LA PROSE
I. Philosophie. Les fragments des philosophes grecs antérieurs à Socrate se trouvent rassemblés dans Mullach , Fragmenta philosophorum graecoruniy t. I (Paris, 3 vol., 1880*1881, Didot).
On les trouvera aussi dans l'ouvrage de Ritter et Preller {Uistoria philoaophiœ grxcœ ; testimonia auctorum conlegerunt notisque instruxerunt R. et Pr.)> dont la ?• édition a paru récemment.
Tous les fragments des premiers philosophes, de Thaïes à Empédocle, ont été traduits en français par M. P. Tanuery dans son livre intitulé : Pour l'histoire de la science hellène (Paris, 1887).
Éditions particulières : Ueraoliti Ephesii reliquias recensuit I. Bywater, Oxford, 1877 ; — H. Stein, Die Fragmente des Parmenides izspi ©utîwç, djins les Symbola Philologica Bonnensia in hon, P, Ritschelii collecta, p. 763 et suiv., 1867; — Empedoclis fragmenta disposuit, recensuit, adnotavit H. Stein, Bonn, 1852.
Les fragments de Parménide, traduits en français dans le livre de M. P. Tannery. Pavaient été déjà dans celui de Francis Riaux, Essai sur Parménide d'Elée, suivi du texte et de la traduction des fragments, Paris, 18H.
II. HisToiRK. Les fragments des historiens grecs ont été recueillis par G. MûUer, dans la Bibliothèque grecque-latine de Didot [Fragmenta historicorum grœcorum, 5 vol., Paris, 18i1- 1870). (le qui reste de> logographes est contenu dans les deux
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premiers volumes (surtout dans le premier), mais il faut les compléter par les Addenda du t. IV.
Pas d'éditions particulières à signaler pour la période étudiée dans le présent chapitre.
SOMMAIKE
I. Inlroduclion. L*esprit philosophique et l'esprit historique ; origines lointaines ; développement au vi« siècle ; les Sept Sages ; Ésope ; la prose ; observations générales sur Tart d'écrire dans la littérature philosophique et historique de cette première période. — II. La liUérature philosophique, g l.Goup d'oeil d*ensemble : — Obscurités relatives aux systèmes et à la chronologie ; rapport de ces questions avec l'histoire littéraire. Caractère général de la philosophie grecque primitive ; esquisse de ses progrès ; tableau des écoles ; apport des races ; enchaînement des doctrines. DifTérentes formes d'expression : tradition orale des Pythagoriciens (les vers dorés) ; prose ionienne; poésie, puis prose éléate; poésie sicilienne. S 2. Études particulières: — Les premiers Ioniens : Thalés,Â.naximnndre, Anaximène. Les Nombres de Pythagore. L'Être et le Devenir : Xénophane^ Heraclite, Parménide ; les derniers Ëléates. Les systèmes de conciliation : Ânaxagore, Empédocle, Diogène d'Apollonie. Conclusion sur cette période. — III. La littérature historique. Historiens ou logographes : caractères généraux de leur conception historique et de leur art. Les premiers logographes; Hécatée; les derniers logographes.
Pendant de longs siècles, la Grèce n'a eu de littérature que sous la forme poétique; c'est seulement au vi® siècle qu'apparaissent les premiers ouvrages écrits en prose. D*où vient cette apparition si tardive d'une forme d'expression qui semble si naturelle? Il ne faut pas, comme
ORIGINES DE hk PROSE 4GI
on l'a quelquefois essayé, chercher la raison de ce fait dans des circonstances purement extérieures, telles que rinvention récente de Técriture ou la rareté du papyrus. D abord, en fait, l'écriture était pour les Grecs, au début du VI® siècle, une très vieille acquisition. Quand on voit, précisément à cette date, des Grecs de condition médiocre, des aventuriers au service de Psammétique II, graver leurs noms et quelques phrases sur les jambes de deux colosses d'Abou-Simbel, en Nubie S on est forcé d*en conclure que Tusage de récriture devait être alors singulièrement répandu dans le monde hellénique. L'étude même de Talphabet grec, la distance qui, dès lo temps des plus anciennes inscriptions, le sépare déjà do Talphabet phénicien dont il est sorti ^, lo désaccord qui existe dans certains cas entre la manière de noter un même son (et) selon qu'il est primitif ou au contraire de date plus récente (quoique fort lointaine encore) ^ tout prouve que Tintroduction de l'écriture en Grèce remonte sinon au fabuleux Cadmus, comme le disait Hérodote, du moins à une période extrêmement ancienne des relations entre la Phénicie et la Grèce ^. Tous les poètes élégiaques, tous les poètes lyriques ont su écrire : leurs œuvres ne pouvaient se conserver que par récriture. Il est probable que les poèmes hésiodiques furent écrits dès Torigine ; ce qui ne veut pas dire d'ailleurs qu'ils fussent destinés à un public de lecteurs : on les récitait sans aucun doute, mais l'aède ou le rapsode put de très bonne heure s'aider du secours de récriture. Quant à la diificulté de se procurer du papyrus avant le règne d'Amasis,