Pausanias, X
phile; elle était Glle de Zeus et d'une fille de Poséidon. Une seconde sibylle, portant le rnème nom, avait vécu encore avant la guerre de Troie : on colportait des oracles sibyllins qui annonçaient diverses péripéties de cette guerre; on plaçait sa naissance sur le mont Ida; elle était fille d*une nymphe idéenne et d*un mortel; c'est la sibylle qu on appelle ordinairement « sibylle Erythrée », à cause de la couleur rouge de la terre aux environs de Marpcsse^ où elle vivait et où elle mourut ^ Mais on la faisait aussi voyager. Elle allait à Claros, à Colophon, à Délos, à Delphes. Les oracles sibyllins venant à se répandre avec l'extension graduelle des colonies grecques, on multiplia le nombre des sibylles. Il y eut une sibylle Libyenne; il y en eut une en Italie, à Gumes, celle-ci d'abord confondue avec la sibylle de l'Ida (qu'on croyait seulement ensevelie h Cumes), plus tard distincte, à mesure que de nouveaux oracles lui furent attribués. Il y en eut beaucoup d'autres encore *.
On voit que nous sommes là en pleine légende. Il est remarquable que ni Homère ni Hésiode ne parlent des sibylles : c'est probablement donc à une date plus récente que le type môme de la sibylle fut conçu et arrêté. Il y a d'ailleurs une distinction à faire entre les oracles attribués aux sibylles. Aristophane ' et Platon * y font allusion : il est donc certain que beaucoup d'oracles de ce genre circulaient alors déjà dans le monde grec. Peutêtre même en avait-on fait quelque recueil \ Mais ceux-
1. naTp\; Se |ioî â(TTiv âpuôpT) — MapnYjaaoc, disait un oracle sibyllin cité par Pausanias (ibld.).