Denys d'IIalicarnasso, Arrangement desmoU^c
5. Quintilien, X, 1, 73. Cf. Gicéron. Orat., 12 : une ttl/is salebris /lui t.
6. Cf., plus haut, p. o63, n. 4. 11 n'eut donc pas besoin do l'apprendre ù Samos, comme le raconte Suidas.
CCS qualités chez les logographes comme chez Hérodote ^ Mais rionien d'Hérodote n'était pas tout à fait le même que celui de ses prédécesseurs. Hermogène est trèsaffirmalif à cet égard ^ : tandis que le dialecte d'Hécatée était le pur ionien parlé, celui d'Hérodote offrait un certain mélange d'éléments empruntés à d'autres sources. Quels étaient ces éléments? Il est difOcile de le dire avec une entière précision. Nous connaissons fort mal Tionien on dehors d'Hérodote lui-même, et les manuscrits do son livre, outre qu'ils ne sont pas toujours d'accord en-, tre eux, varient d'une page à l'autre sur la manière d'écrire certuines formes \ Ces particularités dialectales signalées par Hermogène portaient -elles sur la forme grammaticale des mots, ou sur le fond même du vocabulaire ? Probablement sur l'un et l'autre ^. Quoi qu'il en soit, lorsque Denys d'Halicarnasse dit d'Hérodote qu'il est le meilleur modèle du dialecte ionien, comme Thucydide du dialecte attique ^ on voit assez que cet éloge très général ne détruit nullement la remarque d'Hermogène. Il était naturel qu'Hérodote, nourri de lectures fort diverses, écrivant pour toute la Grèce, avec des préoccupations d'art inconnues à ses devanciers, restât moins strictement ndèle au dialecte local et se crût autorisé à ne pas garder au môme degré l'accent du terroir. Les poè-
1. Quintilicn, IX, 4, 18 : In Ilerodoto cum omnia, ut ego quideni sentio, Icniler iluunt, tum ipsa fiiâXsxto; habet eam jucunditiitem ut latentes etiam numéros complexa videalur.
± n£p\ iSsoiv. t. III, p. 399. Wal/ (ttî StaXIxt^o Se àxpaxw 'liet xai où piîji'.y(iévir, xpT,Ta(Aevo; ('ExaTaîo;) ojSk xarà xbv *IIp65oTOv noixiXr,. Kt îiilleurs, p. 31Î): MIprjôoTo; xa\ aXXwv SiaXéxTwv èxpi^TaT^ ricriv Xé$£aiv.
3. (^f. Slein, dans l'Introduction do son édition critique, p. x.lviii. Parmi les éditeurs, les uns veulent ramener les formes des manuscrits à l'unité, les autres admettent qu'Hérodote, comme Homère, a pu employer tour à tour des formes difTorenles du môme mot.
4. H«'rmot][ène. d'après le second des passages citéh plus haut, semble avoir <n vue surtout le vocabulaire.
o. Lettre à Pompée, Sur les principaiw hislor., c. 9, p. 775.
tes faisaient ainsi; or un des mérites d'Hérodote fut de donner à la prose quelques-uns des privilèges de la poésie \
Dans le choix des mots également, ce qui domine, c'est la simplicité et la clarté, mais relevées parfois de noblesse et de poésie. Hérodote appelle les choses par leur nom; il ne cherche pas plus qu'Homère le mot général pour éviter le mot familier ou bas. Il ne crée pas de termes abstraits et subtils comme Thucydide; la précision de la langue courante lui suffit. Il n*a pas davantage de ces mots composés, de ces épithètcs pittoresques, neuves, hardies, qu'aimaient et que prodiguaient les poètes lyriques; ni de ces synonymes accumulés par lesquels une prose qui débute cherche quelquefois à se donner l'apparence de la richesse et de Tamplcur. Sa simplicité est si parfaite, si naturelle, qu'il est beaucoup plus facile do dire ce qu*elle n*est pas que ce qu'elle est. Pour la définir, nous avons dû l'opposer à autre chose qu'elle-même. Et pourtant, ce vocabulaire habituellement si simple prend parfois de la grandeur : il l'emprunte naïvement à l'emploi de quelques vieux mots consacrés par la langue religieuse ou par l'épopée ((pOovecôv to Oetov -, xoupvSta; y^^vaixa; % yevsai àvSpwv ^, etc.), ou à l'imitation de certaines formules qui rappellent Homère (Sai[JLovie àvSpûv ^, x'jve; xal opviOe; ", etc.).
Mais c'est surtout la phrase d'Hérodote, par sa sou-
1. Surlo dialecte d'Hérodote, on peut voir l'étude, un peu ancienne déjà, de Bredow, Quœst. criticarum de Dialecto Hcrodolea libri IV, Leipzig, 1846. Cf. aussi les observations assez nombreuses de Gobet dans la Mnémosyne, t. IX, p. 287-298, et dans ses Variœ lectiones, 1873.