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198 CHAPITRE IV. — LA POÉSIE ALEXANDRINE pari '. La scène se passe à Alexandrie, un jour de fêle en l'honneur d'Adonis. Les héroïnes sont deux c(>mmèrea, Gorgo el Praxinoa, que leurs affaires, saos doute, ont amenées de Syracuse à Alexandrie, et qui vont voir la fête. Nous sommes loin des bergers de Sicile. Ce mime délicieux pourtant appartient aussi au groupe des oeuvres parfaites qui sont le plus nettement caractéristiques du génie de Théocritc. L'idéal de la vie rurale y uiaDque, il est vrai. Mais certains détails encore et la structure générale du poème procèdent de la même inspiration. Les deux commères, comme les bergers de Sicile, sont vraies, simples, naïves. Elles ont le caquet de la ville, et la riposte vive; mais elles sont abtmdantes en proverbes; elles s'ébahissent de tout ce qu'elles voient; elles ont peur du grand cheval bai; elles se plaignent de leurs maris et sont pourtant de braves créatures. Elles ne chantent pas elles-mêmes, mais elles vont entendre un chant, et ce tiirène gracieux en l'honneur d'Adonis, qui couronne le mime, y répand un parfum de poésie qui achève la beauté de cette peinture amusante et gaie d'un coin de la grande ville.
Les autres œuvres de Théocrite sont moins caractéristiques et moins complètes : plusieurs sont très belles encore.
~ Cinq idylles sont des récits d'aventures héroïques plus ou moins inspirés de l'épopée. — La treizième, Bylas, est le récit de la mort du jeune ami d'Héraclès, enlevé par les Nymphes des eaux au moment où il plonge un vase dans le bassin de la source. La narration proprement dite est courte et peu circonstanciée. La pièce, adresséeà Nicias, s'ouvre et se termine par des réflexions sur l'amour qui lui donnent un caractère intermédiaire