‹ Histoire de la littérature grecque (volume 3)Chapitre 76 sur 467 · Plutarque, Solon · texte numérisé non relu

Plutarque, Solon

2. Je signalerai particulièrement sur ce point Texcellent chapitre de M. Albert Martin, dans son étude sur Les Cavaliers Athéuieiis (p. 54-GO), où les différentes solutions du problème sont très habilement discutées.

faire preuve à la réfection do toutes les lois, politiques et privées.

Politiquement aussi bien que socialement, Athènes traversait une période decrise. Les privilèges politiques des Eupatrides, la constitution de la cité, celle même de la famille et de la propriété ne répondaient plus aux nécessités du temps. L'art de Selon fut de faire une véritable révolution sans violences révolutionnaires. L'honneur en revient sans doute pour une part à la sagesse de ce peuple qui, ayant nommé un législateur comme on nommerait aujourd'hui une assemblée constituante, accepta ses décisions; mais la gloire du législateur fut de comprendre ce qu'on attendait de lui, et^ quels qu'aient été les malaises et les troubles subséquents, de fonder en somme un monument durable en certaines parties, bien orienté dans toutes. Nous n'avons pas à étudier ici la législation de Selon ; il suffit d'y relever ce caractère de bon sens, de mesure, do fermeté unie à la justice, de libéralisme aussi et de douceur, qui en fait une œuvre tout attique et qui est en même temps la marque propre de Solon. Plutarquc fait remarquer à plusieurs reprises que les réformes de Solon furent avant tout une œuvre de persuasion et d'influence personnelle librement acceptée *. S'il employa la force, ce fut au service de la seule justice S et pour faire respecter des individus l'autorité que la confiance de tous lui avait conférée. Les lois de Solon, nées de la persuasion, sont avant tout raisonnables et pondérées. Ou racontait qu^après la promulgation de ses lois, acceptées d*une manière irrévocable pour dix ans, Solon quitta de nouveau sa patrie et passa plusieurs années à voyager. Il visita l'île de Cypre ^. Il se rendit aussi probable-

2. Fragiii. 36, v. li : 6(ioO ptr,v ts xa\ SîxyjV (jvvapii'^iTa;.

3. Hérodote, V, 113. Il avait adressé de» vers à un petit roi clo cette ile appelé Philokypros. Cf. fragm. 19 (Plut., Solun, iO).

ment on Asie et en Egypte, mais de nombreuses légendes se formèrent à Toccasion de ces voyages. La plus connue est celle qui met Solon en rapport avec Crésus, le célèbre roi de Lydie *. Hérodote place expressément cette entrevue dans un des voyages qui suivirent immédiatement la promulgation des lois. Mais Crésus n'est monté sur le trône qu'en 560, très peu de temps avant la mort de Solon. Le récit de Tentrevue, d'ailleurs, a un caractère légendaire et poétique incontestable. On parle aussi d*un voyage de Solon en Egypte et d'entretiens qu'il eut à Saïs avec les prêtres -. Tous ces récits sont probablement du môme ordre que celui de sa rencontre avec le sage scythe Anacharsis, raconté, suivant Plutarque ^ par un certain Pataïcos, qui disait avoir en lui l'âme d*Esope : on ne peut dire plus clairement que ce sont là fantaisies gracieuses et parfois profondes depoètes ou de philosophes. — Solon vécut assez pour voir les débuts de la tyrannie de Pisistrate, et même pour en parler dans ses derniers vers. DîogèneLaërce suppose qu'il sortit alors d'Athènes ; mais Plutarque dit que le tyran lui témoigna des égards. Il mourut probablement vers 558, à T&ge de plus de quatre-vingts ans *.

La poésie de Solon devait être l'écho fidèle de sa vie et le commentaire poétique, pour ainsi dire, de son œuvre. Nous n'en possédons plus que deux cent cinquante vers environ. Mais on peut suivre encore dans ces fragments (dontquelques-uns, par bonheur, sont assez étendus) toutes les phases de sa vie; on y reconnaît les principales

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