‹ Histoire de la littérature grecque (volume 3)Chapitre 324 sur 467 · Cf. Surtout Hérodote, VIII · texte numérisé non relu

Cf. Surtout Hérodote, VIII

Aia AixT) (fffifjfjti K6pov, "Vêpto; vl6v, Ssivbv pLai(«>caovTa, etc.

GHRESMOLOGUES 439

renvironnent) et véritable chresmologue au sens le plus précis (lu mot K La tradition le faisait naître & Gnossos, en Crète. Quelques-uns lui donnaient pour mère une nymphe. Les nymphes, d'ailleurs, le nourrirent toute sa vie d'une substance merveilleuse qu'il tenait enfermée dans le pied d'un bœuf. Il dormit de longues années dans une grotte, puis se mit à prophétiser. Sa vie dura, selon les uns, cent cinquante-sept ans; selon les autres, deux cent quatre-vingt-dix-huit ans. Il en est d'Épiménide comme de Pythagore : il a été presque aussitôt transformé par la crédulité populaire en une sorte de dieu ou de héros. Quoi qu'il en soit, il y a dans sa vie un fait dont on ne peut douter, et qui le rattache à la réalité histo- , rique : c'est sa venue à Athènes au temps de Selon; il y fut appelé, dit-on, sur la recommandation de l'oracle de Delphes, pour puriGer la ville, inquiète du meurtre de Gylon. Épiménide a donc vécu dans la première moitié du VI® siècle *. — On lui attribuait une foule d'ouvrages, évidemment apocryphes pour la plupart : une Théogonie en vers hexamètres, une épopée sur les Argonautes, une autre sur Minos et Rhadamanthe. On lui prêtait jusqu'à des ouvrages en prose, et notamment un Traite sur la consiiiution de la Crète ! Avec cela (ce qui nous ramène

i. Sur Épiménide» cf. la biof^raphio de Diogône Laërce, I, 109 et Buiv., et la notice de Suidas, v. 'E?ci|iev{$T];.

2. C'est ce qui est absolument confirmé par ce fait qu'au temps de Xénophane, qui ne peut avoir écrit plus tard que la seconde moitié du VI" siècle, Épiménide était déjà mort et déjà légendaire (Diogène Laërce, I, 111). (Cependant Platon {Lois, p. 6iâ, D) dit qu*Épimonide vint à Athènes dix ans avant les guerres modiques. Cette affirmation est difficile à expliquer. Quelques-uns imaginent un second Épiménide : c'est là un remède désespéré. D'autres supposent qu'il s'agit là d'un vieil oracle d'Épimcnide remis en lumière au temps des guerres médiques : mais le texte do Platon dit tout autre chose. Le plus simple est peut-être de supposer que Platon, au moment où il écrivait ce passage des Lois, a confondu le nom d'Épiménide avec quelque autre.

du moins au thaumaturge), un Traité sur les sacrifices. Quelques-uns de ces ouvrages étaient probablement fort récents, et postérieurs même à Platon. La Théogonie peut avoir été authentique; Épiménide y racontait lorigine des choses en faisant sortir le monde d'un œuf, engendré lui-même par divers éléments dont les plus anciens étaient l'air et la nuit, puis le Tartare \ Il est difOcile d'apprécier soit la valeur exacte, soit la source vraie de ces conceptions. Ce qui est sûr, c'est qu'on avait sous le nom d*Épiménide, dès le vi® siècle, un recueil d'oracles (XpYi<T(iLo{) et un recueil de chants purificatoires (KaOapjto?), car c'est seulement à cette condition qu'on peut s'exph'quer la for- *mation des légendes relatives à sa personne. Ce qui nous reste de tout cela est fort peu de chose et ne mérite guère une étude littéraire*. Notons seulement, d'après Aristote', que les « oracles » d'Épiménide s'appliquaient moins à l'avenir qu'à la découverte, dans le passé, de certaines fautes restées inconnues, et en particulier sans doute de certaines fautes qu'il était nécessaire d'expier pour en effacer les conséquences. Ces « oracles » étaient donc en relation étroite avec les « purifications » qu'ordonnait le prophète et avec les chants destinés à ces cérémonies expiatoires. Notons aussi l'apparition de ce genre nouveau, les KaOap[toî, qui répond à toute une transformation des idées morales et religieuses, et qui nous achemine à la seconde partie de notre sujet, l'étude des mystères.

Les mystères sont, d'après l'étymologie, des cultes du

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