‹ Histoire de la littérature grecque (volume 3)Chapitre 446 sur 467 · Voir par exemple, IT, 143 (le mot 7cipw|jLi · texte numérisé non relu

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des indications si suspectes. Il les prend telles qu*on les lui donne, et ne les contrôle que dans le détail, sur tel point particulier qui choque ses idées à lui, mais non dans leur principe et de haut.

Il ne sait pas non plus que de très vieilles histoires sont d'autant moins vraisemblables qu'elles sont plus circonstanciées. C'est Ephore le premier qui a proclamé cette grande loi de la science historique. Thucydide l'avait probablement entrevue; Hérodote ne s'en doute pas. Quand des « savants » (Xoyioi), c'est-à-dire des hommes à la mémoire riche en traditions, lui racontent Torigine d'une ville ou d'un temple, il n'est pas surpris ni inquiet de la précision apparente des détails qu'on lui donne. Nul instinct ne Taverlit que l'imagination populaire a passé par là. Sa critique peut porter sur un fait particulier, non sur la couleur légendaire partout répandue. Cette couleur même lui échappe : elle se confond pour lui avec la vive lumière de la réalité.

Sa philosophie enfin, c cst-à-dire la manière de concevoir l'ensemble des choses, est celle d'un croyant formé par les poètes et par les mystères. Au temps d'Hérodote, l'unité de la pensée grecque était rompue : d'un côté les philosophes, les savants, jetaient l'anathème aux dieux homériques ; de l'autre la foule continuait à marcher dans la voie que les vieux poètes avaient frayée : Homère et Hésiode, dit Hérodote, ont établi en Grèce la science des dieux *; la multitude était toujours, au v® siècle, du parti d'Homère et d'Hésiode. Entre ces deux routes, quelques poètes, quelques esprits religieux cherchaient une voie moyenne, et, tout en retenant le plus possible l'ancienne théologie, y introduisaient, à la faveur surtout des cultes mystiques, quelques idées morales plus hautes et un sentiment plus vif. Hérodote est

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de ces derniers. Le fond de sa croyance lui vient directement de la vieille épopée. Comme il a beaucoup voyagé, il connaît une foule de dieux étrangers que les anciens poètes ne connaissaient pas et qu'Hésiode n avait pas mis dans ses catalogues. Mais il n'en est pas embarrassé. Ces dieux nouveaux ne sont au fond que les mêmes dieux sous d'autres noms. Un syncrétisme large et hospitalier s'élait formé de lui-même sur les conGns du monde grec et du monde barbare. Hérodote l'accueille sans hésiter : sous les dieux égyptiens ou asiatiques, il retrouve tout de suite les dieux grecs. En somme, c'est toujours rOlympe d'Homère et d'Hésiode auquel il croit. Il faut seulement y ajouter les dieux des mystères, peu connus au temps de l'épopée, et qu'Hérodote voit en grand honneur autour de lui. Il se fait initier aux mystères, aussi bien à ceux do Sais en Egypte qu'à ceux de Samolhrace, en vertu de ce syncrétisme facile qui concilie tout. Très pieux, il obéit scrupuleusement aux règles de silence qui sont imposées aux initiés, et la seuje considération qui puisse lui faire taire ce qu'il sait, c*est la crainte de manquer à la discrétion religieuse. Car les dieux ne sont pas pour lui des êtres de raison relégués dans je ne sais quelle région lointaine et inaccessible. Ils sont sans cesse mêlés à la vie humaine; ils agissent sur elle par leurs oracles, parleurs apparitions, par les miracles qu'ils accomplissent, par leur volonté providentielle, qui tourne les événements à la fin qu'ils ont en vue. Le merveilleux est partout dans Hérodote, comme il était partout dans la vie grecque de son temps. Non qu'il accepte les yeux fermés tout récit miraculeux qu'on lui apporte; il y a des miracles qu'il admet et d'autres qu'il rejette; mais il est difficile de voir quelles raisons le décident. S'il ne croit pas que des colombes aient parlé ^ il

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