Chap. IX, p
seignemont. Quelle philosophie, quel enseignement Hérodote en dégage-t-il? Nous le verrons tout à Theure. Notons seulement ici la conception générale toute nouvelle et le progrès vers une entente scientiGque des choses.
Voilà donc, en ce qui concerne la matière même de Thistoire, des nouveautés considérables. L'âme aussi^ comme la matière, en est très différente de ce qu'elle avait été jusque-là.
D'abord, Tosprit de recherche et de critique commence à se montrer. Dès la première ligne, Hérodote avertit le lecteur do ce changement. « Ceci, dit-il, est Texposé des recherches failcs par Hérodote d'Halicarnasse », ioroptij; àwoSg^i; r,^a. Le mot laTopt-îf), dont le sens est chez lui très précis, implique et signale une révolution littéraire ^ Les prédécesseurs d'Hérodote s'appelaient des logographesy c'est-à-dire simplement dos «faiseurs de récits en prose* » : Hérodote et ses successeurs seront des hisiorietis, c'està-dire des savants qui cherchent le vrai. Les premiers mettent par écrit, en langage courant, les vieilles traditions; les autres font une enquête et vérifient. Hérodote a soin de nous dire à plusieurs reprises comment il entend son rôle de chercheur; il le prend très au sérieux, n dit avoir fait un long voyage pour contrôler un fait'. Il va d'un sanctuaire à un autre pour s'assurer que les informations dérivées des deux sources sont concordantes *. C'est bien déjà cette recherche « laborieuse » que Thucydide exige et qu'il trouve Irop rare\ Hécalée avait fait quelque chose de semblable pour l'histoire mythique et
1. Pour le sens des mots l<jTopir,, IdTopeîv, cf. II, 99; IV, 192 (fin); etc.
i. Cf., plus haut, ch. IX, p. 535.