‹ Histoire de la littérature grecque (volume 3)Chapitre 437 sur 467 · lî · texte numérisé non relu

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5. Thucydide, I, 20, 3 : Outwc àtaXacTrwpo; toîç tcoàXoT; ^ ^'^i^iç ttjç diXr|Oc(a; %i\ iii\ xa. iToî|ia |iâXXov Tpéicovtai.

pour la géographie : Hérodote transporte cette nouveauté dans l'histoire proprement dite. On sait le nnot dédaigneux do Thucydide pour ses devanciers, plus occupés, disaitil, d'amuser que d^instruire^ Ce mot, dans sa pensée, s'appliquait-il aussi à Hérodote, ou seulement à la majorité des logographes? Il est bien possible que le « père de rhistoire » n'ait pas trouvé grâce aux yeux du grand historien altique : de l'un à Tautre, en effet, l'intervalle reste grand, et Thucydide devait être disposé à l'exagérer plutôt qu'à l'amoindrir. Mais en théorie, du moins, et d'une manière générale, on peut dire qu'Hérodote est d'accord avec Thucydide sur le premier devoir de l'historien, celui de chercher le vrai avec une palience opiniâtre.

Comme lui encore, Hérodote reconnaît que celte recherche doit être circonspecte. Il ne veut pas qu'on prenne de toutes mains et au hasard, sans examen (aTcepioceinru);*). Il proclame donc la nécessité de la critique.

Mais, en matière scientiGque, des principes aussi généraux que ceux-là sont peu de chose par eux-mêmes s'ils n'aboutissent à des règles précises et si ces règles ne sont pas bien appliquées. Il faut voir quelle méthode proprement dite Hérodote a tirée de ses principes, et comment il l'a mise en. pratique. — En outre, une question préjudicielle est désormais soulevée : c'est celle de savoir non plus seulement si Hérodote sait observer, s'informer, critiquer des documents, mais s'il le veiU faire, s'il est, oui ou non, un honnête homme; s'il a vu ce qu'il dit avoir vu, s'il a entendu ce qu'il dit avoir

i. Thucydide, I, 21, i.

2. Hérodote, II, 45. C'est presque le mol môme employé par Thucydide (àgaaaviffTti);, I, 20, 4). — N'oublions pas qu'à cet égard aussi Hérodote devait certainement quelque chose à Hécatée. Cf. plus haut, ch. IX, p. 543.

eateodu ; s'il cherche à dire vrai ou simplement à éblouir. En un mot, avant la question de crédibilité scientifique, il y a une question de crédibilité morale qui a été récemment posée et qu*on ne peut passer sous silence.

§ 2. Véracité d'Hérodote.

On sait que déjà dans Tantiquité la véracité d'Hérodote avait été mise en question. Ctésias l'accusait de mensonge et prenait plaisir à le contredire ^ ; Plutarque Tattaqua avec ardeur ^ Lucien avec esprit ^ Mais la réputation de Ctésias lui-même est médiocre ; Lucien est un rieur dont les moqueries ne tirent pas à conséquence, et quant à Plutarque, sa passion est si évidente et sa critique est souvent si frivole que les modernes en général ne tenaient plus grand compte de son opinion. Je ne parle pas du jugement de Thucydide, cité plus haut : il s'explique assez (à supposer qu'il vise Hérodote) par la différence des points de vuo^ et l'on ne saurait le prendre tout à fait au pied de la lettre.

Bref, tout le monde se laissait gagner sans scrupule au charme de la naïveté d'Hérodote, et l'on répétait volontiers, avec M. Gurtius, que son œuvre porte « le caractère indéniable d'une pleine véracité S » lorsque les travaux d'un orientaliste bien connu, M. Sayce, ont réveillé la discussion ^ La thèse nouvelle, soutenue par un voyageur

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