‹ Histoire de la littérature grecque (volume 3)Chapitre 427 sur 467 · PoéL» c · texte numérisé non relu

PoéL» c

aussi \(^s Migrations ioniennes. Panyasis est bien le contemporain des logographes. Il y eut là, sans doute, une sorte de choc en retour : l'épopée, après avoir produit Thisloire, reprenait à son tour une nouvelle vie (un peu artiGcielle) sous l'influence de la littérature historique. Panyasis est appelé aussi, par Suidas, tératoscope : étaitil investi de quelque sacerdoce héréditaire, ou faut-il voir là le souvenir obscur de quelque poème sur les prodiges (îTgpl TspaTwv), attribué plus ou moins justement à Panyasis? En tout cas, le goût des prodiges s'accorde bien avec le métier de poète épique. Il n'est pas sans intérêt de noter ces traits de la famille d'Hérodote : ce qu'on en sait ou ce qu'on en devine esten harmonie avec la physionomie de Thistoricn. Il grandit dans la curiosité des antiques histoires, dans la lecture des poètes et le respect de la religion. Il dut lire de bonne heure les vieilles épopées et les logographes. On s'explique qu'il aime à citer les poètes, Homère, Hésiode, Archiloque, Solon, Sappho, Aicée, Anacréon, Simonide de Céos, Pindare, Phrynichos, Eschyle, etc., sans compter les chresmologués et les mystiques, Olen, Musée, Bakis, etc. Il fut initié à plusieurs cultes mystiques ^ Les dieux populaires lui inspirent d'ailleurs un grand respect. Comme Pindare et Eschyle, il prête à la religion traditionnelle Télévation de sa propre pensée; en môme temps, il fait volontiers honneur à la doctrine des mystères de ce qu'il sont en lui-même de plus haut et de plus pur.

Ses relations de famille l'engagèrent aussi dans les luttes politiques. Halicarnasse était gouvernée par une dynastie d'origine non hellénique, peut-être cimmérienne -.

i. A Samotliraco, et peut-être à Sais, en Egypte ; cf. II, 51 et 171.

2. Telle est du moins l'opinion habilement soutenue par M. Th. Reinach dans son article prt^côdemment cité sur l'Inscription de Lygd amis m

BIOGRAPUIE 565

La célèbre Artémise appartenait à celte race * : veuve ou fille de Lygdamis P% elle exerça la régence au nom do son (ils Pisindélis, qui régna peu et fut h son tour remplacé par Lygdamis II. Ces princes étaient inféodés à la Perse, comme on le voit par la conduite d'Arlémiso au temps des guerres médiques. Leur autorité fut d'ailleurs pendant longtemps assez facilement acceptée par Halicarnasse, car Hérodote, qui fut Tennemi du dernier d'entre eux, n'a que des éloges pour Artémise. Les choses changèrent sous Lygdamis II. Unpartinationalse forma. Panyasis en faisait partie, ainsi qu'Hérodote. Il y eut des discordes et des luttes, accompagnées de succès divers. Panyasis périt dans une de ces tentatives de révolution; Hérodote dut se retirer à Samos. Puis la fortune revint à son parti; il rentra dans Halicarnasse. L'inscription dont nous avons parlé plus haut semble se rapporter à ces faits : un accord survint qui détermina les droits respectifs des deux partis (vers 435); Lygdamis paraît avoir exercé de nouveau le pouvoir, mais d'une manière partielle, et pour quelques mois seulement; car, dès l'année 434, Halicarnasse commence à figurer sur la liste des alliés d'Athènes ^ Hérodote ne resta pas longtemps dans sa patrie : de nouvelles difficultés, dont on ignore la nature exacte, l'en firent sortir presque aussitôt ^

C'est peut-ôtre alors qu'il se mit à faire ses graiids voyages en Asie, en Afrique et en Europe. On les place quelquefois plus tôt, dans la première partie de -sa vie. Mais, comme il est certain qu'il n'alla en Egypte que

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