‹ Histoire de la littérature grecque (volume 3)Chapitre 45 sur 467 · Probl, XIX · texte numérisé non relu

Probl, XIX

dos chefs-d*œuvre. Avant lui, lo tétracorde, le vieil instrument des aèdes épiques, servait sans doute encore à chanter les nomes. Le tétracorde, ne Toublions pas, est la base de la vieille musique grecque : la distinction des modes est fondée tout entière sur Texistence du tétracorde. Il ne faut donc pas croire trop vite qu'un instrument à quatre notes dût paraître aux Grecs du ix^ et du VIII® siècle intolérable de monotonie. Il avait longtemps prévalu, sans aucun doute, et gardait le crédit que lui donnait son passé : la gloire d'Homère rejaillissait sur lui. Mais Terpandre osa rompre avec le passé; il demanda à lart populaire de Lesbos, effleuré déjà par Tinfluence orientale, un instrument plus riche, auquel il fit subir encore quelques améliorations; il l'introduisit hardiment dans les sanctuaires et lui donna d'emblée une place d'honneur dans les cérémonies. Avec une pleine conscience de ces innovations, il les proclama dans les vers qu'a rappelés Strabon. C'en était assez pour être reconnu, au sens grec et poétique du mot, comme l'inventeur de riieptacorde K

A l'invention d'un instrument plus riche en notes, on rattachait celle de plusieurs modes nouveaux. On attribuait à Terpandre l'invention du mode colien et du mode béotien. On voit ce que cela veut dire : Terpan<lre, Eolien de Lesbos, on relations plus ou moins étroites avec la Béotie, a fait connaître à Lacédémono, et par suite à

1. Plutarque {de Mus., c. 6) parle d'une certaine forme de la cithare appelée *A<jiaç, 5tà tb xg;(pr,(x6ai Ae<r6(ov>; avtyj xiôapcofioûc, et dont l'invention passait pour remonter à Képiôn, disciple de Terpandre. On ne sait rien de cette espèce de cithare, mais il est curieux do noter ici encore, bous une forme nouvelle, la tradition d'une réforme de la cithare par l'école de Terpandre sous l'influence de l'Asie. — Plutarquo raconte (Inst. Fmc. 17) que les éphoros punirent Terpandre pour avoir donné à la lyre trop de mollesse en y ajoutant une corde. On a dit la môme chose de Phrynis, do Timothée , d'autres encore. C'est là une légende qui vient peut-être de la comédie attique.

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