IIL 55 ; VIII, G5 ; IX
3. VII, 152 : 'Eyw Ôà ôçeiXo) ^éyeiv rà Xerifiieva, ne^Oto-Oa^ yt jjiiv Ov TcavTotTraffi ôçe^Xw, xat |ioi toOto to êtcoç èx^Tw iç icavra tov Xifov. Cf. II, 123, et souvent ailleurs. . < ..
rien. — Quand il discute et qu*il indique à la Gn sa préférence, il fait preuve des mêmes qualités. On racontait, par exemple, que Xerxès, dans sa fuite, avait essuyé une tempête, et qu*il n'avait été sauvé du naufrage que par le dévouement des seigneurs perses de sa suite, ceux-ci, pour alléger le navire, s^étant volontairement précipités dans la mer furieuse. Hérodote rapporte cette tradition, mais il fait observer qu elle est peu vraisemblable, attendu que, selon toute apparence, avant de se précipiter eux-mêmes dans les flots, les seigneurs perses auraient jeté à la mer les petites gens de Téquipage, dont la vie devait leur paraître moins précieuse que la leur K Hérodote fait preuve en toute rencontre de la même raison finement avisée, de la même expérience positive de la vie.
Là où ces qualités suffisent, il est excellent ; mais elles ne suffisent pas partout. II y a des questions qui touchent à la métaphysique, aux principes généraux de la science ; d'autres exigent, pour être résolues, une préparation spéciale et technique. S'il s'agit, par exemple, do juger un récit où figure un événement merveilleux, c'est la question même du merveilleux qui se trouve soulevée. S'il s'agit d'un phénomène physique, le jugement qu'on en porte dépend de l'idée qu'on se fait du système du monde : quand l'idée générale est fausse, le jugement particulier, quelque finesse d'esprit qu'on y mette, sera peu solide. De même, pour bien apprécier Tauthenticité d'une inscription, il faut avoir fait une étude spéciale des documents de ce genre. En cet ordre de questions, il ne suffit pas d'avoir un bon esprit : il faut être en possession d'un principe de jugement et d'appréciation; il faut, selon le mot de Pascal, « avoir une montre », par laquelle on décide Theure qu'il est, au
i. VIII, 119.
HUt. de la Lin. grecque. — T. II. 38
59i CHAPITRE X. — HÉRODOTE
lieu de s'en fier uniquement à la Gnesse de ses sens. Ce qui manque souvent à Hérodote, par la faute do son temps plus que par la sienne, c'est justement cette sorte de « montre ».
Nous avons déjà dit qu'il ignore l'égyptien, Tassyricn, même le perse. S'il s'aventure parfois à citer quelque mot d'une de ces langues, il est clair qu'il se borne à répéter tant bien que mal l'interprétation qu'un drogman lui a donnée K II ne peut lire un document original ni contrôler ce qu'on lui en dit. Les documents grecs lui tendent des pièges d'un autre genre. S'il rencontre à Thèbes, en Béotie, des inscriptions attribuées à Amphitryon ou à quelque contemporain de Laïus, il ne fait nulle difficulté de les accepter comme authentiques -.
En fait de sciences naturelles, il sait ce qu'un homme de son temps pouvait savoir, c'est-à-dire fort peu de chose.
Même en matière de psychologie et de morale, son expérience est courte. En dehors de certaines différences extérieures et simples entre le Grec et le Barbare, entre le Perse et le Scythe, entre l'Égyptien et le Thrace, il n'imagine guère qu'une sorte d'âme, celle qu'il rencontre dans la Grèce de son temps ; ce type unique est seulement diversifié par des différences individuelles. Il n'a qu'une idée très vague de l'état d'esprit d'un roi d'Egypte, d'un roi d'Assyrie, ou môme d'un roi de Lydie tel que Crésus. Comme il n'a pas d'accès aux sources originales, nul document authentique ne lui transmet Timprcssion vive de ces choses éloignées. Il n'a pas davantage une notion claire de l'état d'esprit d'un drogmao, d'un ciccrone, d'un sacristain qui montre et explique son temple, d'un vieux soldat qui raconte la bataille où il s'est trouvé. Il ne sait pas toujours traduire et transposer