‹ Histoire de la littérature grecque (volume 3)Chapitre 378 sur 467 · Diogène Laërco, IX, 8 : 'Peîv Ta ci/a TiotaiioO ô;xr,v · texte numérisé non relu

Diogène Laërco, IX, 8 : 'Peîv Ta ci/a TiotaiioO ô;xr,v

HERACLITE 507

on voie de transformation *. Tantôt le feu, s*éteignant, devient terre et eau; tantôt Teau, à son tour, se sèche, devient terre, puis retourne à Tétat do feu ^. Du haut en bas et du bas on haut, la route des transformations est unique ^ Vainement les hommes voient partout des oppositions et des différences : les contraires sont identiques ; la vie et la mort, le sommeil et la veille» le jour et la nuit, l'hiver et l'été, la guerre et la paix sont môme chose au fond ^. Les oppositions apparentes se ramènent en somme à une harmonie, comme, dans un arc ou une lyre, la contrariété des deux branches ou des deux montants ^

La nouveauté de ces idées était grande. L'unité fondamentale de la matière, assurément, était déjà impliquée dans les doctrines des premiers Ioniens ; mais qui no voit combien la différence est profonde entre une doctrine implicite et une idée aussi nettement afGrméo que Test celle-ci dans Heraclite? Sans Xénophane, il est probable que le philosophe d'Ephèse n'eût pas conçu l'unité do l'Être avec cette rigueur. Ce qui peut étonner, c'est que, proclamant avec tant de force l'unité changeante de la substance éternelle, il paraisse en même temps considérer la forme du feu comme primitive et fondamentale entre toutes, alors qu'en réalité, selon son système, toutes les formes do la matière devraient, semblet-il, être également transitoires et secondaires. Il n'y a pourtant pas lieu d'être trop surpris do cette légère, mais très certaine inconséquence ; il ne faut pas non plus chercher à la pallier, ou la rejeter sur notre connaissance insuffisante de rensemblo du système. Heraclite obéit,

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