‹ Histoire de la littérature grecque (volume 3)Chapitre 39 sur 467 · Id. ibid., c · texte numérisé non relu

Id. ibid., c

UUt. da U Liti. grecque. ~ T. II. 5

se (it-il sentir à Lesbos et, par Losbos, au reste de la Grèce? c'est ce que nous avons maintenant à chercher.

Lesbos devait avoir, dès le début du viu* siècle, une longue tradition de chants populaires et une culture musicale et littéraire relativement avancée : c'est ce que prouverait, à défaut de la légende d'Orphée, la fécondité lyrique de la grande île éolienne pendant la un du viu^ siècle et tout le vu*; il y avait là des germes qui ne demandaient qu*à éclore. C'est l'Asie qui en provoqua Téclosion. Toute voisine de la côte orientale de la mer Egée, Lusbos devait être, après l'Ionie asiatique, la première partie du monde grec à recevoir les enseignements de la Phrygie et de la Lydie. Elle apprit en effet beau* coup de ces Orientaux, mais sans aliéner son indépendance. Elle resta bien plus strictement grecque que l'Ionie ; elle n'éprouva aucune tentation de barbariser. Les Ëoliens de Lesbos, comme ceux de la côte d'Asie, étaient un peuple rustique, simple, très fier et très passionné, fort différent des Ioniens déjà un peu cosmopolites et dont la souplesse intellectuelle était merveilleusement hospitalière aux nouveautés. Les Lesbiens n'admirent en fait de nouveautés que ce qui cadrait avec leurs habitudes et avec leurs goûts. Ils ne semblent pas avoir jamais fait grand accueil à la ilùte : le témoignage du marbre de Paros, qui fait de Terpaudre un flûtiste en même temps qu'un citharède, est tout à fait isolé et suspect ^ Mais ils adoptèrent la pectis^ qui finit par devenir comme leur instrument national; ils perfectionnèrent la cithare; ils

1. Marbre de Paros, 49. SitU suppose que Terpandre a pu associer parfois la flûte à la cithare, comme firent les grands poètes du lyrisme choral.

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mirent en uisage et en circulation de nouveaux modes musicaux; ils apprirent à tirer des anciens modes des effets plus puissants ; bref, ils enrichirent la musique nationale sans lui faire perdre ses traits essentiels. Le nom qui personniGa cette révolution fut celui de Terpandre. Nul doute que la légende n*ait encore ici sa place et que le Terpandre de la tradition ne soit en partie imagi* naire. Il l'est cependant beaucoup moins qu'Olympos. Tandis que la figure d*01ympos est comme noyée dans le mythe, celle de Terpandre laisse voir au moins quelques traits assez nets et assez distincts. Cela tient sans doute à ce qu'on n'avait conservé sous le nom d'Olympos que des airs, chose de soi vague, flottante et anonyme, tandis que Terpandre avait chanté des vers auxquels s'attachèrent des souvenirs plus précis. L'incertitude et l'obscurité tiennent pourtant, bien entendu, la plus large place dans sa biographie.

Il était né dans l'ile de Lesbos \ probablement à Antissa '. La chronique de Paros appelle son père Derdennis ^. Sur la date de sa naissance, on n'a que des indications approximatives. Les Spartiates racontaient qu'il avait remporté le prix dans le premier concours des fêtes Garnéennes, en 676. Hellanicos, qui rapporte cette tradition, paraît avoir dit aussi que Terpandre avait vécu, comme Olympos, sous Midas II (738-695)*. Cette seconde

1. Aristote, fragm. 502, Bekker-Rose (ap. Ëustathe, ad IL IX, 129}.

2. Cf. Suidas, vv. Merà AéaSiov ù)86v et TépuavSpoc. D'autres (cf. Suidas) le faisaient naître soit à Méthymne (autre ville do Lesbos), soit même à Arné, en Béotie, ou à Kymé, en Asie Mineure. Ce sont là des fantaisies qui doivent s'expliquer sans doute par le besoin de trouver la raison de certaines particularités de son œuvre, comme la composition du Bokotiov (isXoc ou l'emploi du style homérique.

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