Métaphys., XII, 6; p. 1080, B, 20, Bekker
Malgré les bizarreries du Pythagorîsme, il n'est que juste de rendre hommage h la puissante conception qui rinspiro et à la beauté morale qui s'y manifeste. JVous n'avons pas à parler ici des disciples de Pythagorc qui, au siècle suivant, reprirent et rédigèrent sa doctrine en y ajoutant. Mais il était indispensable de rappeler ce que fut Pythagore pour comprendre ensuite et Xénophanc et rÉléatisme ; car il n'est pas douteux que Xénophane ne lui doive beaucoup, à la fois pour le sentiment religieux et pour la conception philosophique fondamentale.
Xénophane*, fils d'Orthomène ^, était deColophon. Suivant ApoUodore, il naquit dans la 40® Olympiade ' (G20- 617); suivant d'autres, dans la 50® seulement^. Ni lune ni l'autre de ces dates n'est certainement tout à fait exacte. On sait que Xénophane vécut fort âgé ; car, d'après son propre témoignage, il faisait encore des vers à quatre-vingt-douze ans \ Il ne peut être mort ni beaucoup plus tôt que la fin du vi® siècle, — car il parle quelque part de Pythagore comme d'un personnage déjà presque légendaire S — ni beaucoup plus tard, — car Heraclite à son tour parle de Xénophane comme d'un prédécesseur déjà disparu'. Si Ton admet qu'il ait vécu un siècle environ, il en résulte qu'il naquit aux environs de l'an 000; la date d'Apollodore est probablement un peu trop recu-
1. Cf. Diogène Laorce, IX, 18-20. — Sur Xénophane, cf. Cousin, Nouveaux fragments philosophiques, p. 9-95.