Suidas, y. *UpaxXsiTOc
3. Aristote, Rhél,, III. 5, p. 1407, B, 14-15. Cf. Dômôtrius, Étoc..
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même du style, des semences fécondes. Il a aussi peu que possible le talent dialectique, c'est-à-dire le talent de décomposer les idées, et de les démontrer en les démontant, pour ainsi dire; il ne sait encore qu'affirmer, proclamer comme un oracle ce qu'il croit vrai. Mais il affirme avec éclat, avec force, avec précision. Il ne se borne pas à exposer sa pensée ainsi qu'une chose indifférente qui se défendra elle-même comme elle pourra : il lui donne un relief extraordinaire ; il souligne par des antithèses la contradiction fondamentale apparente ; il accentue la difGcullé qui fait scandale ; il ramasse l'idée dans une formule dense qui lui donne plus de force et de portée. Il a l'imagination d'un poète; il a la passion d^un orateur; passion qui brùlc sans s'épancher ; imagination qui brille sans s'épanouir. Tout cela est bref, dur, un peu trop éblouissant. Ce qui manque, c'est ce que l'art pourra donner, l'habileté à ménager ses richesses et le talent de les faire valoir. Mais quelques-unes des qualités d'une grande prose sont déjà là : jamais écrivain ne fut plus riche de ces mots qui se gravent, qui pénètrent et qu'on n'oublie plus.
Tandis qu'Heraclite développait la théorie du changement universel et essentiel, Parménidc d'Élée en prenait exactement le contre-pied. Celui-ci est le successeur légitime de Xénophane ; il dépasse son mattre, mais en restant fidèle à l'idée fondamentile du système.
La date de la naissance de Parménide est mal connue. D'après Diogène Laërce \ il serait né vers 540. D'autre part, Platon raconte à plusieurs reprises ^ que Socrate, dans sa jeunesse (ccpoSpa vfo;), put encore le voir et l'entendre causer dans un voyage qu'il fit à Athènes à l'âge
i. Diogène Laërce, IX, 23.
2. Parménide, p. 127, A; Théétète, p. 183, E; Sophiste, p. 217, E.
Ilist. do la Litt. grecque. — T. II. 33
de soixante«cinq ans. Comme Socrate était né en 4G9, le voyage dont parle Platon ne peut guère se placer que vers 450. Parménide serait donc né vers 515. Bien que Platon soit en général un guide peu sûr en ces matières de chronologie, il n*y a peut-être pas de raison décisive de rejeter ici son témoignage; car la date de Diogène (fondée sur la détermination de ràxjAT)) n^est visiblement qu'une approximation conjecturale, et Platon d'ailleurs a plusieurs fois rappelé le fait de cette rencontre entre Parménide et Socrate. S*il en est ainsi, Parménide ne put connaître Xénophane que pendant peu d'années, même en admettant que Xénophane fût né vers 580. La tradition, cependant, le mettait en relations personnelles avec celuici et faisait do lui son disciple ^ ; mais on sait que les traditions de ce genre sont toujours assez fragiles. On disait aussi qu'il avait ou pour amis et pour maîtres deux Pythagoriciens, Aminias et Diochœtès, dont l'influence sur son esprit passait pour considérable ^. — Il était d'une famille riche et illustre, et l'on raconte qu'il donna des lois aux Éléates ^ Avec le voyage à Athènes (si le récit de Platon est exact), c'est à peu près tout ce qu'on sait de la biographie de Parménide. On ignore à quelle date il mourut.
Xénophane, en proclamant l'existence du Tout unique, immuable, immobile, avait admis les manifestations particulières et changeantes de l'éternelle substance ; il n'ôtait pas à celles-ci toute réalité ; il no les retranchait pas absolument du domaine de la connaissance; il paraît seulement avoir cru qu'il était plus facile d'arriver à savoir la vérité sur TÊtre unique et parfait que sur la mobilité des phénomènes. Le système de Parménide est une éla-
!. Arislote, Métaph, I, 5, p. 986, B, 22. Cf. Diogène Laérce, IX, 21. Aristoto dit seulement : toutou li^trai jiaOïiTTic.