Vers
Mai» la destinée apporte aux hommes le mal et le bien tour à tour, et les dons des Immortels sont inévitables... Les dieux nous donnent des gains, mais de ceux-ci sort la calamité, et quand Zeus Tenvoie comme une peine, elle frappe tantôt l'un, tantôt l'autre *.
Cette grande élégie est d'une inspiration religieuse et grave. D'autres, dont il nous reste seulement quelques vers, chantaient le plaisir sous toutes les formes, et parfois avec une liberté de langage plus antique que moderne. Il ne faudrait pas croire que toutes ces pièces appartiennent à la jeunesse de Selon : c'est dans sa vieillesse, selon Plutarque *, qu'il avait écrit les vers suivants :
J'aime maintenant les travaux d'Aphrodite, et ceux de Dionysos, et ceux des Muses, sources de délices pour les hommes *.
D'autres vers seraient moins faciles à citer en français.
On peut ranger dans le même groupe de poésies morales un certain nombre d'élégies adressées, semble-t-il, à divers personnages : l'Athénien Critias, le tyran de Soles Philokypros; mais il ne ne nous en reste que des débris insignifiants. Ailleurs, il s'adressait à Mimnerme^, et il blâmait doucement le vieux maître de l'élégie d'avoir voulu mourir à soixante ans ; il le pressait de corriger son vers et de dire : « Puisse la Parque de la mort m'atteindre à quatre-vingts ans ! » Toujours la même philosophie mesurée et raisonnable, ennemie du désespoir comme de l'injustice, et Gdèlement attachée aux idées tempérées.
Les traductions qui précèdent ont pu donner une idée