituent le centre et le cœur du poème. 11 serait aisé de citer encore d autres combinaisons ; mais quelques exemples nous donneront une idée plus agréable et plus juste de la variété de ces dessins et de leur relation avec le type étudié plus haut, que ne pourrait le faire une longue liste d'analyses abstraites et de Qgurcs plus ou moins géométriques.

La deuxième Olympique, adressée à Théron, nous montre précisément un bel exemple d'une des deux combinaisons qui viennent d'être indiquées, je veux dire un premier groupe d'éloges ou d'actualités coupé en deux par un mythe secondaire. — «Rois delà phorminx, 8*écrie Pindare, ô mes hymnes, quel dieu, quel héros, quel mortel chanterons-nous? » Le poète chantera Théron, vainqueur à Olympic; Théron, Ois d'une race glorieuse, éprouvée jadis par le malheur, mais qui a relevé sa fortune par l'aide des dieux et par sa vertu (1*^® triade). — Ainsi les filles de Cadmus, si malheureuses d'abord, sont désormais abritées contre l'infortune par rOlympe divin, qui les a reçues après leur vie mortelle. La race de Théron a subi le même sort depuis le jour où Œdipe tua son père (2® Iriadc). — Le poète raconte alors les malheurs de la race d'OEJipc, à laquelle appartient Théron, puis le relèvement des Labdacides par la gloire même de leur descendant, victorieux, riche, vertueux et sage entre tous (3*= triade).

Voilà, en trois triades, un enlacement régulier d'actualités et de récits mythiques tout à fait conforme au dessin des odes les plus simples : on dirait presque ime

423 CHAPITRE VII. — PINDARK

ode entièro, si les derniers mots du poète, en annonçant un développement nouveau, ne nous avertissaient que ces trois premières triades ne sont que l'extension du début proprement dit, c'est-à-dire de ce groupe d*éloges qui» dans d*autres poèmes moins vastes ou moins compliqués, se réduit à une seule triade.

En effet, Pindare ne se borne pas à nous dire que Théron est sage en général : il vante sa croyance à la vie future ; de là un nouveau mythe, la description de la vie future, qui remplit encore une triade, et qui rend nécessaire^ pour terminer Tode, un dernier retour aux circonstances actuelles de la fête : c'est l'objet de la cinquième et dernière triade ^

g 2. Composition dams les autres genres lyriques.

Ce que nous venons de dire des odes triomphales peut certainement s'appliquer, avec quelques modiGcations faciles à deviner, aux autres poèmes de Pindare, aujourd'hui perdus.

En ce qui concerne, par exemple, les sources d'invention, il est clair qu'un encomiorij quelle qu'en fût l'occasion, devait ressembler à un épinicie. Dans les chants destinés à des fêtes religieuses, hymnes, péans, hyporchèmes, dithyrambes, c'était naturellement la légende du dieu qui formait le centre du poème. Mais ces chants euxmêmes étaient encore à certains égards des œuvres do circonstance : il s'agissait de faire honneur non seulement au dieu qu'on fêtait, mais encore à la ville qui lui rendait hommage. Les traits particuliers de la fête, les événements contemporains, les succès ou les revers de la cité, mille faits et mille idées accessoires devaient enrichir et modifier le thème primitif. Un fragment d*uD

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