‹ Histoire de la littérature grecque (volume 3)Chapitre 44 sur 467 · PROGRÈS DE LA CITHARE · texte numérisé non relu

PROGRÈS DE LA CITHARE

opposé aux sept notes de la phorminx, ne peut être que le chant du tétracorde. Mais quelques savants hésitent à admettre la conclusion qu'en tirait Strabon K On fait remarquer que les Grecs n ont pas dû attendre Tépoque de Terpan^re pour trouver les sept notes de la gamme; avec quatre notes, dit-on, il n'y a guère de musique possible. On ajoute qu'en fait l'Hymne homérique à Hermès attribue expressément à ce dieu l'invention de la lyre à sept cordes ^, ce qui prouve qu'au temps où Thymne fut composé (vers le temps de Terpandre sans doute), l'invention était déjà fort ancienne. On rappelle enfin un passage des Problèmes d'Aristote S d'où il semble résulter que les sept cordes de la lyre existaient avant Terpandre, et que la réforme de celui-ci aurait consisté à supprimer une des sept notes (la troisième à partir d'en haut) pour en ajouter une nouvelle à l'octave de la première : la cithare de Terpandre aurait été un heptacorde comprenant pour la première fois une octave entière, mais avec une sorte de trou au milieu de l'échelle diatonique, par suite de la suppression d'un degré de l'échelle. Tout cela est fort incertain : on peut cependant entrevoir quelque vraisemblance. Il n'est pas probable, à vrai dire, que Terpandre ait été l'inventeur de l'heptacorde; les vers cités plus haut ne le disent pas expressément, et les traditions, en pareille matière, sont toujours vagues et douteuses. Il a dû en être de l'heptacorde comme du barbitos : l'un et Tautre existaient avant lui sans doute dans l'usage populaire lesbien; il les a seulement mis en lumière et illustrés. C'est lui qui a fait de l'heptacorde (modifié peut-être comme le dit Aristote) un instrument désormais hors de pair, en le consacrant par

i. Voir la note de Volkmann dans son édition du De Musica^ p. 78-80.

2. Hymne à Hermès, 47-51 (liîTa lï (Tviifcovou; ôiwv itavûdffaTO ^opSaç).

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