‹ Histoire de la littérature grecque (volume 3)Chapitre 63 sur 467 · Cf. Pausanias, IV · texte numérisé non relu

Cf. Pausanias, IV

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côté. II n'est pas difdcilo de reconnaître dans co récit uno de ces bouffonneries ironiques par où la comédie athénienne aimait à expliquer les grands événements de Thistoiro ; les raisons de la guerre du Péloponnèse, chez Aristophane, sont du môme ordre. C'est la sottise des compilateurs do basse époque qui a parfois donné h ces inventions plaisantes un sérieux auquel elles ne visaient pas. Le maître d'école boiteux de la guerre de Messénîo va de pair avec l'Aspasie des Acharniem qui provoque la guerre entre Athènes et Sparte.

On s'est demandé quelle part de vérité cachait cette légende. Quelques savanls ont vu dans tous les traits do ce récit des symboles : si Tyrtée est donné pour un Athénien, c'est que Télégie est d'origine ionienne, comme Athènes; si Tyrtée passe pour boiteux, c'est que l'élégie ellemême, avec ses deux vers inégaux, est boiteuse par métaphore. Dans ce système, par conséquent, Tyrtée devient un Spartiate de race revendicjué à tort par les Athéniens comme un compatriote. Toute celte symbolique ingénieuse est parfaitement vaine. Les Spartiates, dans celte période de leur histoire, ont sans cesse reçu du dehors des poètes devenus bientôt par adoption de vrais Spartiates: Terpandre et Thalétas sont dans ce cas. Il est probable qu'il en fut de mémo de Tyrtée. Il était Athénien, du dème d'Aphidna), suivant la tradition la plus répandue*. Vint-il à Sparte, comme on ledit aussi de Terpandre et de Thalétas, sur le conseil d'un oracle, pour rendre à la cité la paix intérieure troublée par des discordes? Quelques-uns de ses vers pourraient le faire supposer. Une fois à Sparte, il y reçut le droit de cité ^, et se con-

1. Philochorcet Callisthèno, dans Strabon, VIII, 362. — Christ suppose qu'il pouvait ôlro d'une .Vplndna lacédémoiiienne meiilionnée pur Klicnnc do Byzanco ("Açiova), el (pu; la n^ssemblance des noms a fait naître la légt'ude do son origine attique.

i. Platon, Lois, I, 629 A.

104 CHAPITRE m. — POÉSIE ÉLÉGIAQUE

sidéra dès lors comme un Spartiate; dans un fragment rapporté par Strabon, il parle des anciennes migrations doriennes en vrai Doricn •. La date de sa naissance est inconnue, aussi bien que celle de sa mort. Mais l'époque où il vécut est déterminée approximativement par celle delà deuxième guerre de Messénie, à laquelle on sait qu'il prit part, et qui doit probablement être placée dans la seconde moitié du VII® siècle (645-028) ^ On peut se demander quels furent à Sparte le rôle et la situation de Tyrtée. Suivant la légende, c'est un général, non un poète, que les Lacédémoniens demandent à l'oracle. Un mot de Strabon, écrit d'après les élégies mêmes de Tyrtée, conQrme celte tradition: le poète disait quelque part qu'il avait « conduit la guerre ^ » Rien ne prouve que l'expression doive être prise au sens métaphorique.

Quelle qu'ait été d'ailleurs la part de Tyrtée dans la direction pratique des événements, il en grava le souvenir dans ses vers. Les poèmes de Tyrtée étaient de deux sortes. Il y avait d'une part des élégies, de l'autre des chants de guerre {{tSkti TuoXeji.i'TTr.pia, dit Suidas) qui n'avaient rien de commun avec le genre élégiaque. Un mot d'abord sur les chants de guerre, dont il ne nous reste que deux courts fragments, et qui ne paraissent pas avoir eu, dans l'ensemble de l'œuvre de Tyrtée, Timportance des élégies.

Le nom technique de ces chants était i[i.6aT7;pix^, ce

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