Pline, Hitt. Nat.. XXIX, S
4. CI. Sasemlbl, I, p. S39-SS3. ]1 y a aUBai des livres sar la cuisine, sur l'art des soDgee, etc.
Bitt. da la I.itt. gracqoa. — T. V. 10
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146 CHAPITRE IH. — RHÉTORIQUE, HISTOIRE, ETC. particuliers de son sujet. Comme aucun de ces écrits u'a survécu ot qu'aucun même de leurs auteurs n'a laissé dans l'histoire littâraire une trace appréciable, nous n'avons pas à nous en occuper davantage. La seule chose intéressante à noter, à propos de cette floraison exubérante d'écrits techniques, c'est le fait même de cette floraison, c'est ce besoin de savoir, de cataloguer des faits, de les mettre dans des traités, qui s'empare alors de l'esprit grec, et qui est dû certainement en grande partie à l'existence même de la bibliothèque d'Alexandrie, c'està-dire aux habitudes nouvelles que suscite ce prodigieux entassement de livres: il y a désormais un public de lecteurs pour tous les écrits, et, par conséquent, il y a des écrivains, bons uu mauvais, mais toujours séduisants par quelque endroitjpour une curiosité devenue insatiable.
VU
Au milieu de tant d'érudition, de savoir positif et souvent aride, on découvre avec surprise que, même en prose, l'imagination ne perd pas facilement tous ses droits. Elle se glisse, à vrai dire, trop souvent jusque dans la science, pour la gâter, par exemple chez les périégètes et chez les nombreux auteurs de mirabilia. Mais, de plus, elle se réserve un domaine à part, un domaine en partie nouveau, mal délimité encore et mal défriché, qu'elle s'efforce de mettre en valeur : c'est le domaine du roman, ou, pour mieux dire, du romanesque, car le roman proprement dit, sous sa forme pure et spécifique, est le dernier terme d'une évolution alors commençante et incertaine ^
1. Cf. Erwin RoMoiDer griechische Roman, l,elpzlg, 1876 (anf lout p. 194-241}.
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HËCATËE D'ABDËRE 147
Le romanesque conscient et volontaire (très différont du romanesque inconscient des logographcs et d'Hérodote) avait fait sa première apparition dans la prose grecque avec la Cyropédte de Xénophon. La conception de l'Atlantide, dans le Timée et dans le Critiasde Platon, était un produit du même genre d'inspiration, et Théopompe, dans son Histoire Philippique, avait parfois mêlé aussi (d'une maoiëre assez étrange) la fiction romanesque à l'histoire < ; mais ni Platon ni Théopompe n'avaient, en somme, donné de pendant à la Cyropédte. Dans la période alexandrinc, cette forme d'art reparait avec les ouvrage d'IIécatée d'Abdère, d'Évhémère de Messine et de quelques autres écrivains moins connus.
Hécatée, d'Abdère ou de Téos, était un contemporain de Plolémée, fils de Lagos, roi d'Egypte : il accompagna ce prince dans son expédition de Syrie et vécut peut-être à sa cour. Il avait suivi l'enseignement de Pyrrhon '.. C'est tout ce qu'on sait de sa vie '. Les anciens lisaient sous son nom un ou deux écrits apocryphes sur les Juifs *, et deux ouvrages authentiques qui avaient fait sa célébrité: l'un Sur les Byperboréens, l'autre intitulé Atpr^rixxx >. Il ne nous en reste que peu de fragments textuels, mais le caractère en est facilement rcconnaissable. Dans son ouvrage sur les Hyporboréens, il laettait en œuvre une légende grecque déjà nientiosiDéo par Pindare et qui faisait de ce peuple imaginaire un
i. Théopompe, fragm. 76. — Cf. plus haut, t. IV, p. «T; B. Hohdo, p. 204.
ï. Diog, L., IX, 69.
î. Notice et fragments dans G, MQIler (Didot), Fragm. Hitt. yrore., t. n. p. 3*4-396. Cf. Rohde, p. Î03-ÏI7.
i. Cf. G. MûUer, p. 383.
5. Ou peut être, selon Diogène LaSrce (I, 10), Jlip\ tii; tûv A.Ïtvk>
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148 CHAPITRE III. — RHÉTORIQUE, HISTOIRE, ETC. peuple de sages '. Diodore de Sicile résume l'image qu'il avait tracée de leur manière de vivre *, C'est aussi Diodore qui nous donne les indications les plus précises sur ses Mgyptiaca '. On y trouvait, avec des descriptions de monuments, désinformations abondantes, mais évidemment fantaisistes, sur les idées religieuses de l'ancienne Egypte et sur les emprunts que les sages de la Grèc^, depuis Orphée jusqu'à Démocrite et Platon, n'avaient cessé de faire à la science des Égyptiens. La méthode d'IIécatée n'avait rien de critique : elle était à peu près la même, dans ces récits sur l'Egypte, que dans sa description des Ilyperboréens. L'histoire n'était pour lui qu'un cadre, où il enfermait des vues personnelles et arbitraires sur la religion et sur la pliilosopbie. Bien qu'il ait trouvé des imitateurs *, son influence fut limitée et ne saurait se comparer à celle d'Évbémère.
Évhémère, de Messine en Sicile, fut l'ami de Cassandre, roi de Macédoine, qui parait lui avoir confié certaines missions lointaines d'oit il tira peut-être l'idée de son livre, ou du moins le cadre de ses fictions '. Cet ouvrage était intitulé L'Inscription sacrée (''îf^t ⻫- Ypx(ffi). Évhémère y racontait qu'après avoir parcouru la Phénicie et l'Egypte, il était arrivé dans l'Arabie Pé-
t. Pindare. Pylb. X. 29-4*. Cf. le poème attribué à Abaris [v. plus haut. t. II. p. «59).