‹ Histoire de la littérature grecque (volume 3)Chapitre 64 sur 467 · strabon, VIII, p · texte numérisé non relu

strabon, VIII, p

2. TeUe est la date adoptée par Gurtius. Bergk (p. 266) montre que c'est la plus conforme aux données qui se tirent de Strabon {loc, cit.). Suidas fait vivre Tyrtée dans la 3o« Olympiade, ce (lui s'accorde avec cette dato. Pausanias, :iu contraire, n^porlo la deuxième guerre Je Mess/mie quarante ans plus tôt : il en met lo début dans la 23* Olympiade.

3. *IIvtxa çTjijlv aÙTÔ; crTpa7r,yTicrai tôv ti/jXîjxov toi; Aaxs5ai|xovtoi;. Cf. Athénée, XIV, p. 630 F : 5ià Tr,v Tvpxa'oj <7TpaTT,YÎav.

4. Dion Chry«ost. Or, II, p. 92 Reiske (p. 33, Dindorf-Teubuer) .

qui signifie non pas des « marches »^ mais plutôt des « airs pour charger l'ennemi ». On les chantait d'ordinaire au moment de Tattaque. Le péan pouvait servir d%6a- T/;piov. Ce dernier terme était une appellation générique embrassant plusieurs espèces. Comme les Lacédémoniens marcliaient à Tennemi au son de la flûte, c'était naturellement la flûte qui accompagnait les chants de Tyrtée. Le rythme, ainsi qu'on le voit par les fragments, était l'anapeste, à l'allure énergique et vive. Dans Tun de ces fragments, les vers sont courts et forment ce qu'on appelle un système, L^autre (attribué aussi à Âlcman, mais sans doute par erreur) se C/Ompose d'un seul vers beaucoup plus long. Des deux façons, le rythme est plein do vigueur et d'entrain. Quant au style, bien qu'il puisse paraître singulier de parler du style d'un morceau qui n'a que six vers et qui est moins' un poème qu'un coup de clairon, ces six vers suffisent à en inontrer la simplicité robuste et saine: le triple orgueil de la race, de la caste politique et des traditions militaires anime le patriotisme du poète, et ces sentiments s'expriment en quelques mots avec beaucoup de force et de précision :

Allez, enfants de Sp»irte féconde en hommes, jeunesse citoyenne, couvrez votre gauche du bouclier, lancez le trait avec audace, et n'épargnez pas votre vie : car ce n'est pas TuScige à Sparte.

Chose remarquable, le dialecte n'est pas ici, comme on pouvait s'y attendre chez un poète habituellement élégiaque, un dialecte ionien semi-épique : c'est un dialecte dorien ; non pourtant que le poète se serve du parler quotidien de Lacédémone; c'est un dialecte littéraire, par conséquent un peu artificiel; mais le dorisme en est as-

Plut. Lyv. 2i; Athénée XIV, p. 630 F (uù Ton voit quo le mot itiô*- Tr,pca avait pour synonyme éviicXia }^\r^'

sez prononcé pour que l'oreille et le cœur des combattants y reconnaissent Taccenl national; à défaut des intonations locales trop particulières, du moins Va sonore du Péloponnèse y retentit à pleine bouche ; la grande patrie dorienne (sinon le petit canton Spartiate) a gravé là son empreinte.

Dans les élégies, au contraire, l'ionien domine, à peine mélangé cà et là de quelques formes qui rappellent le terroir (par exemple des accusatifs à finale brève comme

Les élégies de Tyrtée formaient deux groupes : un poème appelé Eunomie * et une série d'élégies réunies sous le titre général à! Exhortations *.

h'Eiinomie, comme son nom Tindique, était consacrée à l'éloge du bon ordre et de la loi, ébranlés à Sparte par les maux de la guerre. Les ravages des Messéniens avaient forcé Lacédémone à laisser en friche une partie de la Lacooie; de là des souffrances et des discordes. Quelques-uns, dit Aristote, voulaient un nouveau partage des terres ^ C'est alors que Tyrtée entreprit de calmer les âmes. Il rappela Tantique histoire des Dorieiis, toujours protégés de Zeus et amenés par lui dans la vallée de Sparte :

C'est Zeus, fils de Kronos, époux d*Héré à la belle couronne, qui donna aux Héraclides cette ville où nous son) mes, lorsqu'avec eux, jadis, ayant quitté la venteuse Erinée, nous vînmes dans la grande île de Pôlops *.

1. Evvo|Ata. Cf. Aristoto. Polit. V, 7 (p. 1307, a. 1, Bokkor.) —Suidas l'appelle IIoXiTEia.

2. *VitoOr,xai. Les *Vito6Tjxai semblent avoir formé deux ou trois livres. Suidas dit que Tenscmblo des œuvres de Tyrtée formait cinq livres. Si l'on en donno un à VEunomle^ un ou deux aux Chants de guetTc, il on reste deux ou trois pour les Echorlations.

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